Sommes-nous d’accord pour que vous restiez, Muriel Florin ? A propos d’un souvenir de journaliste dans LibéLyon, ou ce qu’occultent les « faits » journalistiques

Indisciplines ! | 5 août 2010 | par Igor Babou
samedi 7 août 2010
par  antonin
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C’est l’été, il fait chaud, Lyon s’ennuie. Dans une série d’articles complaisamment nombrilistes, Libération Lyon demande à une série de journalistes invités de présenter des « souvenirs » qui les auraient marqués. Parmi ces articles que je survolais – je l’avoue – de l’œil vaseux de celui qui s’ennuie en attendant de partir en vacances, et en mobilisant l’habitus cynique d’un Ignatius O’Reilly vitupérant contre la conjuration des imbéciles, je sors de ma torpeur en lisant un article signé par Muriel Florin (Le Progrès de Lyon) et intitulé « Est-ce que vous êtes d’accord pour qu’elle reste ? ». Muriel Florin nous y conte sa traumatisante expérience lors d’une AG durant la crise universitaire de 2009. AG forcément « poussive », selon le terme qu’elle emploie dès le premier paragraphe : un mouvement social est toujours déjà, par essence, en train de s’ « épuiser  » puisqu’elle l’affirme là aussi dès le premier paragraphe. Il ne faudrait tout de même pas que l’on puisse croire, Madame Michu, qu’il se passe des choses intéressantes en dehors des salles de rédaction… Ou alors, un mouvement social est toujours, par nature, suspect d’être violent : « plusieurs incidents  » ont eu lieu durant ce mouvement, nous dit la journaliste. Lesquels ? Le mystère plane, propre à stimuler les angoisses sécuritaires de la France profonde dont les journalistes s’imaginent être les porte-paroles, convaincus d’avance que toute cause étudiante ne peut être que dangereuse (ou manipulée par l’extrême gauche, ou encore compulsivement utopiste, bref, choisissez le cliché journalistique qui vous convient), et que toute grève universitaire ne peut être que bassement corporatiste…

Dès le deuxième paragraphe, le décors idéologique du journalisme de non investigation est planté : « Plus les examens approchent, plus la tension se focalise sur les modalités de contrôle. Certains enseignants souhaitent supprimer les partiels. D’autres préconisent de faire comme si le deuxième semestre n’avait pas existé. La réunion doit principalement aborder cette question. Dans l’amphi, plusieurs étudiants sont venus en espérant glaner des informations ». L’article dépeint de pauvres étudiants uniquement intéressés par leurs examens et qui sont confrontés à des enseignants irresponsables : le procès en accusation traditionnel que tout journaliste de non investigation ne peut que tracer des luttes universitaires commence toujours par les mêmes éternels clichés. De toutes les AG qui ont eu lieu à Lyon en 2009, il ne fallait évidemment retenir que celle-ci, où aucune idée autre qu’une banale « recherche d’information » n’avait sa place. Aucun débat n’a donc eu lieu qui vaille la peine de s’en souvenir, aucun enjeu autre qu’organisationnel n’était présent en 2009, non, rien, juste les mêmes poncifs sempiternellement remâchés. Ces étudiants, tout de même, M’ame Michu, f’raient mieux d’travailler et ces fainéants d’fonctionnaires aussi !

Je ne prétends pas que cette scène-là n’aurait pas eu lieu : elle a certainement eu lieu, et plus d’une fois. Je suis simplement écœuré par la vulgarité constante d’une pensée et d’une écriture se prétendant « factuelle » mais qui cache mal les découpes idéologiques qu’elle réalise à des fins politiques dans l’univers de ce qu’il aurait été possible (et intéressant…) de raconter. Un mouvement ne se résume pas à une AG ratée. Sauf dans le « souvenir » de Muriel Florin relayé par Libé Lyon : pouvoir éditorial et diffusion de masse aidant, la presse avait construit l’image d’un mouvement « poussif » et « en train de s’essouffler » avant même que les journalistes n’aient tenté de mener la moindre enquête. D’ailleurs, les universitaires et étudiants qui ont participé au mouvement de 2009 savent bien que peu de journalistes étaient présents sur les lieux et que seul Sylvestre Huet a fait un travail correct en donnant la parole à ceux à qui on la refusait le plus souvent.

L’article se poursuit par la série habituelle des clichés : « Comme à chaque fois qu’une bataille est perdue, la presse est mal vue, considérée comme en partie responsable ». Ben voyons… Si la presse, en 2009, ne supportant pas que l’ordre établi soit contesté, n’avait pas passé son temps à interdire l’accès à ses colonnes aux universitaires et aux étudiants [1], ou encore si elle n’avait pas passé son temps à mentir sur l’état réel de la mobilisation en annonçant, au plus fort du mouvement – 80 universités en grève, tout de même, et un mouvement d’une ampleur sans égal depuis 1968 [2] – que « le mouvement s’essouffle » et que « la bataille est perdue » , en rabattant en parallèle toutes les formes d’expression des universitaires ou des étudiants sur une « grogne  » s’inscrivant dans le registre de l’affectif et de l’incompréhension, ou des réticences au changement, plus que dans celui de la raison et de la réflexion étayée par l’expérience [3], peut-être qu’alors l’opinion aurait pu se faire une idée moins caricaturale des motifs de cette lutte.

Poursuivons cette lecture : il faut bien boire le calice jusqu’à la lie… « Les débats sur les examens vont enfin commencer… Hélas non ! Sur ma droite, un enseignant lève la main pour remettre en cause le premier vote. Est-il vraiment légitime ? Ne faut-il pas que tout le monde soit d’accord pour que je reste ? Il faudrait donc revoter… S’ensuit de nouveaux échanges sur ma présence. J’ai presque envie de m’excuser auprès des étudiants d’être la cause de cette discussion surréaliste qui nous retarde. Mais il n’est plus question de partir ». La condescendance de Muriel Florin et son mépris des formes orales de la démocratie participative, lui font visiblement oublier que la presse elle-même n’est guère encline à accepter, dans ses conférences de rédaction, des observateurs : on n’en tire pourtant pas la conclusion que cette fermeture serait « surréaliste  » et scandaleuse. Le fait que des étudiants et des enseignants, réunis au nom d’enjeux qui leurs sont propres, désirent prendre des décisions à l’abri du regard souvent mal intentionné des journalistes à leur égard, n’a rien de « surréaliste » et le droit à l’information ne saurait se confondre avec un diktat de l’information non négocié avec les acteurs concernés. Ce qui est surréaliste, c’est l’attitude journalistique qui consiste à ne pas chercher à clarifier sa position ni à négocier le sens de ses interventions auprès des acteurs sociaux, toutes choses qu’un chercheur en sciences sociales considère comme de son devoir de faire, par exemple lors d’enquêtes ethnographiques. Ainsi, on n’intervient pas au nom des sciences sociales dans une situation sociale, surtout si elle relève d’enjeux politiques, sans avoir fait au préalable un minimum de travail d’approche, de mise en confiance, et de compréhension du sens de la situation, et ce travail prend du temps : il ne va jamais de soi. Pourquoi devrait-on imposer un regard non négocié au nom de l’information journalistique, qui n’est, après tout, qu’un point de vue particulier et qui est instruit autant au nom d’une intention de connaissance, que par les enjeux économiques et idéologiques des industries culturelles, de leurs actionnaires et de leurs marchés ? L’incapacité de la plupart des journalistes à comprendre la complexité des situations de communication, leur refus d’accepter qu’un mouvement social ne soit pas dirigé comme une entreprise ou comme un parti par un individu désigné comme porte-parole et dépositaire d’une autorité surplombante, et leur idéologie objectiviste de la transparence informationnelle, se donne ici à voir dans toute son étendue.

Mais ce qui compte finalement, dans les écrits journalistiques, c’est autant ce qu’ils prétendent montrer que ce qu’ils ne disent pas : ce qu’ils occultent, et rendent ainsi impensable pour leurs lecteurs, est souvent aussi éclairant que tout ce que les corpus de presse peuvent nous apprendre. Ainsi, durant ce mouvement, les journalistes n’ont que très rarement rendu compte d’autre chose que des « grognements  » des universitaires et des étudiants, et ils n’ont pratiquement pas relayé le fait que, par exemple, des CRS en armure ont entouré durant plus d’une semaine l’université de Lyon 2 et ont bastonné certains enseignants qui devaient traverser ce cordon sécuritaire pour venir faire cours à l’intérieur de la fac ; les journalistes n’ont rien dit des hélicoptères de la gendarmerie qui survolaient le campus de Bron, comme si on était en temps de guerre ; ils n’ont pas vu, ou pas voulu voir, que des milices privées étaient installées sur les campus, aux ordres de certains présidents d’universités, y faisant leur loi, et accompagnant souvent leur action de propos racistes.

C’est pourquoi j’ai envie de demander à Muriel Florin : où étiez vous, par exemple, lors des grandes manifestations de 2009 ? Où étiez vous lors des cours hors les murs où les enseignants grévistes enseignaient dans des cafés, dans des galeries d’art, dans des locaux associatifs, dans la rue, pour sensibiliser le public aux enjeux du savoir dans une démocratie sans pour autant pénaliser leurs étudiants ? Où étiez vous lors de la fantastique « Nuit des chercheurs » (la « Navire Night ») organisée dans le grand amphi de Lyon 2, où il y eu des cours et des conférences de 18h à 8h du matin devant un amphi plein à craquer de gens passionnés par les enjeux politiques du savoir ? Où étiez vous lors des la Journée d’Alerte des Services publics (Navire Night 2) réunissant le milieu universitaire et médical, et qui démontrait la main-mise du pouvoir et de la bureaucratie économique sur le service public ? Où étiez vous dans les innombrables AG étudiantes où s’expérimentait une autre vision de la démocratie que celle que vous travestissez en prétendant rendre compte d’un « fait », depuis votre petit bout de lorgnette ? N’avez vous vraiment rien d’autre à dire d’une année de lutte et d’inventivité, d’engagement politique, de réflexion, de publication, que ce petit souvenir nombriliste ? C’est pathétique, franchement !

Je vais vous dire où vous étiez, Muriel Florin : vous n’étiez pas là où les choses intéressantes se passaient, ou en tout cas vous n’avez rien écrit de tout cela. Et il est facile de le démontrer. La base de données Factiva, à laquelle j’ai accès en tant que chercheur travaillant sur les médias, permet de constituer facilement des corpus de presse. En interrogeant cette base avec pour mots-clés « Muriel Florin + université » et en limitant la recherche au corpus du Progrès de Lyon et à l’année 2009, il apparaît que vous avez écrit en tout 44 articles sur l’université. La base Factiva ne donne sans doute pas l’exhaustivité des articles publiés par un quotidien, mais elle est assez pratique en première approximation et elle conviendra pour ce que je souhaite démontrer ici, même si cette démonstration va être très superficielle en regard des exigences académiques qui sont les nôtres. De quoi parlent ces articles ? Sans me livrer ici à une bien inutile exégèse de votre « œuvre », je constate que seuls deux d’entre eux traitent directement, et bien tardivement d’ailleurs, d’une manifestation d’enseignants contre les réformes [4]. Un autre évoque, incidemment seulement, les grèves qui « plombent » l’université [5]. Aucun ne décrit une AG, ni ne donne la parole à un acteur des coordinations universitaires : seuls des présidents d’universités ou des directeurs de grandes écoles, ou encore des responsables syndicaux sont interrogés.

Terminons la lecture de vos « souvenirs » de journaliste : « Je demande la parole. Une colère froide a vaincu ma timidité. « Je suis là pour faire mon travail d’information. Il s’agit d’une assemblée générale ouverte. Nous sommes dans un pays dans lequel la liberté de la presse est préservée, et j’ose espérer que vous appréciez cela en tant que citoyen. Par ailleurs vous êtes bien contents de nous trouver pour relayer vos revendications ». J’évite, prudente, l’allusion au retour du stalinisme ». Vous n’évitez pas, de toute évidence, de vous mettre en scène en défenseur de la liberté face à l’oppression alors même que les participants à cette AG ont voté pour que vous restiez : quelle fausse position critique ! Preuve s’il en est que vos préjugés étaient plus forts que votre intérêt pour le sens politique et communicationnel de la situation, ou pour la compréhension qu’on doit à des acteurs sociaux qui vous accueillent et qui vous font confiance. Une confiance visiblement mal placée.

par Igor BABOU


A lire sur Indiscipline !

Illustration : "Le poison" par René Magritte (1939)


[1] Je me souviens que le site Sauvons l’Université avait dressé la liste – fort longue - des articles et communiqués de presse refusés par la presse quotidienne. Si quelqu’un retrouve l’adresse de cette page, merci de me l’indiquer.

[2] http://www.contretemps.eu/recits/motions-emotions-retour-sur-mobilisation-dans-universites.

[3] Voir à ce propos le dossier d’Acrimed, qui, bien que très optimiste sur la proximité entre le monde universitaire et le monde de la presse, reste intéressant : http://www.sauvonsluniversite.com/s... Voir aussi le compendium de Sauvons l’Université : http://www.sauvonsluniversite.com/s... Enfin, sur le lexique de la « grogne », voir cet article de Muriel Florin qui n’échappe pas aux poncifs du genre : http://www.leprogres.fr/fr/permalie...

[4] Florin, Muriel, Postiers et enseignants dans la rue au nom du service public, Le Progrès, 24 novembre 2009 ; Florin, Muriel, Tollé autour du projet de réforme de la formation des enseignants, Le Progrès, 8 décembre 2009

[5] Florin, Muriel, Le président de Lyon 2 démissionnera en janvier, Le Progrès, 23 septembre 2009



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Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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