La Grève s’amplifie à l’Université de Montréal

Québec89 | 21/02/2010 | par Mélanie Thibault
mardi 23 février 2010
par antonin
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Vêtus pour la plupart d’une écharpe bleue les grévistes se mobilisaient devant le pavillon Marie-Victorin, vendredi, le 12 février dernier. Pour le syndicat des chargés de cours de l’Université de Montréal (SCCCUM), la grève se poursuivait même jusqu’à 22h. Une grève générale menacerait-t-elle de s’installer sur le versant ouest du mont Royal ?

Lundi et mercredi, les 15 et 17 février, deux débrayages des chargés de cours étaient entamés de 13h à 17h.

 Les revendications

Plusieurs points semblent diviser sérieusement la partie patronale et celle des chargés de cours. Le syndicat des chargés de cours de l’UdeM conseille aux étudiants de se référer au site web www.scccumennego.blogspot.com. Loin de se décourager, les étudiants approuvent pour la plupart la grève des chargés de cours, car elle vise principalement à réduire les groupes et à améliorer, par le fait même, la qualité de l’enseignement.

Le contrôle de taille des groupes est la raison principale évoquée par les chargés de cours pour faire la grève. Pour la direction, il n’est pas question d’augmenter le nombre de cours afin de diminuer le nombre d’étudiants par cours.

« Il n’y a pas de corrélation entre la charge de travail et le nombre d’étudiants »,

indique le porte-parole de la partie patronale de l’Université.

En regardant de plus près, plusieurs revendications méritent une attention particulière. Francis Lagacé, président du SCCCUM, explique à Québec 89 les raisons qui obligent les chargés de cours à se mobiliser.

« L’attribution des cours est répartie sans tenir compte de la précarité des chargés de cours, considérés comme des membres à simple emploi »,

précise-t-il.

« Nous voulons obtenir deux choix au premier tour d’affichage de postes pour un cours des professeurs permanents, comme notre statut est moins stable »,

ajoute-t-il.

De plus, pour une même tâche, un professeur perçoit 7,7% de rémunération supplémentaire par rapport aux chargés de cours.

« Nous demandons à recevoir le même salaire pour une tâche similaire »,

s’insurge M. Lagacé.

 Plus pour les futurs retraités

Le but de la grève est aussi d’améliorer la prime de départ à la retraite des chargés de cours. L’accès à la retraite est conditionné à 125 points d’ancienneté.

« Pour accumuler ce nombre de points, il faudrait en moyenne 62 ans et demi d’enseignement, ce qui forcerait la plupart des chargés de cours à enseigner jusqu’à 89 ans »,

calcule-t-il.

La direction suggère alors de diminuer le nombre de point à accumuler, mais en coupant de moitié la prime. Les chargés de cours refusent d’accepter cette proposition.

Une exonération des frais de scolarité pour les membres de la famille de l’enseignant est aussi sollicitée.

« Les mi-temps ont déjà accès à ça, alors que certains chargés de cours enseignent depuis plus de 25 ans »,

plaide M. Lagacé.

Une prochaine rencontre entre les deux parties est prévue pour mardi, le 23 février.

« Une décision s’impose. Si les choses n’avancent pas, il ne faut pas négliger l’idée d’une grève générale illimitée »,

admet la présidente de la SCCCUM.

 Lueurs d’espoir pour les chargés de cours

Les statistiques jouent en défaveur de l’Université de Montréal si la grève se poursuit, car les chargés de cours sont deux fois plus nombreux que les professeurs.

La direction de l’UdeM prétexte qu’elle a des difficultés financières. Elle refuse cependant d’inclure l’augmentation d’inscriptions d’étudiants à temps complet dans son budget actuel, ce qui correspond pourtant à 16 millions de dollars supplémentaires.

Les chargés de cours ne représentent que 5% de la masse salariale des ressources humaines totales, mais prodiguent 50% des cours au premier cycle. L’augmentation de salaires de la centaine de dirigeants de l’Université de Montréal totalisait 2 millions et demi de dollars en 2009.


Sur Québec89.ca

Illustration : "Intimate" par dechobek (sur www.deviantart.com)


Commentaires

Brèves

TAIWAN : Universities score poorly on student rights

lundi 30 août

[in University World News| Issue : 137 | 29 August 2010]

Seventy percent of universities included in a nationwide student rights evaluation received failing scores, reflecting a general disregard for student rights in Taiwan, reports the The China Post.

The evaluation, conducted among 65 universities around Taiwan by a panel of students, rated National Chung Cheng University best in terms of protecting student rights, with a score of 82.71. Tatung University received the lowest rating of 21.29. National Taiwan University - the country’s most distinguished academic institute - only ranked 13th, with a rating of 62.65.

The panel used 26 criteria to rate universities, including whether they locked their gates at night to prevent students from entering or exiting, strictness of dormitory regulations, gender equality and freedom of speech.

CHINA : Phd quantity surpasses quality

lundi 30 août

[in University World News| Issue : 137 | 29 August 2010]

With a rapid increase in the number of Chinese graduates enrolling in PhD programmes in the past decade, it seems the quality of education doctoral students receive is falling short, writes He Dan for the official agency Xinhua .

China replaced the United States to become the world’s top producer of doctorate holders in 2008, according to an Asia Times report. However, about 70% of employers complain that employees who hold PhDs show little innovation in their work, according to a recent survey.

The survey, which interviewed 1,392 PhD candidates, degree holders, professors and employers, found several flaws in postgraduate education, especially PhD programmes, in the country.

TAIWAN : PhDs more than double, but few job opportunities

lundi 24 mai

Taiwan has an increasing number of doctorate degree holders, yet it’s getting harder for them to find full-time professor jobs (…). Citing data from the Ministry of Education, the reports said PhD holders increased 2.5 times, from 13,000 to 33,000, between 1999 and 2009. However, job openings at colleges and universities did not catch up with the rise.

Recently, National Changhua University of Education and National Chiayi University received hundreds of applications from PhD holders for a few academic openings. Some of the applicants held doctorates from prestigious institutions in the US, UK and Germany. PHD holders without full-time professor jobs had to work as teaching assistants, or in administrative or secretarial jobs.

The reports cited Yang Yu-hui, deputy director of MOE’s Department of Higher Learning, as saying it is a little difficult for the ministry to set a limit on the number of PhD students universities can enrol each year. The ministry will ask college admissions boards to be more selective if there are too many PhD students there, she said.

Non-tenure survey mixed

vendredi 21 mai

Job security proves a worry, although flexibility is welcome.

Non-tenure-track academic researchers in science, technology, engineering and maths (STEM) in the United States had mixed feelings about their positions, says a survey released this month by the Center for the Education of Women at the University of Michigan at Ann Arbor. Respondents liked the flexibility of their positions and their freedom from the tenure process. But they were concerned about job security, generating funding, isolation on campus, unequal treatment compared to tenure-track faculty and lack of transparency about their contracts, titles and career progression. The centre interviewed 343 researchers from 12 universities. More than a third of all respondents worked in STEM.

Published in Nature 465, 385 (19 May 2010)

UdeM : fin de la grève des chargés de cours

dimanche 11 avril

Le conflit de travail à l’Université de Montréal (UdeM) est terminé. Les chargés de cours ont avalisé à 74% l’entente de principe intervenue la semaine dernière avec leur employeur, au terme d’une assemblée générale tenue dimanche matin.

Quatre cents syndiqués ont participé au vote. Du nombre, 290 ont voté pour l’entente et 105 ont voté contre. Cinq personnes se sont abstenues.Les employés de l’Université ont aussi convenu d’un protocole de retour au travail. Les cours reprendront donc demain.

(…)

Le retour au travail des enseignants permet de sauver la session de 26 000 étudiants de l’institution, dont les classes se termineront le 9 mai.

Les 2400 chargés de cours de l’Université de Montréal étaient en grève depuis le 24 février. Le comité de négociations du syndicat affilié à la CSN avait recommandé aux membres d’entériner l’accord intervenu en présence d’un conciliateur, après l’intervention de la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne.