La méritocratie dans les amphis

Direct matin plus | 19.09.2008 | N°320 | p.10
vendredi 19 septembre 2008
par  antonin

La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, crée une prime au mérite pour les étudiants. Un système calqué sur le modèle américain.

JPEG - 16.6 ko
Les universités doivent intégrer « la culture du résultat »
© N. TAVERNIER/REA

Après le bac et ses médailles, la méritocratie débarque dans les universités. Un changement qui va concerner les 2,2 millions d’étudiants qui font leur rentrée. Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, a annoncé hier la création d’une prime au mérite de 200 euros par mois pendant leurs trois ans de licence, pour les étudiants ayant eu une mention très bien au bac et dont les parents ne seraient pas imposables. Cette somme sera aussi allouée « pour les 5 % des meilleurs étudiants de licence, ou de BTS ou d’IUT pour leur master ». « L’idée est de récompenser l’effort et le mérite », a précisé la ministre. Après les établissements, ce sont donc les étudiants qui doivent maintenant se montrer méritants. En effet, le sort des universités est déjà soumis au jeu des récompenses:Valérie Pécresse a voulu, hier, doter financièrement les établissements « en fonction des efforts consentis », notamment en termes de projets.

Un modèle à l’américaine.
La ministre ne s’en est jamais cachée, le système américain, qui vise « l’excellence », l’inspire et nos universités doivent à leur tour intégrer « la culture du résultat ». Pour favoriser la naissance d’une élite républicaine et faire jouer l’ascenseur social, elle mise ainsi sur les bourses, qui ont augmenté de 2,5% en 2008 et qui devraient intégrer 50000 jeunes de plus cette année. Le nombre de boursiers passerait ainsi à 550000 et une augmentation serait prévue pour les 100000 étudiants les plus défavorisés. Un dispositif déjà très implanté outre-Atlantique. « Les Etats-Unis ont un réseau de bourses très important et leurs universités sont réputées pour faire émerger les meilleurs, quelles que soient leurs origines sociales et ce en dépit du coût faramineux des études supérieures », nous a expliqué le spécialiste des États-Unis Romain Huret, maître de conférences à l’université Lyon-II. Il tempère : « Encourager l’excellence est bon, mais l’État doit conserver un certain niveau d’investissement public pour que le système reste démocratique en période de récession économique. En effet, il faut éviter que les classes les plus défavorisées ne s’endettent trop lourdement pour financer les études. »

Aux Etats-Unis :

  • Entre 2500 et 6000 euros d’aides par élève sont délivrés chaque année dans les universités privées et publiques.
  • 30 000 euros : ce sont les frais de scolarité annuels dans les universités privées comme Harvard.
  • des étudiants en premier cycle universitaire contractent un emprunt pour poursuivre leurs études.

Contre l’échec en 1er cycle.
Un étudiant sur deux échoue avant la fin de la première année, pour des raisons financières, d’orientation ou de motivation. Pour les inciter à poursuivre leurs études, la ministre a annoncé que 730 millions d’euros seraient débloqués cette année. L’objectif est de diviser par deux d’ici à 2012 l’échec en premier cycle. Pour Jean-Baptiste Prévost, président de l’Unef, la nécessité porte d’abord sur l’adaptation du système à la réussite de tous les étudiants. « Stigmatiser ceux qui échouent est en total décalage avec la réalité et je m’interroge sur ce qui est sous-entendu derrière le terme “étudiants méritants”, précise-t-il. Cela veut-il dire que les autres sont feignants ou velléitaires ? » Il dénonce des « effets d’annonce alors qu’il est bien plus urgent de s’attaquer aux vraies réformes de fond, comme les 900 suppressions de postes dans le budget 2009 ».


L’article original sur le site

Pour Valérie Pécresse, l’Université française est obsolète. La seule chance pour rompre avec l’inefficacité est de copier le système américain. Quel analyse de la situation Mme la Ministre, bravo ! En route vers l’ "économie du savoir" ou la mercantilisation des universités française.

Il est inacceptable que les chercheurs et enseignant-chercheurs voient leur salaire réévalué par le biais des primes au mérite. Mais ne vous inquiétez pas : la prochaine génération sera déjà habituée à cela depuis leur plus tendre enfance estudiantine.

Le martelage continue pour Pécresse afin de faire passer la pilule auprès de l’opinion publique et des étudiant grâce à une carotte monétaire. Encore des promesses...

A voir également :



Commentaires

Agenda

<<

2014

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
31123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
2829301234

Brèves

Les coupes budgétaires pèsent sur la recherche académique américaine

jeudi 12 décembre 2013

Aux USA, les répercussions des coupes budgétaires fédérales pour la recherche académique sont bien visibles selon une études récentes :

  • moins de place pour les étudiants dans les labos (stages, doctorat, ...) : - 31% ;
  • moins de CDD à temps partiel : -30% ;
  • moins de postdoctorants : - 24% ;
  • moins de postes fixes dans 22% des cas.

Une recherche académique en récession aux USA...

Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février 2013

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
Sur le Web : Lire la suite sur SLR

Ouverture et répartition des 1000 emplois créés dans l’ESR

lundi 19 novembre 2012

Une cinquantaine d’universités se voit dotée de d’effectifs supplémentaires d’enseignants-encadrants pour 2013. Dans une lettre aux membres du CNESER, Simone Bonnafous, Directrice générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle (DGESIP), délivre leur répartition.

Les effectifs étudiants et des personnels universitaires en cette rentrée 2012

mercredi 19 septembre 2012

Année universitaire 2012-2013 :

Étudiants
63% des étudiants se forment à l’Université soit 1 511 100 étudiants :
Niveau licence 898 500 (59 %)
Niveau Master 547 000 (39%)
Doctorat 65 600 (4%)

Effectif des personnels de l’enseignement supérieur à la rentrée 2012-2013
3 180 nouveaux personnels titulaires ont été recrutés et prennent leurs fonctions à la rentrée 2012 :
1 650 enseignants-chercheurs et 1 530 personnels BIATOSS.

Enseignants-chercheurs : 56 416
Autres enseignants titulaires : 13 076
Personnels d’enseignement contractuels :14 887
Doctorats contractuels : 13 334
Total personnels d’enseignement et de recherche : 97 613

Personnels administratifs : 16 360
Personnels des bibliothèques : 4 620
Personnels ingénieurs techniques et ouvriers : 37 300
Personnels médico-sociaux : 550
Total personnels BIATOSS : 58 830

Effectifs totaux des personnels de l’enseignement supérieur à la rentrée 2012 : 156 443

Soutenir par un don