Pas de concours chercheurs communs entre le CNRS et l’INSERM

SNCS-HEBDO 11 N°03 du 22 février 2011
mercredi 23 février 2011
par  antonin
4 votes

Une fois de plus, le PDG de l’Inserm pose des jalons pour des concours communs de recrutement des chercheurs à l’Inserm et à l’Institut des sciences biologiques du CNRS, dans le cadre du projet en cours de contrat d’objectifs de l’Inserm. Concomitamment, des conseillers du PDG de l’Inserm et du ministère téléphonent à certains présidents des sections des sciences de la vie du Comité national de la recherche scientifique pour les persuader du bien-fondé d’une telle mesure. Des discussions ont lieu au sein de l’Alliance des sciences de la vie et de la santé (Aviesan), qui affiche l’harmonisation des recrutements chercheurs parmi ses objectifs. En accord entre les directions du CNRS et de l’Inserm, un comité opaque est mis en place pour imposer un découpage thématique commun entre les CSS et les sections du Comité national. Il est temps de dire non à cette politique destructrice des organismes de recherche.

Patrick Monfort, secrétaire général du SNCS-FSU

Valérie Pécresse avait annoncé en juin dernier aux organisations syndicales sa volonté d’imposer l’organisation de concours communs pour le recrutement des chercheurs CNRS et Inserm dans les domaines des sciences de la vie et de la santé. L’argument avancé était celui de la simplification des procédures des concours dans le cadre de l’alliance Aviesan pilotée par le PDG de l’Inserm, A. Syrota. Une telle procédure conduirait à terme à la disparition des jurys actuels issus des sections du Comité national pour les concours CNRS et des Commissions scientifiques spécialisées (CSS) pour ceux de l’Inserm.

Que se passe-t-il actuellement ? Pour répondre à la volonté ministérielle, A. Syrota, depuis déjà deux ans, tente d’organiser des jurys d’audition communs CNRS/Inserm « expérimentaux » (en neurosciences ou immunologie par exemple) qui seraient le préalable au recrutement par les jurys d’admissibilité du CNRS ou de l’Inserm, chaque organisme gardant « ses » concours de recrutement de chercheurs.

Interrogé le 17 janvier par les organisations syndicales sur cette procédure inscrite dans le projet de contrat d’objectif de l’Inserm en cours d’élaboration, A. Syrota a précisé que la mise en place de jurys communs Inserm/CNRS pour le recrutement des chercheurs ne pourra se faire que si les sections du Comité national et les CSS adoptent un découpage englobant les mêmes thématiques. C’est donc ce que certains préparent à l’occasion de la réflexion en cours sur les thématiques des sections du Comité national de la recherche scientifique (CN) et des CSS (dont le mandat a été prolongé pour « phaser » leurs élections avec celles des sections du CN prévues au premier trimestre 2012).

Que se passerait-il si l’on commençait à faire des concours communs ? Ayant pris la peine de découper les disciplines couvertes par les sciences biologiques au CNRS et en biologie et santé à l’INSERM de la même façon, pourquoi s’arrêterait-on en si bon chemin ? Autant fusionner Inserm et sciences biologiques du CNRS dans un seul institut des sciences de la vie et de la santé (SDVS) - lequel n’aurait d’ailleurs de sens que s’il incorporait aussi le secteur des sciences de la vie du CEA et de l’INRA. Ce projet existe depuis longtemps dans la tête de technocrates qui considèrent que l’efficacité et la rentabilité de la recherche imposent une organisation unique, autoroute de la pensée unique...

Tout est à craindre d’un gouvernement qui ne rêve que de rentabilité de la recherche. Quid de l’avenir de la recherche cognitive quand déjà depuis plusieurs mandatures les CSS de l’Inserm sont découpées par grandes pathologies ou organes humains ? Quand le financement des recherches de l’Inserm est de plus en plus organisé (ANR, associations caritatives...) pour répondre directement aux problèmes de santé les plus immédiats ? Quand les industries pharmaceutiques passent des accords de coopération avec les organismes de recherche pour leur faire prendre en charge une part du travail qu’elles ne veulent plus assumer ?

Une telle organisation a un intérêt supplémentaire dans le contexte actuel du grand emprunt et de ses avatars, Idex, labex, IHU, et autres... En imposant cette restructuration de la recherche, le ministère veut aujourd’hui faire piloter les recherches par les politiques de site des grands pôles sélectionnés. En SDVS, ce n’est pas pour rien que les grands groupes pharmaceutiques comme SANOFI s’associent dans ces « -Ex » et dans Aviesan.

Que restera-t-il d’un grand organisme pluridisciplinaire comme le CNRS, une fois qu’il aura été amputé des sciences biologiques ? La réponse est évidente et va tout à fait dans le sens voulu par les responsables politiques de droite qui rêvent depuis des années de la disparition de cet organisme. Loin de cette politique de mise au pas, nous voulons que les organismes de recherche conservent la maîtrise de leur politique de recherche sans entrave de la diversité de pensée et de la liberté scientifique.


Sur le site du SNCS


Commentaires

Logo de antonin
lundi 9 juillet 2012 à 16h14 - par  antonin

Bonjour,
Ce texte est le fait du SNCS pas de PAPERA donc pour une réponse directe à ce communiqué, le mieux serait de contacter le SNCS.

Sinon il y a effectivement deux points qui rentrent dans la balance :

  • Ce que soulève ce texte, c’est que sous couvert de simplification des concours (pour les sections redondantes entre CNRS et INSERM), il soit caché une baisse significative des recrutements. Donc les candidats sont soulagés de n’avoir qu’un seul déplacement mais leur chance de succès est considérablement réduite. Ce point est toujours d’actualité puisque pour l’instant la recherche n’est pas épargnée par la diminution du nombre de fonctionnaire. Les annonces prévues cette semaine de la ministre sont donc très attendues pour clarifier différents points comme celui -ci.
  • Cela fait des années que de nombreux postdocs expatriés sont mis en difficultés par des oraux de concours à des dates distinctes entre CNRS et INSERM (et autres EPST) et des frais de dossiers (envoi en moultes exemplaires de documents depuis l’étranger...). Souvent cela amène les postulant à faire un choix douloureux entre les concours au vus des frais engendré par de multiples déplacement et les frais important pour se déplacer de l’étranger.

    La meilleure solution ne seraient-elle pas de faire coïncider les dates entre les concours plutôt que de fusionner les concours qui pour l’instant se fait au détriments du nombre de postes ouverts ?
    Cdlt, Antonin
Logo de Francais a Sydney
jeudi 5 juillet 2012 à 03h56 - par  Francais a Sydney

Que penses tu des etrangers ou des francais a l’etranger qui veulent venir passer les concours et qui doivent se tapper 4 ou 5 aller retour parfois de tres loin. L’unification permettrait a ces personnes de ne venir qu’une fois passer les concours CNRS et INSERM. Tu ne donnes AUCUNE raison valable pour ne pas unifier les deux.

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[Sweden] New legislation to help foreign postgraduates stay on

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On 1 July this year, new legislation will come into force in Sweden that includes measures which will make it considerably easier for foreign doctoral candidates and students to stay and work in the country after graduating.

An agreement between the outgoing Alliance government and the Swedish Green party will secure a majority vote for the proposal in the parliament. (...) – University World News, by Jan Petter Myklebust, 21 March 2014 Issue No:312

On the Web : Full news here

US : Dwindling tenure posts

vendredi 18 avril

Tenure is dying out at US universities.

The proportion of non-tenure-track and non-tenured faculty posts continues to rise across all US institutions, finds a report by the American Association of University Professors (AAUP) in Washington DC. Losing Focus : The Annual Report on the Economic Status of the Profession, 201314 surveyed 1,159 public and private US institutions and found that the overall proportion of assistant professors in non-tenure-track posts was 23.4 for 201314, compared with 20.8 in 201011. Dwindling tenured and tenure-track posts threaten the ability of scientists to conduct research without interference from funders or administrators, says John Curtis, the report’s lead author and director of research and public policy for the AAUP. - Nature, 508, 277, 09 April 2014

Sur le Web : Read on nature.com

Les coupes budgétaires pèsent sur la recherche académique américaine

jeudi 12 décembre 2013

Aux USA, les répercussions des coupes budgétaires fédérales pour la recherche académique sont bien visibles selon une études récentes :

  • moins de place pour les étudiants dans les labos (stages, doctorat, ...) : - 31% ;
  • moins de CDD à temps partiel : -30% ;
  • moins de postdoctorants : - 24% ;
  • moins de postes fixes dans 22% des cas.

Une recherche académique en récession aux USA...

Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février 2013

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
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