Pécresse annonce en personne le 18 août dernier (sur RTL) que les Conseils d’Administration des universités ont validé à l’unanimité en juillet le passage de 9 à 10 mois de l’année universitaire (de septembre à juin). Pour la ministre, il s’agit de "mieux accompagner les étudiants", "préparer la rentrée", "faire des groupes de niveau", "avoir du tutorat personnalisé", mais aussi de "se caler sur les rentrées universitaires des autres pays".
Du nouveau pour les étudiants ? Non car en pratique une majorité d’université échelonne déjà leur année universitaire de septembre à juin (voire juillet). Les étudiants ont en effet déjà les pieds à l’université dès septembre pour les inscriptions et les semaines de pré-rentrée puis jusqu’à mai-juin pour la fin des examens et les jury. En outre, le tutorat existe depuis un certain temps dans de nombreuses universités.
Reste la fameuse question des bourses ! Un allongement de l’année doit s’accompagner d’un dixième de versement de bourse pour ne pas handicaper sérieusement les élèves boursiers. En mai dernier, interrogée sur le versement de ce dixième mois de bourse, une promesse de Nicolas Sarkozy, Pécresse annonçait que cela sera fait selon l’engagement, ou non, des universités à mettre en place des cursus de dix mois. Elle fait là une grave omission et met en fait en place un prétexte tout trouvé pour le ministère au non respect de la promesse du Président.
Comme nous l’avions relevé dernièrement [1], Pécresse a clairement avoué lors de son audition au sénat le 16 juin dernier que son ministère ne peut actuellement assumer intégralement les bourses étudiantes puisque le taux de paiement n’est qu’à 97% en 2010. Pécresse admet même sans détour être en « impasse budgétaire » sur le paiement des bourses d’une année sur l’autre ! La rentrée universitaire 2010 semble bien catastrophique pour les étudiants : l’effet « crise » qui diminue leurs moyens financiers et ceux de leur parents, une augmentation des frais d ’inscription de 2.1%, le tout additionné d’une augmentation de la dérive des catégories de boursiers [2].
De plus, lors de l’audition de Valérie Pécresse au Sénat, le sénateur Adnot a bien fait remarquer la réduction du budget allouée aux bourses étudiantes pour 2011 (passant de 64 à 44 millions d’euros avec la loi de finance 2011). Cela risque d’être « compliquée pour 2011 », comme le dit Adnot, pour arriver à un taux de paiement décent des étudiants boursiers.
Pécresse s’engage mal dans cette voie de l’allongement à 10 mois de l’année universitaire. Avec le constat que des filières universitaires sont déjà à 10 mois, il serait normal que les bourses des étudiants concernés soient elles aussi étendues à cette durée. Ayons bien en tête que beaucoup d’étudiants ont besoin de la période estivale pour accumuler des finances pour l’année universitaire suivante à travers des petits boulots qui peuvent alors être pleinement profitables car à plein temps.
Sans rectification de la Loi de finance 2011, la promesse de Sarkozy du 10ème mois de bourse ne sera pas tenue. Pécresse le sait mais se garde bien de le dire. Les étudiants vont donc étudier plus longtemps, sans cours supplémentaires, mais seront aidés moins financièrement... Quel progrès !
par Antonin,
Collectif PAPERA


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