Jessica Label et Philippe Blandin, architectes, parmi les premiers à essuyer les plâtres des joies du PPP. L’affaire commence comme un conte de fées en juillet 2009 Avec trois autres équipes d’architectes, IN/ON ( Jessica Label, Philippe Blandin,) se retrouve au sein du groupement qui remportera le premier PPP universitaire de 273 millions d’euros pour la construction et la maintenance de 44 600 m2 de locaux universitaires de l’Université Paris 7 Diderot. Le groupement est emmené par la Major du BTP Vinci. Cette opération fait l’objet, quelques mois plus tard, d’une exposition en bonne et due forme au pavillon de l‘Arsenal, ( du 17 novembre 2009 au 17 janvier 2010.) Pour l’heure, tout le monde est content ! La ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse pose devant les caméras, fière de cette nouvelle étape, dans la passation des marchés publics, sensée être synonyme de la modernisation de l’État et de son désengagement réussi dans les taches qu’il estime ne plus être de son ressort.
Préambule :
Jessica Label est née en Allemagne, elle y passera son enfance, puis après un passage à New York, viendra à 17 ans s’installer à Paris, ou ses parents résidaient alors. Après des études d’architecture à La Villette, elle obtient son DPLG en 1995, juste avant elle avait fondé la SARL Blandin & Label, avec un jeune diplômé de cette même Ecole, Philippe Blandin, qui deviendra son mari. Puis elle retourne trois ans à New York et obtient un master of architecture à la Columbia University, lauréate d’un Kinne Felloschip, et collabore avec la revue japonaise A+U, elle fait partie des associations ATELAB et Synesthesie, en parallèle d’une activité professionnelle au sein des deux sociétés Blandin & Label et IN/ON, elle enseigne à l’ENSA de Rennes, et verra un de ses premiers bâtiments industriels primés aux USA en 1982. Ce qui ne l’empêche pas de développer un travail en relation à l’art contemporain.
Philippe Blandin, après avoir travaillé au cours de ses études comme JRI (Journaliste Reporter d’image), il est diplômé de la Villette en 1992. En 1994, il monte avec Jessica Label la SARL d’architecture “Blandin &Label puis en 2000 avec Jessica Label le groupement “IN/ON”. Philippe Blandin est enseignant à l’ENSA de la Villette (Paris) et anime le certificat « Architecture et système urbains hybride ». Il est également membre fondateur de l’ATELAB, un atelier laboratoire d’urbanisme.
Jessica Label et Philippe Blandin sont à la tête de deux sociétés d’architecture ; “IN/ON” et “Blandin &Label.”
IN/ON faisait partie des quatre équipes d’architectes membres du groupement UDICITE/VINCI, lauréate pour la conception, réalisation, maintenance de quatre édifices universitaires pour le compte de l’Université Paris VII Diderot.
Contestant la “dégradation” de leur projet par l’entreprise mandataire, ils se virent remercier du groupement.
L’Histoire.
Cela pourrait être un roman à la Adèle Blanc-Sec avec pour cadre les rues étroites du Marais, le quartier de la rue Watt dans le XIIIe arrondissement, des effractions, des coïncidences troublantes. Un héros malgré lui qui souhaitait pouvoir simplement faire son métier dans les règles de l’art et qui se retrouve bousculé dans un jeu qui le dépasse, mettant le doigt dans un engrenage obscur, une histoire écrite en noir et blanc, avec des traits épais et des silences lourds, quelque part c’est l’hiver, nous sommes à Paris, mais ici ce n’est pas un roman !
Philippe Blandin, architecte, puisque c’est de lui qu’il s’agit, pourrait aussi être un héros "Simonesque", un parcours étonnant qui commence comme cameramen sur les lignes de front des pays en guerre, le genre qui ne connaît pas la peur, il en récoltera des vrais blessures et des amitiés multiples dans le monde des médias, ainsi que dans les zones les plus Trash de la société française, une aménité qui lui permet de se constituer un des carnets d’adresses sans doute parmi les plus fournis de Paris ; du banquier star de premier plan, aux milieux interlopes, il finira... architecte. Aujourd’hui enseignant à la Villette, et voulant réaliser son rêve de jeunesse ; faire de l’architecture. Vif ! c’est le genre à qui on ne l’a fait pas... et Justement certains semblent vouloir lui en faire.
L’affaire commence comme un conte de fées en juillet 2009 Avec trois autres équipes d’architectes, IN/ON ( Jessica Label, Philippe Blandin,) se retrouve au sein du groupement qui remportera le premier PPP universitaire de 273 millions d’euros pour la construction et la maintenance de 44 600 m2 de locaux universitaires de l’Université Paris 7 Diderot. Le groupement est emmené par la Major du BTP Vinci. Cette opération fait l’objet, quelques mois plus tard, d’une exposition en bonne et due forme au pavillon de l‘Arsenal, ( du 17 novembre 2009 au 17 janvier 2010.) Pour l’heure, tout le monde est content ! La ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse pose devant les caméras, fière de cette nouvelle étape, dans la passation des marchés publics, sensée être synonyme de la modernisation de l’État et de son désengagement réussi dans les taches qu’il estime ne plus être de son ressort.
L’enjeu est éminemment politique pour le gouvernement, ainsi que pour Vinci qui rafle un grand nombre de concessions, ce qui énerve d’ailleurs un peu les concurrents directs de ce dernier.
Divisée en quatre bâtiments, conçus par quatre équipes [1] faisant suite à ceux déjà réaménagés (La halle aux Farines par Nicolas Michelin, bâtiments lugubre et austère, et ”les Grands moulins de Paris” par Rudy Ricciotti.) Ils viennent compléter le campus en cours de constitution sur cette partie de la ZAC Masséna.
M312 est le doux nom de code de l’édifice confié à l’agence IN/ON. Situé à quelques dizaines de mètres de l’ancienne rue Watt, mais surtout, devant reposer en encorbellement sur dalle au dessus des voies ferrées qui desserviront la gare d’Austerlitz une fois celle-ci rénovée.
Pour l’heure les architectes font leur travail et obtiennent un permis construire, strictement conforme au contrat signé par l’université, purgé de tout recours (ce qui n’est pas le cas pour deux des trois autres bâtiments aujourd’hui, en procédures contentieuses au tribunal administratif.)
Le montage de l’opération fait intervenir différents intervenants dont la société SOGAM filiale de Vinci agissant pour le groupement UDICITE. Pour éviter toute dégradation et dénaturation de sa production préjudiciable à la personne publique et à la sécurité des biens et des personnes IN/ON doit batailler ferme pour ne pas se laisser imposer par la SOGAM un montant de travaux arbitrairement diminué de 10% par rapport à l’offre finale.
Finalement, les architectes arrivent à imposer un contrat “type de l’Ordre des architectes” est signé avec un montant de travaux conforme à l’offre finale et sans cession de droits d’auteur. Ce que ne feront pas les trois autres équipes.
À l’inverse les trois autres équipes acceptent les conditions et le contrat de la SOGAM, et sont aujourd’hui réduits au silence d’exécutants du bon vouloir de la filiale de Vinci, Philippe Blandin pour IN/ON ne cède pas.
Bien lui en a pris à ce stade de l’affaire. Rapidement il s’aperçoit que les hypothèses de charges d’exploitation réservent quelques surprises cachées ; comme une minoration des charges réelles d’exploitation non conforme au contrat signé avec l’université. En clair et à leur insu, l’entreprise mandataire a prise sur elle de ne pas respecter la réglementation en vigueur et décide d’alléger les charges d’exploitation, pour rentrer dans ce qui est permis par la dalle existante au dépend de la flexibilité programmatique dans les années à venir de l’ouvrage utilisé par le destinataire final, c’est à dire la personne publique. (En fait en découpant le plancher et en jouant avec les charges d’exploitation [2] , le bâtiment perd toute possibilité de flexibilité. Au moindre changement programmatique à venir l’édifice sera obsolète. )
Suite à la transmission du programme fonctionnel par les architectes, le 24 Mars 2010 le bureau de contrôle Qualiconsult ne valide pas les hypothèses de charges minorées de la SOGAM.
Malheureusement cette partie de la structure de ce quartier sur dalle avait été initialement programmée pour recevoir des immeubles de logements et/ou de bureaux et pouvant à ce titre supporter seulement des planchers à 250Kn/m². (L’université est une pièce rapportée à l’aménagement urbain initial.)
Pire, les représentants du client final, L’université, semblent même complices et acceptent l’état de fait ; l’inadéquation du programme par rapport au site choisi. Tant pis pour le respect des normes ? tant pis pour la sécurité des étudiants ? Tout se passe comme si seule l’apparence du respect du délai valait à lui seul quitus du bien fondé de ce qui est en cours. Tout se passe comme si personne n’était responsable du lendemain à venir ; L’obsolescence au prix fort et qui vivra verra !
Ambiance Polar !
Septembre 2010 : Tout d’abord au retour de vacances de l’été 2010, Philippe Blandin retrouve sa moto vandalisée, sa boîte aux lettre fracturée, et plus tard .. ; un vol de disques durs à leur agence, sans effraction. Hasards ? Coïncidences ? Plus étrange un vrai-faux journaliste vient s’enquérir des éléments qu’ils disposent, et ils sont nombreux, sur ce PPP. Méfiants, ils s’aperçoivent que ce journaliste leur donne une fausse adresse à Bruxelles, fausse qualité, ils s’aperçoivent en fait qu’il s’agit d’établir, en langage de renseignement, “leur environnement,” les articles, de référence, qu’il présente sont des faux grossièrement copiés sur internet, avec des cosignataires niant connaître l’intéressé.
Mais pourquoi de telles pratiques ? Par qui ?
Les architectes ne cèdent pas.... il sont virés, mais là ou Vinci pensait avoir affaire à un simple architecte parisien docile, naïf et finalement peu compétent, l’entreprise se retrouve en face de “combattants” , lucident et compétents qui mobilisent leur énergie pour éviter toute dérive et perte de sens. Plusieurs procédures tant commerciale que pénales sont en cours pour rétablir la société IN/ON dans ce qu’elle estime être ses droits et faire toute la lumière sur le contexte étrange de cette rupture contractuelle et de ses suites …
Philippe Blandin n’en démord pas. “Je ne suis pas à la base contre les PPP, je pensais même que c’était une solution intéressante, mais le problème c’est que la personne publique se décharge complètement sur la personne privée. Personne privée dont le travail ne souffre d’aucun contrôle. Pourquoi une telle confiance aveugle ? Qui en mesure réellement les conséquences ? Qui en assumera les erreurs et les arrangements ? Qui en garantit l’éthique si les architectes ne sont plus que des faire valoir ?"
(A suivre !)
Vidéo sur le site de l’ordre des architectes :
http://webtv.architectes.org/vie-po...
L’Express, en vente à partir de ce mercredi 02/02/2011 consacre un article à cette affaire très particulière.


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