Université de la Réunion : un poste de Maître de Conférence fait litige

Zinfo974.com | 02 septembre 2010 | par Zaïa Ayama
lundi 6 septembre 2010
par  antonin
6 votes

C’est un sujet particulier qui a été évoqué ce matin au Tribunal administratif de Saint-Denis. Au cœur de l’affaire : un poste de Maître de Conférence de Géographie à l’Université de la Réunion. Le plaignant, Thierry Nicolas, remet en cause la décision du Conseil d’administration car l’attribution du poste ne s’est pas faite de manière impartiale.

Pour lui, le processus de recrutement a pris fin le 22 avril dernier. La candidature de Thierry Nicolas, pourtant spécialiste des îles de l’Océan indien, des Caraïbes et du Pacifique, n’a pas été retenue. Cette année, ils étaient 21 à postuler à La Réunion. Pour un seul poste au final. Le jeune homme a immédiatement contesté la décision du Conseil d’Administration de l’Université et porté l’affaire au tribunal. La procédure n’aurait pas été régulière. Le plaignant reproche notamment au comité de sélection d’avoir choisi un autre candidat à sa place et ce, pour des raisons douteuses.

 Un dossier pourtant valable

"J’aurais dû être auditionné : j’ai un profil équivalent au sien". Docteur en Géographie depuis 2002, Thierry Nicolas est aujourd’hui spécialiste des îles de l’Océan indien, des Caraïbes et du Pacifique. Après avoir été vacataire dans différentes universités, ce poste de Maître de Conférence était pourtant l’aboutissement logique de son cursus. "Mon concurrent n’a validé qu’une Maîtrise de Géographie sur Mafate alors que moi, je connais parfaitement le terrain !".

 Impartialité

Selon le plaignant, le principe d’impartialité n’aurait pas été respecté : "le directeur de thèse d’un des candidats faisait partie du jury", souligne Thierry Nicolas. Son avocat, Maître Dugoujon, poursuit : "Ce directeur de thèse aurait du se désister. Le fait qu’il ait été dans le comité de sélection a pu influencer la décision".

Un autre point évoqué hors audience par le plaignant reste plus difficilement prouvable : celui de la discrimination."Dans les 21 candidats, il y avait quatre ou cinq gens de couleur comme moi et aucun n’a été retenu", précise Thierry Nicolas.

 Pour l’Université : la procédure est complètement légale

"Le jury est souverain : on ne peut pas contester sa décision", souligne Mme Nurbel du Service des Affaires juridiques de l’Université. Le Conseil d’administration devait trancher entre quatre candidatures, et celle de Thierry Nicolas ne faisait pas partie. Le Conseil d’administration ne peut donc pas être attaqué. Selon elle, il n’y eu donc eu aucune erreur manifeste d’appréciation.

La décision de la Cour sera rendue le 7 septembre prochain. En attendant, la nomination du poste de Maître de Conférence a été suspendue.

par Zaïa Ayama


Commentaire d’un membre du CA posté à la suite de l’article sur le site de Zinfos :

17.Posté par Raoul Lucas le 02/09/2010 22:19

À l’auteur du post 2 et plus généralement aux lecteurs de zinfos . Je viens de prendre connaissance du texte de zinfos et aussi de tous les commentaires suscités à cette heure(21h45).
Maitre de conférences Hors classe,membre du Conseil d’administration de l’université de La Réunion,membre des instances académiques et nationales de Sup-Recherche(,syndicat des enseignants-chercheurs de la fédération UNSA ) je voudrais répondre à votre interpellation et porter à votre connaissance,ainsi qu’à tous les lecteurs de zinfos, les quelques éléments suivants ,après avoir rappelé que je m’exprime ici à titre personnel. Siègent au conseil d’administration actuel 2 membres se réclamant de l’un ou l’autre des syndicats de l’UNSA et une collègue élue sur une liste ,soutenue par l’Unsa ,mais non syndiquée.
Au conseil d’administration restreint ne peuvent siéger que des enseignants .Nous ne sommes donc plus que deux .L’autre mandat étant celui de ma collègue qui appartient au corps des professeurs ,élue sur la liste que nous avons soutenue .
J’ai siégé au conseil d’administration restreint dont il est question dans cet article,comme j’ai d’ailleurs siégé, notamment , à tous les autres conseils qui ont eu à se prononcer sur les questions de postes ou de carrières . Sans avoir à rapporter les éléments relevant de la confidentialité des débats sur les jurys de concours et les candidats (ce qui je ne sais n’est pas la règle dans cette université de la part de certains amis et soutiens de Monsieur Rochdi ,qu’on se rappelle ici même les écrits de mon collègue Pascal DURET,à propos du poste mis au concours en staps) je voudrais que vous sachiez que ce conseil a été émaillé par de nombreux incidents et s’est achevé par une agression dont j’ai été l’objet de la part du Président de l’université.
Ces éléments ,et quelques autres,vous pouvez -vous les procurer à partir des procès-verbaux et des correspondances sur cette affaire auprès des responsables de l’institution.
Je voudrais également préciser que ce qui se passe autour des promotions et recrutements ne font que traduire de façon exacerbée le management de cette université par le président et son équipe.
Je voudrais enfin dire ,que bien qu’ultra minoritaire , nous ne nous laissons pas compter par les discours et les pratiques de cette équipe.Mais je me dois également d’ajouter que les changements nécessaires à l’université ,si c’est celà est encore possible,ne peuvent venir que de l’extérieur de l’institution pour peu évidement que l’extérieur prenne conscience de ce qui je joue depuis que l’équipe de nos collègues Serge SVIZZERO-Mohamed ROCHDI se sont succédés à sa présidence.
C’est le sens de ma démarche ici ce soir.
En toute transparence et responsabilité et dans le respect de l’institution universitaire et de mes mandats.

Raoul LUCAS
Membre du conseil d’administration de l’université de la Réunion.


Sur le site de Zinfos 974

Illustration : Hyuro(2010, Argentine)



Commentaires

Agenda

<<

2014

 

<<

Août

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
28293031123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031
Aucun évènement à venir les 2 prochains mois

Brèves

Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

Soutenir par un don