Les revendications
Plusieurs points semblent diviser sérieusement la partie patronale et celle des chargés de cours. Le syndicat des chargés de cours de l’UdeM conseille aux étudiants de se référer au site web www.scccumennego.blogspot.com. Loin de se décourager, les étudiants approuvent pour la plupart la grève des chargés de cours, car elle vise principalement à réduire les groupes et à améliorer, par le fait même, la qualité de l’enseignement.
Le contrôle de taille des groupes est la raison principale évoquée par les chargés de cours pour faire la grève. Pour la direction, il n’est pas question d’augmenter le nombre de cours afin de diminuer le nombre d’étudiants par cours.
« Il n’y a pas de corrélation entre la charge de travail et le nombre d’étudiants »,
indique le porte-parole de la partie patronale de l’Université.
En regardant de plus près, plusieurs revendications méritent une attention particulière. Francis Lagacé, président du SCCCUM, explique à Québec 89 les raisons qui obligent les chargés de cours à se mobiliser.
« L’attribution des cours est répartie sans tenir compte de la précarité des chargés de cours, considérés comme des membres à simple emploi »,
précise-t-il.
« Nous voulons obtenir deux choix au premier tour d’affichage de postes pour un cours des professeurs permanents, comme notre statut est moins stable »,
ajoute-t-il.
De plus, pour une même tâche, un professeur perçoit 7,7% de rémunération supplémentaire par rapport aux chargés de cours.
« Nous demandons à recevoir le même salaire pour une tâche similaire »,
s’insurge M. Lagacé.
Plus pour les futurs retraités
Le but de la grève est aussi d’améliorer la prime de départ à la retraite des chargés de cours. L’accès à la retraite est conditionné à 125 points d’ancienneté.
« Pour accumuler ce nombre de points, il faudrait en moyenne 62 ans et demi d’enseignement, ce qui forcerait la plupart des chargés de cours à enseigner jusqu’à 89 ans »,
calcule-t-il.
La direction suggère alors de diminuer le nombre de point à accumuler, mais en coupant de moitié la prime. Les chargés de cours refusent d’accepter cette proposition.
Une exonération des frais de scolarité pour les membres de la famille de l’enseignant est aussi sollicitée.
« Les mi-temps ont déjà accès à ça, alors que certains chargés de cours enseignent depuis plus de 25 ans »,
plaide M. Lagacé.
Une prochaine rencontre entre les deux parties est prévue pour mardi, le 23 février.
« Une décision s’impose. Si les choses n’avancent pas, il ne faut pas négliger l’idée d’une grève générale illimitée »,
admet la présidente de la SCCCUM.
Lueurs d’espoir pour les chargés de cours
Les statistiques jouent en défaveur de l’Université de Montréal si la grève se poursuit, car les chargés de cours sont deux fois plus nombreux que les professeurs.
La direction de l’UdeM prétexte qu’elle a des difficultés financières. Elle refuse cependant d’inclure l’augmentation d’inscriptions d’étudiants à temps complet dans son budget actuel, ce qui correspond pourtant à 16 millions de dollars supplémentaires.
Les chargés de cours ne représentent que 5% de la masse salariale des ressources humaines totales, mais prodiguent 50% des cours au premier cycle. L’augmentation de salaires de la centaine de dirigeants de l’Université de Montréal totalisait 2 millions et demi de dollars en 2009.


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