Retour sur le rapport du CAS de juillet 2010 : la question de la poursuite de carrière des docteurs

mardi 7 septembre 2010
par  antonin
12 votes

Nous avons mis en ligne le 3 août dernier, la Note de Veille n°189 du Centre d’analyse stratégique (CAS), publiée par Mohamed Harfi [1] et Laudeline Auriol [2] en juillet 2010 et intitulée « Les difficultés d’insertion professionnelle des docteurs : les raisons d’une « exception française » ». Revenons sur quelques points de ce rapport afin d’apporter des éclaircissements, des corrections et des critiques.

 Un contenu de rapport et une analyse des données très superficiels

Tout d’abord, l’emploi de l’expression « insertion professionnelle » est très problématique tout en étant révélateur : cela laisse sous-entendre que les docteurs qui sortent du secteur académique doivent se professionnaliser. Mais le doctorat n’est-il pas déjà un travail de « professionnel » qu’ils soient ou non contractualisés sur l’intégralité de sa durée ? Les auteurs de ce rapport présentent donc dès le titre une image d’Epinal les docteurs qui ne seraient comme des universitaires, voire des « éternels étudiants », qui ne sont a priori pour eux pas des professionnels. Il s’agit d’un parti-pris très malsain et méprisant de considérer, ou du moins de présenter, un distinguo entre les secteurs public et privé. Ce stéréotype entretenu depuis quelques années déjà est très néfaste aux docteurs dans ce qui convient d’appeler plus correctement leur « poursuite de carrière ». D’ailleurs, plus généralement, il est fréquent de lire l’expression « insertion des docteurs dans le marché/monde du travail » en lieu et place de la « poursuite de carrière des docteurs hors-académie ». Opposer université et monde de travail est un non-sens et un dénigrement des métiers universitaires que finalement ce rapport continue d’entretenir.

Deux défauts « techniques » de fonds sont également à déplorer dans ce rapport. D’une part, ce rapport se base sur les résultats de l’enquête du Céreq [3] « Génération 2004 » (enquêtée en 2007) qui commence un peu à dater et à être même obsolète face à la conjecture actuelle difficile. En outre, ces données utilisées sont surtout pré-(contre-)réformes du gouvernement actuel (LRU, contrat doctoral, RGPP, modification des politiques de recrutements dans l’ESR, CIR). Il aurait été tellement plus pertinent d’attendre quelques mois encore pour avoir accès à des données récentes à travers l’enquête du Céreq « Génération 2007 » qui a été enquêtée entre avril et juin 2007. D’autre part, cette note compare à plusieurs reprises des chiffres issues du projet sur les carrières des titulaires de doctorat (CDT) de l’OCDE/ISU(UNESCO/Eurostat à ceux de l’enquête « Génération 2004 » du Céreq. Cependant, la France n’a pas participé à l’enquête de CDT et les paramètres et critères d’enquêtes de sont pas les mêmes entre ces deux enquêtes. De plus, cette note ne mentionne pas la différence structurelle majeure qui existe enter la France et les autres pays de l’OCDE : l’exception française avec ses grandes écoles qui n’ont pas vraiment d’équivalent ailleurs. La comparaison internationale très utilisée dans ce rapport est plus un moyen démagogique de convaincre qu’un argument sérieux.

Certes, cette note du CAS pointe de réels problèmes actuels pour la poursuite de carrière des docteurs. Par exemple, « Le chômage des docteurs en France n’est pas lié à une « surproduction » globale de diplômés par rapport aux autres pays de l’OCDE ». En effet, la France forme 11000 docteurs/an, contre 15000 pour le Royaume-Uni, 25000 pour l’Allemagne et 53000 pour les USA. En terme de croissance de docteurs formés entre 1998 et 2006, la France (+ 0 %) se classe 25ème sur 26 pays étudiés par l’OCDE. C’est le paradoxe français : un déficit chronique de docteurs formés mais un chômage qui serait plus fort que dans d’autres pays de l’OCDE. Les raisons sont multiples : une certaine mainmise des grandes écoles sur les postes de directions/cadres en R&D et autres [4] et des ingénieurs qui sont mieux connus du monde de l’entreprise notamment parce que les recruteurs sont eux-mêmes ingénieurs de formation (ceci est également valable pour les grandes écoles). De plus, les ingénieurs sont moins « chers » (Bac+5 vs. Bac+8). L’emploi de docteurs dans le secteur de la R&D privée est limité du fait d’un sous-investissement chronique depuis quelques années des entreprises françaises dans ce domaine par rapport aux autres pays de l’OCDE.

 Des propositions faibles

Face à la gravité du constat, le rapport du CAS émet cinq propositions qui n’apparaissent pas être à la hauteur l’ampleur des difficultés. Regardons chaque proposition :

Proposition n° 1 : Améliorer l’information des établissements et des étudiants, notamment en associant davantage les acteurs privés à la production de données régulières, par disciplines, sur les besoins de recrutements et sur l’insertion professionnelle des docteurs.

Cette proposition est naïve et dangereuse. Bien qu’il demeure effectivement fondamental de combler le manque de suivi régulier (voire en continu) du recrutement des docteurs, il serait dangereux de confier cette tâche aux « acteurs privés » eux-mêmes, Le MEDEF en tête. Cela reviendrait à subir des directives d’adaptation du nombre de docteurs selon la demande des entreprises. Un doctorant n’est pas accepté selon les débouchées dans un secteur privé spécifique à sa discipline ou à sa thématique de recherche mais selon la capacité des Ecoles doctorales (ED) à obtenir des financements. Sachant que dans beaucoup de laboratoires les doctorants représentent la force vive de chercheurs, la régulation se fait surtout sur la capacité à obtenir des financements dans le laboratoire d’accueil (contrat doctoral, …), l’attractivité de la recherche qui y est menée et encore plus l’habilité du directeur de thèse à enrôler une main-d’œuvre pas chère et corvéable à merci.
D’autre part, essayer d’estimer les besoins en recrutement par disciplines est absurde et réductionniste de la capacité de poursuite de carrière des docteurs de manière transdisciplinaire et vers des missions très variées.

Proposition n° 2 : Réaffirmer le rôle central des Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) dans la coordination et la régulation de l’offre de formation doctorale, notamment en favorisant le transfert au PRES de la compétence de délivrance des diplômes et des moyens de financement des contrats doctoraux.

Cette proposition ne fait rien d’autre que proposer des formations doctorales à deux vitesses. Il y aurait celles qui se passent au sein d’un PRES et les autres. A moins qu’elle soit tout bonnement le reflet direct de la vision de certains d’un paysage universitaire scindé en deux où une partie des universités, celles intégrées dans des PRES, ont l’habilitation et la capacité financière à proposer le LMD [5] et le reste des universités est cantonné au simple L sans aller plus loin et donc sans recherche également. Simplement inacceptable.

Proposition n° 3 : Associer davantage les grandes écoles aux formations doctorales, pour permettre à davantage d’ingénieurs de préparer un doctorat.

Cette proposition tient sa source dans le rapport Philip « Quels nouveaux partenariats construire entre les Universités et les Grandes Écoles ? » (novembre 2008) [6]. Appliquer cette proposition ne ferait que renforcer le paradoxe français de l’existence d’universités et de grandes écoles au détriment de la formation universitaire exclusive. Derrière cet intérêt des grandes écoles et des écoles d’ingénieurs pour le doctorat, une volonté de progresser fortement dans les classements internationaux, comme celui dit « de Shanghai », qui tiennent compte de la formation doctorale et de la recherche.

Proposition n° 4 : Améliorer la proportion de thèses financées, notamment par les entreprises : d’une part, en fixant un objectif aux universités dans le cadre de leur contractualisation avec l’État ; d’autre part, en imaginant un dispositif permettant à une entreprise de financer une thèse en contrepartie d’un engagement du doctorant à demeurer quelques années dans l’entreprise après son embauche.

« Améliorer la proportion de thèses financées » semblent une évidence rien que pour diminuer le nombre de doctorants qui réalisent leur travail de thèse sans rémunération et donc pour réduire une des sources de leur précarité. Des améliorations ont été obtenues ces dernières années et le meilleur score est observé en Sciences de la Vie où maintenant 69% des doctorants sont financés à un moment de leur thèse [7]. Pour les autres disciplines, la proportion est bien moindre (principalement en SHS et Lettres). Le passage à l’autonomie des universités et au contrat doctoral n’ont globalement pas accéléré cette amélioration du ratio des financements malgré les prédictions (arguments de « vente ») du ministère. Bien que certaines « grosses » universités aient souhaité augmenter légèrement leur nombre de contrat doctoraux par rapport aux dotations des années précédentes (sur leur fonds propres), de plus petites universités ont vu leur nombre diminuer et parfois fortement [8]. Avec une meilleur poursuite de carrière pour les docteurs qui ont été financés, il paraît clair qu’un ratio le plus fort possible en faveur des doctorants financés doit être un objectif urgent. Cependant, ni le MESR ni la CPU ne mettent cette question au premier plan pour garantir l’avenir des futurs docteurs.
Pour le reste, cette proposition reprend en substance la description du dispositif CIFRE [9] qui a été mis en place en 1981 et permet au doctorant de réaliser une thèse en entreprise en coordination avec un laboratoire universitaire. L’entreprise prend en charge financièrement le thésard tout en étant subventionnée. Un peu plus de 12700 thèses CIFRE ont été soutenues en 30 ans [10] ce qui est peu par rapport aux thèses « classiques » avec en moyenne 10000 docteurs par an. Trop proche du dispositif CIFRE, cette proposition est absurde d’autant plus que l’« engagement du doctorant à demeurer quelques années dans l’entreprise après son embauche » est inutile et risqué. En effet, elle peut-être considérée comme inutile puisque les 2/3 des doctorants CIFRE sont recrutés par leur entreprise d’accueil [11]. D’autre part, l’application de cette proposition serait dangereuse car on ne peut exclure le risque de la diminution des propositions d’entreprise face à ce qui pourrait être ressenti comme une contrainte sachant qu’il y a 1/3 de docteurs CIFRE qui ne restent pas

Proposition n° 5 : Reconnaître le doctorat dans les conventions collectives, notamment les grilles salariales.

Tout d’abord, un fait peu connu même par le CAS apparemment : le doctorat n’est pas reconnu comme un diplôme professionnel. Ceci a un impact majeur sur le recrutement des docteurs dans le monde de l’entreprise et de la reconnaissance du diplôme. En ce qui concerne la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives, nous ne pouvons qu’être d’accord avec cette proposition du CAS. D’ailleurs le collectif PAPERA a toujours inclus ce point dans ses revendications. Toutefois, il faut rappeler qu’un secteur a déjà obtenu cette reconnaissance avec une grille de salaire adaptée : le secteur de la chimie industrielle. Cette proposition est confrontée au manque de volonté du ministère et du MEDEF à aller dans ce sens pour des raisons différentes. Le MESR ne place pas cet objectif comme important puisque Valérie Pécresse considère, avec légèreté, que les trois années d’expérience reconnues avec le contrat doctoral sont équivalents à une reconnaissance du doctorat dans des conventions collectives [12]. Le MEDEF n’en veut pas pour une simple raison comptable : l’une obligation de rémunérations supérieures des docteurs qui en résulterait ne leur convient pas. D’autres part, la CPU et les Ecoles doctorales, suivies par le MEDEF, misent surtout sur une démarche qualité et une certification de la formation doctorale pour améliorer les poursuites de carrière dans le secteur privé [13]

 Au final, un rapport sans grand intérêt

Le CAS étant directement lié à Matignon, son indépendance semble évidemment limitée tout comme sa liberté de critique, même constructive, et de propositions. Par, exemple, le point du Crédit d’Impôt Recherche (CIR) n’est absolument pas abordé alors qu’il prend une place prépondérante dans le recrutement de docteurs en R&D. En effet, l’échec massif du CIR sur le recrutement de docteurs [14] n’aurait pas du être absent de ce rapport et aurait mérité une analyse fine.

D’autres propositions plus pertinentes auraient pu être faites :

  • Le conditionnement de l’obtention partiel ou total du CIR à l’embauche de docteurs,
  • Des stages de 5-6 mois en entreprise devraient être obligatoires pendant le Master afin d’améliorer la connaissance de l’Entreprise des étudiants et de les orienter au mieux vers un doctorat ou non (sachant qu’ils ont également de stages en laboratoires à ce niveau) et vers une thèse universitaire ou CIFRE.
  • Avec son impact fort sur le recrutement en entreprise, le dispositif CIFRE doit être renforcé et une meilleure information est à faire vers les étudiants de Master et vers les laboratoires publics (l’intérêt à court et moyens termes pour un laboratoire, …).
  • L’augmentation de la fréquence et de la généralisation des forums d’échanges entre les doctorants, docteurs, universités, écoles doctorales, et les entreprises : connaissances respectives, recrutement, partenariats, …

Ce rapport du CAS n’apporte finalement pas grand-chose de neuf puisque les données existaient déjà dans les études du Céreq. Les discussions autour de ces données montrent surtout un décalage avec la réalité, une faible connaissance du dossier et un usage peu sérieux de stéréotypes. Les propositions qui en résultent sont donc peu ambitieuses, bâclées, et souvent inadéquates. De plus, de nombreux aspects des difficultés de poursuites des carrières ne sont pas abordés dans ce rapport avec un angle de vue limité à la critique des doctorants, des docteurs et de la formation doctorale. Peu de considérations critiques sont faires à l’égard du secteur privé dans son manque de reconnaissance du doctorat, sa faible considération des docteurs, plus généralement de l’Université, et de son comportement vis-à-vis des docteurs.


[1] Mohamed Harfi, Département Travail, Emploi, Centre d’analyse stratégique

[2] Laudeline Auriol, Direction de la Science, de la Technologie et de l’Industrie, Division des Analyses économiques et des Statiques, STI, OCDE

[3] Centre d’études et de recherches sur les qualifications (céreq).

[4] Seulement 20% des postes dans les comités exécutifs des grandes entreprises sont occupés par des docteurs [Source : MEDEF].

[5] LMD : Licence-Master-Doctorat.

[6] A télécharger ici : DOCUMENTS ESR JANVIER 2009 : DGES AERES.

[7] Puisque la majorité des ED et laboratoires de SdV refuse de commencer une thèse avec un doctorant non financé, le chiffre de 69% de thèses financées signifie surtout qu’au moins 1/3 de doctorants en SdV finissent leur thèse sans financement.

[8] Cf. l’université de Corte (Corse) à la rentrée 2009 avec 50% de réduction : « Le doctorat victime de la LRU : le contrat doctoral sabré à l’université de Corte ».

[9] Convention industrielle de formation par la recherche

[10] Source : Enquête sur le devenir professionnel des anciens doctorants ayant bénéficié du dispositif CIFRE, depuis sa création en 1981. ANRT – 1 avril 2009

[11] Source : Enquête sur le devenir professionnel des anciens doctorants ayant bénéficié du dispositif CIFRE, depuis sa création en 1981. ANRT – 1 avril 2009

[12] Source : Un entretien pris à la volée à Valérie Pécresse (05/12/2008).

[13] Lire Compte-rendu de la journée du 2 avril 2010 au Colloque de la CPU : « Doctorat, doctorants et docteurs ».

[14] Lire La chute de l’emploi des docteurs continue : le CIR mis en situation indiscutable d’échec (22/12/2009).



Commentaires

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vendredi 2 décembre 2011 à 11h56 - par  Ecureuil

Les jeunes ont-ils envie d’investir 8 ou 10 ans de leur vie dans des études doctorales qui ne leur apportent aucune certitude quant à leur avenir, bien au contraire ? En tant qu’enseignant je ne le pense pas.

Les jeunes n’ont -ils pas envie tout simplement de se frotter à la vie après 5 ans d’études (Master), voir plus, si redoublement ou ré-orientation ?

Les écoles d’ingénieurs ont encore de beaux jours devant elles et il me semble bien difficile de les concurrencer un jour.

Il faudrait aussi réformer la manière dont les laboratoires de recherche sont évalués. Ils ne le sont qu’aux kilos de thèsards, de publications parues dans les journaux internationaux et de post-doctorants embauchés. Plus il y en a et mieux c’est. Les coopérations avec les entreprises, mêmes si elles existent sont je pense encore mal perçues par les évaluateurs, pour qui la recherche fondamentale est bien souvent la seule qui soit suffisamment noble.
Il s’agit là me semble-t-il d’un ressort très important.
Cette situation ne risque pas de s’améliorer dans l’avenir étant donnée la façon dont les chercheurs et enseignants chercheurs sont évalués (tous les 4 ans, au kilo de papier).

Les écoles d’ingénieurs ont décidément encore de beaux jours devant elles.

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Le plus grand nombre de contractuels de la FPE est dans l’enseignement supérieur

vendredi 2 décembre 2011

Selon le Rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2010-2011, en 2009, (cf. tableaux p.261 et p.262) on dénombrait un total de 360 907 agents non-titulaires dans la Fonction Publique d’État (FPE). Sans compter les "Emplois statutaires de non-titulaires des ÉPA dérogatoires, dont : Pôle emploi, CROUS, INRAP, Agence de l’eau...". Pour comparaison, il y a 355 001 agents non titulaires dans la Fonction Publique Territoriale (tableau V 1.1-1, p.67).

  • 131 542 agents non-titulaires dans les différents ministères, correspondant à 107000 Équivalent Temps Plein.
  • 229 365 agents non-titulaires dans les EPA (Établissements Publics à caractère Administratif), 181807 ETP, sur un total de 348416 agents. Ce qui fait quasiment 3 fois plus de non-titulaires.
  • En 2009, il y avait 68 915 non-titulaires dans l’Éducation nationale et 75 884 dans l’Enseignement supérieur, soit le plus gros contingent de non-titulaires de tous les ministères (tableau 1.3-3, p.229).
Sur le Web : Lire sur POOLP

Droits d’inscription universitaires 2011-2012

lundi 1er août 2011

JORF n°0176 du 31 juillet 2011, page 13076, texte n° 13

Arrêté du 28 juillet 2011

  • Licence 177€
  • Master 245€
  • Doctorat 372€

Diplôme de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique et paramédicaux 177€, 2e cycle 245€...

Tous les détails pour les autres diplômes ci-dessous :

Sur le Web : Sur legifrance.gouv.fr

Section 19 du CNU, suite et pas fin (du tout)

samedi 18 juin 2011

Agora relance le dossier "auto-promotion" qui se déroule au sein de la section 19 du Conseil National Universitaire (CNU) :

Nous vous relayions il y a quelques jours la déclaration de professeurs siégeant au sein de la 19e section du CNU et dénonçant les nouvelles auto-promotions dont elle a été le théâtre. Pour compléter cette dernière, nous reproduisons, avec sa permission, la lettre ouverte qu’Alain Quemin a adressé à ses collègues. Voilà qui devrait alimenter les discussions au prochain Congrès de l’Association française de sociologie (AFS), début juillet à Grenoble, où les principaux intéressés ne seront malheureusement sans doute pas présents…

Sur le Web : La suite sur Agora

Répression policière à l’École Normale Supérieure

mardi 19 avril 2011

Communiqué du 19 avril 2011

Alors que les grévistes allaient entamer leur 100éme jour de grève et que les négociations avec la direction suivaient leur cours, la directrice de l’ENS, Monique Canto-Sperber, a décidé d’ordonner l’évacuation des locaux occupés par les grévistes et les étudiants qui soutenaient le mouvement. A 6h, les forces de l’ordre en nombre conséquent ont délogé les occupants sans sommation en défonçant la porte. 14 personnes ont été arrêtées et sont actuellement retenues au commissariat du 5éme arrondissement.

Après le référé au tribunal administratif et les menaces quotidiennes des huissiers, la direction de l’ENS franchit un pas de plus dans la répression de ses propres salariés précaires et étudiants syndiqués et non syndiqués. Le mouvement social est déterminé à continuer la lutte et ne cédera pas aux pressions comme aux menaces physiques.

Le comité de mobilisation de l’ENS


Le comité a appelé à un rassemblement de soutien aux interpelés qui sont sorti du commissariat vers 9h30, puis à une assemblée Générale à l’ENS (45 rue d’Ulm) à 12h.

Affaire Lorne : Valérie Pécresse missionne le recteur pour que soit lancée la procédure disciplinaire

lundi 18 avril 2011

Après le refus du président de l’université de Bretagne occidentale Pascal Olivard de saisir la section disciplinaire à l’encontre de Pascal David, président de la commission de spécialistes qui n’avait pas titularisé Marie-Claude Lorne, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche hausse le ton.

Valérie Pécresse a demandé, le 18 avril 2011, au tout nouveau recteur de l’académie de Rennes Alexandre Steyer "de saisir formellement le président de l’université de Bretagne occidentale pour qu’il engage les poursuites, et l’informer qu’à défaut il se substituera à lui pour initier la procédure devant la section disciplinaire, à l’expiration d’un délai d’un mois".
La ministre fait référence au décret du 13 juillet 1992 qui dispose qu’en "cas de défaillance de l’autorité responsable, le recteur d’académie peut engager la procédure après avoir saisi cette autorité depuis au moins un mois".
Valérie Pécresse souhaite ainsi que "la lumière soit faite sur les dysfonctionnements importants et les manquements, notamment à la déontologie universitaire commis lors de l’examen du dossier de titularisation, en 2008, de Marie-Claude Lorne". En attendant que la "mission sur l’éthique et la déontologie universitaires" ne fasse des propositions pour "garantir éthique et transparence à toutes les étapes de la carrière des enseignants-chercheurs".

EducPros, Sophie Blitman, 18.04.11

Sur le Web : Sur EducPros.fr
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