Les déterminants de l’abandon en thèse : étude à partir de l’enquête Génération 98 du Céreq

par Philippe Moguérou, Jake Murdoch, Jean-Jacques Paul | 10es Journées d’études Céreq – Lasmas-IdL, Caen, 21, 22 et 23 mai 2003
lundi 23 juin 2003
par  antonin
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Dans cet article, nous tentons de comprendre les déterminants de l’abandon en thèse et les facteurs susceptibles d’expliquer les raisons avancées par les doctorants pour justifier cet abandon, à l’aide de la base de données Génération 98 du Céreq.
La probabilité d’abandon en thèse est fortement affectée par la discipline du doctorat, les doctorants en sciences exactes ayant une probabilité bien plus faible d’abandonner en cours de thèse. Les doctorants justifient leur abandon en thèse majoritairement par des raisons d’emploi et par des raisons financières.

  Sommaire  

 Introduction

Dans cet article, nous tentons de comprendre les déterminants de l’abandon en thèse et les facteurs susceptibles d’expliquer les raisons avancées par les doctorants pour justifier cet abandon, à l’aide de la base de données Génération 98 du Céreq.

Un graphique instructif permet d’introduire la diversité des taux d’abandon, des durées de thèse et celle des taux de financements par allocation du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, sans que des relations simples et univoques puissent en être déduites, puisque le financement de la thèse n’est qu’un des éléments explicatifs du taux d’abandon et de la durée des thèses. Ce graphique souligne probablement plus la diversité des formes institutionnelles qui sous-tendent les disciplines scientifiques d’une part, et les sciences humaines et sociales d’autre part. Les premières sont caractérisées par des taux d’abandon en cours de thèse faibles (de 10 à 30 %), des durées moyennes de thèse également fables (3-3,5 ans) et des taux de financement par allocation MENRT élevés (30-50 %). Les lettres et sciences humaines et les sciences sociales sont en revanche caractérisées par des taux d’abandon plus élevés (autour de 60 %), des durées plus longues (autour de 5 ans) et des taux de financements par allocation plus faibles (autour de 10 %). Cependant, même au sein de ces deux grandes catégories, des disparités demeurent.

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Figure 1 – Taux d’abandon, durée moyenne des thèses et taux de financement par allocation MENRT par grande discipline
Source : Taux d’abandon, taux de financement par allocation du Ministère et, entre parenthèses, durées moyennes des thèses en année. Ces résultats proviennent de l’enquête rénovée du Ministère (enquête « Écoles Doctorales » 1999-2000) (Boulard, Méla, 2002).

Il s’agit alors de tenter de dénouer la complexité des facteurs susceptibles d’influencer abandon et durée des thèses [1]. Faute de données individuelles susceptibles d’être utilisées pour modéliser la durée des thèses et le taux d’abandon en thèse, nous tentons de comprendre, à l’aide de la base de données Génération 98 du Céreq, les déterminants du taux d’abandon en thèse.

 Conclusion

La probabilité d’abandon en thèse est fortement affectée par la discipline du doctorat, les doctorants en sciences exactes ayant une probabilité bien plus faible d’abandonner en cours de thèse. Mais des différences importantes par discipline sont également perceptibles au sein des deux grandes groupes sciences exactes et SHS. Concernant les caractéristiques socio-démographiques, le fait de vivre en couple ou d’avoir eu un enfant pendant la thèse augmente la probabilité d’abandon mais de façon différente selon le genre et la discipline. Le cursus avant thèse exerce un léger effet, alors que le genre et l’origine sociale n’ont que peu d’effets. Les doctorants justifient leur abandon en thèse majoritairement par des raisons d’emploi et par des raisons financières.

Philippe Moguérou, Jake Murdoch, Jean-Jacques Paul
IREDU-CNRS, Université de Bourgogne
Pôle AAFE – Esplanade Erasme – BP 26513
21065 Dijon cedex

Lire l’article complet ci-dessous :




[1] De nombreuses études américaines se sont intéressées à ces phénomènes (Jacks et al., 1983, Baird, 1990, Hanson, 1992, Tinto, 1988 et 1993, Golde, 1997 et 2000, Ferrer de Valero, 2001). Quelques études françaises ont également récemment vu le jour sur ces thèmes (Grivillers, Gugenheim, 2002 ; Boulard, Méla, 2002).



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Brèves

Le plus grand nombre de contractuels de la FPE est dans l’enseignement supérieur

vendredi 2 décembre 2011

Selon le Rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2010-2011, en 2009, (cf. tableaux p.261 et p.262) on dénombrait un total de 360 907 agents non-titulaires dans la Fonction Publique d’État (FPE). Sans compter les "Emplois statutaires de non-titulaires des ÉPA dérogatoires, dont : Pôle emploi, CROUS, INRAP, Agence de l’eau...". Pour comparaison, il y a 355 001 agents non titulaires dans la Fonction Publique Territoriale (tableau V 1.1-1, p.67).

  • 131 542 agents non-titulaires dans les différents ministères, correspondant à 107000 Équivalent Temps Plein.
  • 229 365 agents non-titulaires dans les EPA (Établissements Publics à caractère Administratif), 181807 ETP, sur un total de 348416 agents. Ce qui fait quasiment 3 fois plus de non-titulaires.
  • En 2009, il y avait 68 915 non-titulaires dans l’Éducation nationale et 75 884 dans l’Enseignement supérieur, soit le plus gros contingent de non-titulaires de tous les ministères (tableau 1.3-3, p.229).
Sur le Web : Lire sur POOLP

Droits d’inscription universitaires 2011-2012

lundi 1er août 2011

JORF n°0176 du 31 juillet 2011, page 13076, texte n° 13

Arrêté du 28 juillet 2011

  • Licence 177€
  • Master 245€
  • Doctorat 372€

Diplôme de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique et paramédicaux 177€, 2e cycle 245€...

Tous les détails pour les autres diplômes ci-dessous :

Sur le Web : Sur legifrance.gouv.fr

Section 19 du CNU, suite et pas fin (du tout)

samedi 18 juin 2011

Agora relance le dossier "auto-promotion" qui se déroule au sein de la section 19 du Conseil National Universitaire (CNU) :

Nous vous relayions il y a quelques jours la déclaration de professeurs siégeant au sein de la 19e section du CNU et dénonçant les nouvelles auto-promotions dont elle a été le théâtre. Pour compléter cette dernière, nous reproduisons, avec sa permission, la lettre ouverte qu’Alain Quemin a adressé à ses collègues. Voilà qui devrait alimenter les discussions au prochain Congrès de l’Association française de sociologie (AFS), début juillet à Grenoble, où les principaux intéressés ne seront malheureusement sans doute pas présents…

Sur le Web : La suite sur Agora

Répression policière à l’École Normale Supérieure

mardi 19 avril 2011

Communiqué du 19 avril 2011

Alors que les grévistes allaient entamer leur 100éme jour de grève et que les négociations avec la direction suivaient leur cours, la directrice de l’ENS, Monique Canto-Sperber, a décidé d’ordonner l’évacuation des locaux occupés par les grévistes et les étudiants qui soutenaient le mouvement. A 6h, les forces de l’ordre en nombre conséquent ont délogé les occupants sans sommation en défonçant la porte. 14 personnes ont été arrêtées et sont actuellement retenues au commissariat du 5éme arrondissement.

Après le référé au tribunal administratif et les menaces quotidiennes des huissiers, la direction de l’ENS franchit un pas de plus dans la répression de ses propres salariés précaires et étudiants syndiqués et non syndiqués. Le mouvement social est déterminé à continuer la lutte et ne cédera pas aux pressions comme aux menaces physiques.

Le comité de mobilisation de l’ENS


Le comité a appelé à un rassemblement de soutien aux interpelés qui sont sorti du commissariat vers 9h30, puis à une assemblée Générale à l’ENS (45 rue d’Ulm) à 12h.

Affaire Lorne : Valérie Pécresse missionne le recteur pour que soit lancée la procédure disciplinaire

lundi 18 avril 2011

Après le refus du président de l’université de Bretagne occidentale Pascal Olivard de saisir la section disciplinaire à l’encontre de Pascal David, président de la commission de spécialistes qui n’avait pas titularisé Marie-Claude Lorne, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche hausse le ton.

Valérie Pécresse a demandé, le 18 avril 2011, au tout nouveau recteur de l’académie de Rennes Alexandre Steyer "de saisir formellement le président de l’université de Bretagne occidentale pour qu’il engage les poursuites, et l’informer qu’à défaut il se substituera à lui pour initier la procédure devant la section disciplinaire, à l’expiration d’un délai d’un mois".
La ministre fait référence au décret du 13 juillet 1992 qui dispose qu’en "cas de défaillance de l’autorité responsable, le recteur d’académie peut engager la procédure après avoir saisi cette autorité depuis au moins un mois".
Valérie Pécresse souhaite ainsi que "la lumière soit faite sur les dysfonctionnements importants et les manquements, notamment à la déontologie universitaire commis lors de l’examen du dossier de titularisation, en 2008, de Marie-Claude Lorne". En attendant que la "mission sur l’éthique et la déontologie universitaires" ne fasse des propositions pour "garantir éthique et transparence à toutes les étapes de la carrière des enseignants-chercheurs".

EducPros, Sophie Blitman, 18.04.11

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