Un « manifeste de l’université québécoise »

Cyberpress.ca | 25/11/2010 | par Louise Leduc
dimanche 28 novembre 2010
par  antonin
3 votes

Les étudiants et les professeurs signent ensemble un « manifeste de l’université québécoise » exigeant du gouvernement qu’il renonce à la hausse prévue des droits de scolarité en 2012 et qu’il revoie l’aide financière pour « diminuer, voire éradiquer l’endettement des étudiants ».

Car l’éducation « est un droit fondamental », insiste la Table des partenaires universitaires, qui compte notamment dans ses rangs la Fédération québécoise des professeurs d’université.

Les signataires refusent de soumettre l’université aux lois du marché et nient que les coffres du Québec soient vides. « La richesse existe au Québec. Il suffit d’avoir la volonté politique d’aller la chercher où elle est. »

Le manifeste évoque ainsi la baisse de 1 milliard de dollars de la taxe sur le capital, « qui a, avant tout, bénéficié aux plus grandes entreprises de la province ».

Pour les signataires, on devrait plutôt taxer les nombreuses entreprises qui « ne paient toujours aucun impôt ». On devrait aussi aller chercher « les 9 milliards qui glissent entre les mains du fisc chaque année en évasion fiscale ».

Dans le même souffle, on dénonce « la mégalomanie immobilière » et « les millions de dollars engloutis par la gestion déficiente des universités ».

Aussi, « il y a de quoi poser de sérieuses questions sur l’orientation que prennent nos universités quand 45% des sommes consacrées aux immobilisations proviennent des fonds de fonctionnement ».

Le manifeste renvoie ici à une étude dévoilée le mois dernier par la Fédération québécoise des professeurs d’université voulant qu’entre 1997 et 2007, la part de financement des immobilisations grevée à même le budget de fonctionnement soit passée de 26% à 45%. Autrement dit, les universités québécoises puisent de plus en plus dans leurs activités de recherche et d’enseignement pour financer du béton.

Pour les auteurs du manifeste, l’éducation ne doit d’aucune façon répondre à une « logique méritocratique ». Pas question « de livrer nos universités aux impératifs des lois du marché » ni de continuer de les amener à toujours plus « quémander de fonds auprès de généreux philanthropes ».

Inacceptable, aussi, que l’on parte « à la recherche du « bon pauvre » » dont il serait de bonne guerre de financer les études. Les signataires rejettent tout autant l’idée d’une différenciation dans les droits de scolarité à payer, selon que l’on étudie en philosophie ou en médecine, par exemple. Cela relèverait à leur avis d’une « vision économiciste ». « Les contraintes financières ne doivent pas être un facteur dans le choix des programmes d’étude », peut-on lire.

La solution avancée dans le manifeste : des états généraux sur l’université québécoise « visant à établir un plan de développement à long terme ».


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Illustration : "Maze" par Jim Kazanjian (2008)



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Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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