Facs "d’excellence" : la France en parle, l’Allemagne l’a fait

myeurop.info | 27 décembre 2012 | Par Laurence Estiv (Paris)
vendredi 14 janvier 2011
par  antonin
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La France veut privilégier les facs "d’excellence" financées par le grand emprunt. Nombreux sont ceux qui dénoncent une "université à deux vitesses". L’Allemagne l’a fait sans état d’âme à coup de milliards pour attirer les cerveaux de la planète. Reportage.

"Nous voulons les meilleures universités du monde. L’autonomie sans argent ça ne suffit pas", avait expliqué Nicolas Sarkozy lors du lancement du "grand emprunt" national. "Sur les 25 milliards d’euros d’investissements venant du privé de l’Europe, des collectivités territoriales" avait-il précisé, une grande part du gâteau devait aller à l’enseignement supérieur et à la recherche, "clé de notre compétitivité future". Une dizaine de "campus d’excellence" devaient, notamment, bénéficier d’un financement exceptionnel de 8 milliards.

Un an plus tard, où en est-on ? Pas bien loin. La recherche "des cibles prioritaires" a "pris du retard" reconnait-on officieusement. Quels sont les critères de sélection ? Trois leviers principaux sont, selon le ministère de l’enseignement supérieur, susceptibles d’assurer cette "excellence" : "des moyens financiers élevés, l’autonomie des établissements et l’attribution de fonds de recherche en partenariat avec des entreprises privées". Syndicats d’enseignants et d’étudiants, trainent, les pieds et dénoncent les risques, bien réels mais pas inexorables, d’ "une université à deux vitesses".

Ainsi, en Allemagne, "l’initiative d’excellence", ambitieux programme lancé il y a deux ans démontre que les retombées sont importantes, non seulement pour les heureux lauréats, mais aussi, dans une certaine mesure, pour l’ensemble du système universitaire.

 Super-facs pour super-étudiants

Dans un pays où l’égalitarisme entre les universités était la règle, 28 universités reçoivent ainsi plus de moyens que les autres pour affronter la concurrence internationale. Une révolution qui a pourtant été acceptée sans trop de mal. Ses objectifs ? Développer des centres de recherche de pointe et attirer, avec les financements supplémentaires, des chercheurs, des enseignants et des doctorants. Montant global de l’aide exceptionnelle à ces super-facs ? 1,9 milliard d’euros jusqu’en 2012.

Par ailleurs, neuf "universités d’élite", label peu égalitaire mais le plus prestigieux, ont été retenues au terme d’un concours organisé par l’État et les Länder et sont plus particulièrement aidées. Certaines d’entre elles sont généralistes, comme l’université Ludwig-Maximilian de Munich, celles de Constance, de Fribourg, de Heidelberg et de Göttingen ou, encore, l’Université libre de Berlin.

D’autres sont spécialisées dans les sciences de la nature, de l’ingénieur, en médecine et en économie, comme celles de Karlsruhe, d’Aix-la-Chapelle ou l’Université technologique de Munich.

Les sciences sociales et humaines ne sont pas oubliées. À Heidelberg, le centre de recherche et d’enseignement, centré sur les relations entre l’Europe et l’Asie bénéficie d’aides spécifiques, ainsi que le département "Civilisations anciennes" de l’Université libre de Berlin.

"Cette initiative crée une nouvelle dynamique", se félicite Thomas Pfeiffer, vice-doyen de l’université de Heidelberg. Même constatation à l’Université libre de Berlin.

Globalement, 4 200 scientifiques ont rejoint les établissements bénéficiaires de l’Initiative d’excellence.

 Bourses publiques et privées

Pour les étudiants qui envisagent de faire une thèse, les conditions sont optimales : la plupart de ces super-facs ont mis en place leur propre programme de bourses, qui s’ajoutent à celles déjà accordées par les organismes traditionnels (ministère de la Recherche, organisme de promotion de l’enseignement supérieur allemand...).

Ces subsides publics sont, en outre, abondés par des fonds débloqués par les entreprises intéressées par les retombées de ces recherches.

L’Université technologique de Munich a ainsi reçu une dotation de 10 millions d’euros de BMW. Le fondateur de SAP a fait, pour sa part, un don de 200 millions d’euros à l’université de Karlsruhe. La fondation, créée à cette occasion, dépense 5 millions d’euros par an pour aider des boursiers...

"Les étudiants inscrits en doctorat vont, en outre, bénéficier d’un accompagnement particulier", précise Goran Krstin, porte-parole du président de l’Université libre de Berlin. Toutes les "universités d’élite" ont initié des programmes de tutorat et encouragent les séjours à l’étranger des étudiants, ainsi que leur participation à des séminaires et colloques internationaux.

 Des cerveaux pour l’industrie

Revers de la médaille : ces universités financièrement privilégiées risquent de devenir de plus en plus sélectives... Pour les doctorants, mais aussi pour les autres candidats, compte tenu de leur notoriété croissante. Une notoriété entretenue par des campagnes mondiales de promotion pour attirer les cerveaux étrangers dont l’industrie allemande en forte croissance a tant besoin. Berlin envisage déjà de poursuivre ce programme après 2012, avec un accroissement des moyens à la clé.

Les autres universités qui ne profitent pas de ces aides, sont- elles vouées au déclassement ? Pascal Level, représentant à Bruxelles de la Conférence française des présidents d’université au comité de liaison des organismes de recherche européens, se veut rassurant : "dans le cadre de cette initiative, les établissements sélectionnés se sont engagés à développer des coopérations avec les autres universités allemandes. Du coup, la dynamique enclenchée devrait rejaillir sur l’ensemble de l’enseignement supérieur d’outre-Rhin et le rendre encore plus compétitif". À vérifier dans quelques années.

Par Laurence Estival


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Illustration : Magritte



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Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
Sur le Web : Lire la suite sur SLR

Ouverture et répartition des 1000 emplois créés dans l’ESR

lundi 19 novembre 2012

Une cinquantaine d’universités se voit dotée de d’effectifs supplémentaires d’enseignants-encadrants pour 2013. Dans une lettre aux membres du CNESER, Simone Bonnafous, Directrice générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle (DGESIP), délivre leur répartition.

Les effectifs étudiants et des personnels universitaires en cette rentrée 2012

mercredi 19 septembre 2012

Année universitaire 2012-2013 :

Étudiants
63% des étudiants se forment à l’Université soit 1 511 100 étudiants :
Niveau licence 898 500 (59 %)
Niveau Master 547 000 (39%)
Doctorat 65 600 (4%)

Effectif des personnels de l’enseignement supérieur à la rentrée 2012-2013
3 180 nouveaux personnels titulaires ont été recrutés et prennent leurs fonctions à la rentrée 2012 :
1 650 enseignants-chercheurs et 1 530 personnels BIATOSS.

Enseignants-chercheurs : 56 416
Autres enseignants titulaires : 13 076
Personnels d’enseignement contractuels :14 887
Doctorats contractuels : 13 334
Total personnels d’enseignement et de recherche : 97 613

Personnels administratifs : 16 360
Personnels des bibliothèques : 4 620
Personnels ingénieurs techniques et ouvriers : 37 300
Personnels médico-sociaux : 550
Total personnels BIATOSS : 58 830

Effectifs totaux des personnels de l’enseignement supérieur à la rentrée 2012 : 156 443

Hausse des frais d’inscription universitaires pour 2012

lundi 13 août 2012

Les montants des frais d’inscription pour les diplômes universitaires nationaux ont été publiées jeudi dernier au Journal officiel et sont en hausse par rapport à 2011 : 181 euros en licence (+ 2,26 %), 250 euros en master (+ 2 %), 380 euros en doctorat (+ 2,15 %).

Ces hausses sont accompéngées d’une augmentation du prix du ticket de restaurant universitaire (+ 1,64 % à 3,10 euros) et à celle de la cotisation de la Sécurité sociale étudiante. Le gouvernement met en avant une revalorisation de 2,1 % des bourses sur critères sociaux mais rappelons que les étudiants boursiers ne représentent que 20 % des étudiants...

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