Introduction
Dans cet article, nous tentons de comprendre les déterminants de l’abandon en thèse et les facteurs susceptibles d’expliquer les raisons avancées par les doctorants pour justifier cet abandon, à l’aide de la base de données Génération 98 du Céreq.
Un graphique instructif permet d’introduire la diversité des taux d’abandon, des durées de thèse et celle des taux de financements par allocation du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, sans que des relations simples et univoques puissent en être déduites, puisque le financement de la thèse n’est qu’un des éléments explicatifs du taux d’abandon et de la durée des thèses. Ce graphique souligne probablement plus la diversité des formes institutionnelles qui sous-tendent les disciplines scientifiques d’une part, et les sciences humaines et sociales d’autre part. Les premières sont caractérisées par des taux d’abandon en cours de thèse faibles (de 10 à 30 %), des durées moyennes de thèse également fables (3-3,5 ans) et des taux de financement par allocation MENRT élevés (30-50 %). Les lettres et sciences humaines et les sciences sociales sont en revanche caractérisées par des taux d’abandon plus élevés (autour de 60 %), des durées plus longues (autour de 5 ans) et des taux de financements par allocation plus faibles (autour de 10 %). Cependant, même au sein de ces deux grandes catégories, des disparités demeurent.

- Figure 1 – Taux d’abandon, durée moyenne des thèses et taux de financement par allocation MENRT par grande discipline
- Source : Taux d’abandon, taux de financement par allocation du Ministère et, entre parenthèses, durées moyennes des thèses en année. Ces résultats proviennent de l’enquête rénovée du Ministère (enquête « Écoles Doctorales » 1999-2000) (Boulard, Méla, 2002).
Il s’agit alors de tenter de dénouer la complexité des facteurs susceptibles d’influencer abandon et durée des thèses [1]. Faute de données individuelles susceptibles d’être utilisées pour modéliser la durée des thèses et le taux d’abandon en thèse, nous tentons de comprendre, à l’aide de la base de données Génération 98 du Céreq, les déterminants du taux d’abandon en thèse.
Conclusion
La probabilité d’abandon en thèse est fortement affectée par la discipline du doctorat, les doctorants en sciences exactes ayant une probabilité bien plus faible d’abandonner en cours de thèse. Mais des différences importantes par discipline sont également perceptibles au sein des deux grandes groupes sciences exactes et SHS. Concernant les caractéristiques socio-démographiques, le fait de vivre en couple ou d’avoir eu un enfant pendant la thèse augmente la probabilité d’abandon mais de façon différente selon le genre et la discipline. Le cursus avant thèse exerce un léger effet, alors que le genre et l’origine sociale n’ont que peu d’effets. Les doctorants justifient leur abandon en thèse majoritairement par des raisons d’emploi et par des raisons financières.
Philippe Moguérou, Jake Murdoch, Jean-Jacques Paul
IREDU-CNRS, Université de Bourgogne
Pôle AAFE – Esplanade Erasme – BP 26513
21065 Dijon cedex
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