Cédric, professeur vacataire de 33 ans : un budget trop juste, une vie sans à-côtés

La Voix du Nord | jeudi 04.02.2010 | par Vincent TRIPIANA
lundi 23 août 2010
par  antonin
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Fin décembre, Cédric a poussé la porte du CCAS de la place Vauban. Ce Maubeugeois de 33 ans, professeur vacataire depuis dix ans, a eu besoin de l’aide sociale quand il a été nommé à soixante kilomètres de chez lui. Le coût du trajet quotidien a eu raison de son salaire modeste et l’a fait tomber dans la précarité.

« Il y a pire que moi. » Cédric a encore ses parents et, surtout, il a un emploi et un salaire : 1 355 euros par mois pour son métier de professeur vacataire. À 33 ans et après dix ans de carrière, il a malgré tout demandé l’aide du centre communal d’action sociale (CCAS) de Maubeuge, en décembre.

Quand il a commencé à travailler, Cédric a fait ce que beaucoup font : il a vécu quelques années chez ses parents et a économisé pour s’acheter une voiture. Il a également souscrit un emprunt pour acheter un appartement, il y a sept ans, suivant les conseils de son père, un conducteur d’engins dans le bâtiment et les travaux publics, aujourd’hui à la retraite.

Tout a augmenté plus vite que son salaire

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Cédric fait partie de ces salariés précaires, dont le salaire ne suffit plus.
Photo : Didier CRASNAULT

Son emploi, renouvelé chaque année presque systématiquement dans un autre endroit, n’était certes pas un modèle de stabilité mais il lui amenait l’argent qui lui ouvrait les voies de l’indépendance et de l’autonomie. En septembre, il a été nommé à plus de soixante kilomètres de chez lui. Le gasoil, le déjeuner, l’entretien de sa voiture ont fait exploser son petit budget. La mutuelle, l’électricité, le loyer, les impôts locaux... tout a augmenté, plus vite et plus fort que son salaire. Désormais chaque mois, quand tout est réglé, il lui reste vingt euros avec lesquels il doit manger et s’habiller. « Sans mes parents, ce serait impossible. Je n’ai aucun loisir, je ne suis jamais parti en vacances, je ne sors jamais. » En décembre, une amie lui a conseillé d’aller au CCAS. Qui lui a octroyé un chéquier d’accompagnement personnalisé, afin de l’aider à s’acheter de la nourriture et des produits d’hygiène.

« Pour moi, un prof, c’était la sécurité de l’emploi, dit-il. Je ne pensais pas que j’aurais été dans une situation précaire comme ça. Au CCAS, je me sentais mal, j’avais honte, je me disais que j’avais échoué. Je me demandais ce que je faisais là. Je me demande pourquoi je travaille. Ce que vous voyez dans mon appartement, je l’ai eu au fur et à mesure de mes anniversaires. On m’a offert un buffet, un canapé... Si mes parents ne m’aidaient plus, je serais foutu. Et je suis inquiet pour mon travail. Je n’ai plus confiance. » Cédric est en CDD depuis trop longtemps. L’Éducation nationale devrait le titulariser, mais l’époque est au dégraissage, dans le secteur. Il suffit de lui donner une mauvaise note lors d’une inspection et il se retrouvera sans emploi en juillet, malgré son expérience de dix ans et ses bonnes notes antérieures.

Les places sont chères, la précarité gagne même l’Éducation nationale où la sécurité de l’emploi ne concerne que les titulaires.

Il y a trois ans, fatigué d’enchaîner les CDD, Cédric a tenté de quitter l’Éducation nationale. Il dit avoir envoyé trois cents CV. « J’ai eu quatre réponses, négatives. On me disait : "Vous êtes professeur, vous ne savez rien faire d’autre." Si je suis licencié, je suis sans emploi. Mon inspection et une bonne note, c’est ma dernière chance. » Le cas contraire, il s’enfoncera pour de bon dans la précarité.


Sur La Voix du Nord

Illustration : "Holga003" par Nullermanden



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[Sweden] New legislation to help foreign postgraduates stay on

Sunday 27 April

On 1 July this year, new legislation will come into force in Sweden that includes measures which will make it considerably easier for foreign doctoral candidates and students to stay and work in the country after graduating.

An agreement between the outgoing Alliance government and the Swedish Green party will secure a majority vote for the proposal in the parliament. (...) – University World News, by Jan Petter Myklebust, 21 March 2014 Issue No:312

On the Web : Full news here

US : Dwindling tenure posts

vendredi 18 avril

Tenure is dying out at US universities.

The proportion of non-tenure-track and non-tenured faculty posts continues to rise across all US institutions, finds a report by the American Association of University Professors (AAUP) in Washington DC. Losing Focus : The Annual Report on the Economic Status of the Profession, 201314 surveyed 1,159 public and private US institutions and found that the overall proportion of assistant professors in non-tenure-track posts was 23.4 for 201314, compared with 20.8 in 201011. Dwindling tenured and tenure-track posts threaten the ability of scientists to conduct research without interference from funders or administrators, says John Curtis, the report’s lead author and director of research and public policy for the AAUP. - Nature, 508, 277, 09 April 2014

Sur le Web : Read on nature.com

Les coupes budgétaires pèsent sur la recherche académique américaine

jeudi 12 décembre 2013

Aux USA, les répercussions des coupes budgétaires fédérales pour la recherche académique sont bien visibles selon une études récentes :

  • moins de place pour les étudiants dans les labos (stages, doctorat, ...) : - 31% ;
  • moins de CDD à temps partiel : -30% ;
  • moins de postdoctorants : - 24% ;
  • moins de postes fixes dans 22% des cas.

Une recherche académique en récession aux USA...

Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février 2013

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
Sur le Web : Lire la suite sur SLR
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