1 an après... Où en est la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche ?

Communiqué du 8 mars 2010
mardi 9 mars 2010
par  Collectif PAPERA
18 votes

Il y a un an, le 24 février 2009, une délégation du collectif PAPERA était reçue au ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) au sujet de la précarité dans l’ESR [1]. Ce rendez-vous avait été obtenu par nos « parasitages » répétés de la ministre, Valérie Pécresse [2]. Comme nous l’avons souligné avant et à maintes reprises, il ne s’agissait pas de négocier quoi que ce soit mais de pousser le ministère à prendre position sur certains points relatifs à la précarité dans l’ESR [3]. Un an après, l’intersyndicale semble découvrir le sujet de la précarité et s’en saisie. Suite à la conférence de presse du 8 février dernier, une délégation de l’intersyndicale a été reçue le 16 au ministère. La critique de cette rencontre que nous faisons ici nous laisse amers et consternés au point de nous demander qui méprise les précaires plus que l’autre.

 Un silence consternant de la communauté, des syndicats et des associations de titulaires

Malgré nos communiqués assez lapidaires, « Des précaires de l’ESR au ministère ! » (24/02/2009) et "Le ministère ne connait pas et n’entend pas la précarité de son personnel non titulaire !" (22/04/2009), un silence complet de la communauté a suivi notre rendez-vous ministériel de l’année dernière. Nous relations dans notre premier communiqué que « L’entretien que nous avons eu au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR) avec Pierre-Louis Fagniez, conseiller auprès de Valérie Pécresse, le 24 février dernier, nous a montré le fossé sidérant entre la réalité telle que nous la vivons et l’idée que s’en font les grands pontes du ministère. » . Quelques semaines plus tard, le ministère nous transmettait un rapport consternant, méprisant et souvent hors sujet sur la question de la précarité dans l’ESR. Aucun relai ou échos n’est fait alors dans la communauté de l’ESR malgré notre communiqué diffusé très largement.

Ce silence n’a pas empêché le collectif de se mobiliser en 2009 [4].

 Un questionnaire sur la précarité : un « outil » mal utilisé par l’intersyndicale »

Un an après… L’intersyndicale semble découvrir la précarité dans l’ESR publique et se saisie du sujet à travers une initiative locale (Centre Pouchet à Paris) devenue nationale et de son questionnaire établit à partir de témoignages volontaires. Comme nous l’avons déjà dit, ce travail sociologique sérieux est d’un grand intérêt bien que peu surprenant pour le collectif habitué aux faits mis en avant. Cependant, nous sommes plus critiques sur le positionnement de l’intersyndicale comme nous l’avons, dans un premier temps, énoncé par des commentaires sur la conférence de presse du 8 février dernier [5] : méconnaissance du sujet, peu de réalisme sur les moyens d’actions, revendications très limitées, …

Une délégation de l’intersyndicale constituée de 12 personnes a été reçue le 16 février dernier au MESR afin de remettre le rapport final. Dans un communiqué sur ce sujet [6], le collectif PAPERA s’est clairement détaché de cette démarche en ne soutenant pas la délégation avec pour critique majeure la faiblesse de la revendication portée : la titularisation massive des précaires de l’ESR. Avec une absence totale de rapport de force, cette délégation ne pouvait soutenir une telle demande et ne pourra rien obtenir. De plus, le seul rapport leur donnait-il une légitimité sur la question de la précarité ? Nous en doutons.

Résumé des positions et notes de l’intersyndicale lors de la réunion au MESR :

  • L’intersyndicale a demandé une réponse concrète du ministère dans les 30 jours.
  • La différence de chiffres entre ceux de l’intersyndicale, 45 à 50000 précaires dans l’ESRP, et ceux du ministère, 37000, n’est pas gênante car « [ils sont] du même ordre de grandeur » (sic) et « que c’est sans doute une question de périmètre » relate Patrick Monfort , responsable SNCS-FSU, à la sortie du ministère [7].
  • Le MESR, représenté par Philippe Gillet [8], affirme ignorer (ou feint) de ne pas connaître l’existence de prête-noms utilisés pour le paiement de vacataires [9]
  • L’intersyndicale s’étonne que le MESR soutienne l’existence d’une stabilité de la précarité depuis deux ans.
  • L’intersyndicale demande que les situations illégales soient traitées au plus vite. Impression de fin de non recevoir…
  • La demande d’un plan pluriannuel de recrutement est toujours ignorée.
  • L’intersyndicale n’obtient ni promesses chiffrées ni calendrier.

MESR :

  • Le ministère finalise sa propre enquête sur la « précarité » de laquelle il déduira une "gestion prévisionnelle des postes, discipline par discipline". Donc pas de propositions avant avril.
  • Philippe Gillet focalise la question de la précarité sur les chercheurs contractualisés sur des projets ANR [10] mais "qui ne méritent pas le nom de précaires puisque que 95% d’entre eux trouvent "du boulot" à la suite de leur CDD" [11].
  • Gel des suppressions de postes de 2010 et 2011 (sans promesse au-delà) .
  • Un projet baptisé "horizon de l’emploi scientifique" à recouper avec les priorités de la SNRI (Stratégie Nationale de Recherche et Innovation).
  • Préparation des arbitrages budgétaires pour le prochain plan triennal (2011-2013).
  • Les éventuelles décisions politiques ne seront prises qu’à partir de juillet.
  • Le MESR estime que l’ANR et la LRU (Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) sont des piliers contre la précarité dans l’ESRP.

Réponses de l’intersyndicale [7] :

  • « On [va] se préparer à un mouvement équivalent à celui de 2009 en 2011 vu l’effet induit  ».
  • « Il faut faire connaître le rapport ».
  • « [Sa] résolution à venir chercher les réponse dans quelques semaines ».
  • « [Cela laisse] peu d’espoir d’une amélioration rapide, même pour les situations les plus anormales .

 CONCLUSION

La délégation entendue au MESR est mise en situation d’échec. Elle n’a eu aucun contrôle sur la rencontre en se laissant couper toute initiative : pas de date décidée, calendrier établit par le MESR, un piège de la guerre des chiffres tendu par le MESR (dans le lequel l’intersyndical s’est engouffrée [12], … Le ministère impose, avec peu d’opposition, sa vision de qui est précaire et surtout qui ne l’est pas (les contractuels des projets ANR). Nous pouvons imaginer l’absence d’inquiétude du ministère devant une revendication aussi simple et récurrente que la demande d’un plan pluriannuel d’emploi qui est évincée ou ignorée sans grand remous depuis des années.

Le MESR n’a eu qu’a feindre de découvrir le sujet et n’a pas été contraint à prendre position sur la précarité. Le message délivré par le MESR est claire : il revendique ses propres outils de diagnostiques comme seule base de travail et il s’en servira selon son jugement pour ajuster les besoins en postes selon chaque discipline. Cette dernière stratégie permet d’ailleurs d’opposer ces différentes sections entres elles en détournant l’attention du problème de fond de la pénurie planifiée de postes dans l’ESRP. Plus généralement, la question de la précarité dans l’ESRP est reprise et élargie à l’ensemble de l’ESR, publique et privé, afin de discréditer toute revendication « restreinte » à un sous-ensemble. La référence au projet "horizon de l’emploi scientifique" couplé avec la Stratégie Nationale de Recherche et Innovation est dans ce sens un bel exemple de déplacement de la question de fond. Enfin, le MESR indique un premier retour de réponse "pas avant avril" puis des prises de positions et décisions "à partir de juillet". Ce calendrier imposé par le MESR est accepté à tort et par faiblesse par la délégation alors qu’il permet de gérer tranquillement les élections régionales de mars et de traiter une question aussi cruciale que la précarité dans l’ESRP en plein été qui est évidemment une période propice au travail efficace avec le plus grand nombre de collaborateurs. La manœuvre du ministère est un succès face à la délégation de l’intersyndicale peu préparée et peu pugnace.

La précarité est pourtant présentée comme dans une situation urgente par l’intersyndicale. Face à l’ignorance volontaire, voire méprisante, du travail du collectif PAPERA et d’autres collectifs ou associations (à Lyon par exemple) qui luttent contre la précarité dans l’ESR, l’intersyndicale montre que la précarité « mérite » d’être mise en avant et combattue uniquement lorsque les titulaires, les associations de titulaires et l’intersyndicale daignent en parler. Nos communiqués et le rapport du MESR sur la précarité aurait été assez instructifs pour cette délégation qui a fait preuve de crédulité, de manque de préparation et de laxisme face à des réponses du MESR toujours aussi méprisantes envers la précarité.

En constatant le déroulement de la rencontre de l’intersyndicale au ministère, nous suggérons une instrumentalisation de la précarité par l’intersyndicale pour remplir un vide revendicatif du moment ou pour renouveler ces membres par la "jeunesse". Les prochaines semaines nous diront si cela se confirme. Notez bien cependant, la menace d’un mouvement de grogne (grève ?) brandit par l’intersyndicale en... 2011 ! Pas d’erreur possible, l’intersyndicale invente la grève "en décalé" A ce demander qui méprise les précaires plus que l’autre.

La précarité est bien présente dans l’ESRP, insoutenable et grandissante. Le collectif PAPERA ne peut, quoiqu’il arrive, que demander aux précaires de se mobiliser pour l’abolir, porter leur propre parole et partager cette réalité solidairement. La lutte continue !

Le Collectif PAPERA.


Annexe : le communiqué de l’intersyndicale après la rencontre au MESR

À Mesdames et Messieurs les Journalistes :

Communiqué Enseignement Supérieur et Recherche

Après la remise du rapport de l’enquête précarité au Ministère, le faire connaître partout et se mobiliser

Les syndicats de la recherche et de l’enseignement supérieur (ESR) accompagnés des associations SLR et SLU ont porté le 16 février au ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur le rapport sur l’enquête précarité, effectué à la demande de l’Intersyndicale par des professionnels de la recherche et rendu public le 8 février 2010. Ils ont été reçus par le Cabinet de la ministre.

Les organisations syndicales et associatives de l’ESR ont demandé à cette occasion que le ministère s’engage d’ici un mois sur :

  • 1) des mesures immédiates pour que les droits des non titulaires soient respectés effectivement
  • 2) un plan pluriannuel de créations d’emplois statutaires permettant de résorber la précarité.

Des négociations pourraient alors être programmées pour discuter des modalités concrètes, y compris réglementaires (mesures statutaires, procédures spécifiques, ...) qui seraient nécessaires.

Le ministère ne conteste pas véritablement le chiffre de 50 000 précaires dans l’enseignement supérieur et la recherche publics avancé par l’Intersyndicale - il avance lui-même un chiffre de 37 000 -, ce qu’il conteste c’est la réalité de la précarité ! Pour lui, les chercheurs recrutés grâce aux financements de l’ANR ne sont pas des "précaires", ce sont des non-titulaires avec des contrats dont la durée est liée à celle des projets financés. Les enquêtes menées par l’ANR sur leur devenir à l’issue de leur contrat montrent qu’ils s’insèrent ensuite très bien. Quant aux autres catégories de personnels et aux multiples formes de précarité mises en lumière par l’enquête intersyndicale (ITA, vacataires, chargés de cours, ...), le représentant du cabinet ne semble même pas savoir qu’elles existent. Il ne tarit pas d’éloge sur les bienfaits de l’ANR et de la LRU qui selon lui, aurait évité l’accroissement de la précarité !

Le Ministère n’a pris, lors de cette réunion, aucun engagement. Il propose seulement aux syndicats de discuter courant avril d’un projet baptisé "horizon de l’emploi scientifique" à partir de l’étude qu’il a lui même réalisée sur "l’état des lieux de l’emploi scientifique" et qu’il prévoit de recouper avec les priorités de la SNRI (Stratégie Nationale de Recherche et Innovation). Ce travail est présenté comme une préparation des arbitrages budgétaires pour le prochain plan triennal (2011-2013). Les éventuelles décisions politiques ne seront prises qu’à partir de juillet.

Le Ministère confirme qu’il y aura bien "maintien de l’emploi" dans l’ESR en 2011, et considère comme "très favorable"... qu’il n’y ait pas de nouvelles suppressions d’emplois. La délégation a fait valoir le besoin de dizaines de milliers d’emplois budgétaires supplémentaires pour régulariser les précaires, remédier au sous-encadrement et faire face à l’accroissement des tâches.

Devant le refus d’entendre les demandes de l’Intersyndicale et des personnels, il est indispensable de faire connaître largement le Rapport de l’enquête précarité et ses conclusions ainsi que d’inviter à une mobilisation accrue de tous pour obtenir du ministère les réponses traduisant la prise en compte de ces exigences. Après la remise officielle du Rapport, l’Intersyndicale est résolue à venir chercher ces réponses dans quelques semaines.

Signataires :

FSU (SNESUP, SNCS, SNASUB) - CGT (SNTRS, FERC SUP) - UNSA (Sup’Recherche, SNPTES) - SGEN CFDT Recherche EPST - Sud Recherche EPST - SLR – SLU


Illustration : "The Big Washer" par Triagon (à voir sur DeviantArt.com)


[1] Tous les éléments de notre entretien au MESR dans la rubrique « Le collectif PAPERA demande des comptes au MESR »

[2] Lire nos comptes-rendus de certains de ces parasitages dans la rubrique « Les parasitages de Pécresse »

[3] Le collectif PAPERA avait effectivement mis sa démarche sous le titre « le collectif PAPERA demande des comptes au MESR »

[4] Voir un résumé dans « Les vœux du Collectif PAPERA pour l’année 2010 » mais a tout de même contribué à démobiliser, à démotiver, à décrédibiliser les précaires et leurs actions par eux-mêmes. Ceci a d’ailleurs beaucoup contribué à rendre éphémère la Coordination Nationale des Doctorants et Docteurs non titulaires [[Voir la rubrique de la CNDDNT

[5] Lire « Questionnaire sur la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche publique : rapport final et commentaires »

[6] Communiqué daté du 16 février et intitulé « Nous ne soutenons pas la délégation contre la "précarité" dans l’ESRP

[7] Propos recueillis par S. Huet et publiés sur son blog Science² le 17/02

[8] Directeur du cabinet de Pécresse, voir la constitution du cabinet

[9] Les vacataires de plus de 28 ans doivent obligatoirement avoir un emploi principal pour pouvoir être rémunérés par une université. Pour plus d’informations, lire Procédure de nomination des vacataires dans l’enseignement supérieur. Dans certains cas, un prête-nom de moins de 28 ans ou salariés permet de contourner les limites imposées par le décret.

[10] ANR : Agence Nationale de la Recherche

[11] Cf. rapport ANR sur le devenir des contractuels après un projet ANR, juillet 2009

[12] Lire notre introduction à cet article "Les chiffres de la précarité dans l’Enseignement supérieur et la Recherche : mode de calcul"



Commentaires

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samedi 1er mai 2010 à 19h01 - par  William Charton

"j’ajoute que si un syndicat s’est décidé à s"intéresser concrètement aux précaires depuis moins d’un an PAPERA n’y est pas pour rien."

Le secteur non fonctionnaire n’a en rien été créé en rapport avec Papera (si un collectif a joué un rôle c’est plutôt l’ancien Collectif Fle Fls) et il existe formellement depuis deux ans. Comme indiqué précédemment, j’ai proposé une rencontre avec votre collectif mais aucune suite n’a été donnée. J’aurais aimé subir vos critiques en face à face et non par écran interposé.

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samedi 20 mars 2010 à 14h55 - par  Avrel

Pour compléter la réponse d’Antonin, j’ajoute que si un syndicat s’est décidé à s"intéresser concrètement aux précaires depuis moins d’un an PAPERA n’y est pas pour rien.

Enfin je crois qu’il est assez juste de dire que "l’action syndicale" est très démobilisatrice en ce qu’elle prétends occuper un terrain de contestation alors qu’elle ne fait qu’avaliser les directives du MESR avec une vague résistance de forme.

Voir les actions symboliques, les journées de grève sans lendemain et autres revendications fourre-tout...

Notre collectif est certes petit, mais il est animé par et pour des précaires, il ne s’agit pas simplement de titularisation mais d’un projet de société, il ne s’agit pas seulement du mandarinat mais de la démocratie dans la recherche, il ne s’agit pas seulement de la situation de quelques uns mais du plus grand nombre...

C’est aussi pour cela que PAPERA s’intéresse à la situation d’autres pays, d’autres précaires et même des titulaires qui se posent de plus en plus la question de la portée de la dite "action" syndicale.

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jeudi 18 mars 2010 à 16h56 - par  antonin

Comme j’ai déjà répondu à votre précédent commentaire à notre communiqué "Nous ne soutenons pas la délégation contre la "précarité" dans l’ESRP" (16/02/2010) je me permet également de faire un copié/collé en réponse (incomplet par manque de place) :

« Tout d’abord, il y a un joyeux mélange de différents niveaux de considération : intersyndicale, un syndicat, un secteur, une personne, actions nationales et locales. Nous nous sommes bien placé dans un cadre général tout au plus ici dans ce communiqué Nous ne soutenons pas la délégation contre la "précarité" dans l’ESRP, avons-nous cité des propos de deux syndicalistes mais en sachant que ces dires sont soutenus de tous. Seul dans nos commentaires à la conférence sur la précarité (lire ici) nous avons fait une critique des quelques revendications de chaque syndicats (SLR et SLU n’ont pas pris ma parole). Par contre, OUI je pense que l’on peut utiliser le mot d’ordre "titularisation pour tous" comme seul argument clairement mis en avant vers la presse et un des rares communs à tous les syndicats. Les autres points étaient obscures, erronés parfois, peu crédibles, … La grande critique est l’absence totale de réflexion de fond sur la précarité et l’ESR en général d’ailleurs !! Les revendications des syndicats sont en décalage complet avec la réalité de l’ESR actuel. (...)

D’autre part, je ne vois pas pourquoi (faire de la pub ?) parler de la défense au quotidien des précaires du SNESUP et des syndicats ?? Nous le faisons aussi (de nombreux précaires nous contactent et nous retroussons nos manches pour eux souvent avec succès) même si nous n’avons pas vos chiffres élevés car nous n’avons pas de bureaux, pas d’avocats, de juristes, … Pas de subventions conséquentes (à part nos fonds de poches perso). Pas de décharges d’heures de travail pour cela. Donc je ne vois absolument pas ce que cela viens faire ici.

Malheureusement nous avions à maintes reprises sollicité divers syndicats de l’ESR à se joindre à nous sur des actions, à élaborer des projets ensembles, à relayer nos actions, … Lettres mortes ou des promesses sans suites. Voilà ce qui est advenu. Donc après nous n’avons plus voulu perdre notre temps à discutailler.

L’intersyndicale montre un division interne forte (au moins sur la précarité) avec des revendication résultantes de faible portée : où est l’intérêt ? Nous ne sommes pas sollicités pour discuter avant les réunions et conférence et en spectateur pendant… La précarité est très souvent discutée par des titulaires qui se servent de précaires comme des faire-valoir. Tout cela peut s’assimiler à du mépris…

La division nous ne la voulons pas. Mais il est faux de dire qu’elle ne sert que le ministère : elle sert aussi les gros syndicats à imposer leurs points de vue. »

Notre article n’est pas erroné sur : « On [va] se préparer à un mouvement équivalent à celui de 2009 en 2011 vu l’effet induit ». En effet il s’agit d’un propos d’un membre de la délégation. Par contre effectivement le texte d’appel de l’intersyndical (à lire ici) met bien en tête :

  • Un plan pluri-annuel de créations d’emplois de fonctionnaires correspondant aux besoins de formation et de recherche.
  • La résorption de la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche. dans le prolongement de l’enquête menée fin 2009

Dans une manif interprofessionnelle, des revendications aussi vagues et souvent présentes, texto pour le premier, depuis des années. Comment nous faire croire à la réelle motivation de l’intersyndicale ? La preuve en est le déroulement pathétique de la réunion au MESR et la mollesse ahurissante de l’intersyndicale devant les sbires de la ministre Pécresse. Si la situation est jugée avec gravité, pourquoi se laisser mener en bateau ? Pourquoi accepter des délais de réponse aussi longs ? A l’image de Patrick Monfort (SNCS FSU), qui ne cachait pas que la réunion laissait peu d’espoir d’une amélioration rapide, même pour les situations les plus anormales. Quel défaitisme ! Nous avions nous été beaucoup plus agressifs dans nos communiqués, il y a un an ! Mais sans échos nulle part...

Par contre nous reprocher nos critiques de l’intersyndicale est très mal venu car nous savons que les syndicats reprochent à PAPERA d’être aller "négocier" au ministère il y a un an. Que viennent-ils de faire dans ce cas ? Une séance de courbette et/ou de résignation devant le mur qui leur a été avancé ?

Cordialement,

Antonin, membre du collectif PAPERA

Logo de William Charton
jeudi 18 mars 2010 à 11h06 - par  William Charton

Comme je l’ai déjà indiqué ailleurs, votre texte soulève les difficultés du travail intersyndical, nécessaire mais qui a comme limite de ne porter comme revendications que ce sur quoi se sont entendues les organisations syndicales présentes.
Il est pourtant un peu simpliste de résumer l’intervention des syndicats à un seul mot d’ordre qui serait "titularisation pour tous". En tant que responsable du secteur non fonctionnaires du Snesup ayant été régulièrement en contact avec vous, vous savez que le Snesup porte bien d’autres revendications qui vont de contrats obligatoirement écrits à une limitation drastique du recours aux vacations, de la réduction du recours aux CDD au profit de CDI (pour simplifier : mêmes obligations pour l’employeur que dans le privé) à la nécessaire titularisation des personnels en place (puisque répondant à un besoin permanent des établissements).

Je rappelle que contrairement à votre suspicion d’instrumentalisation, les organisations syndicales oeuvrent chaque jour à la défense des personnels. En ce qui concerne le secteur non fonctionnaires du Snesup, il est pris en charge par des non titulaires pour des non titulaires. Nous aidons une dizaine de collègues non titulaires par semaine, collègues perdus dans les textes réglementaires ou en but à de fortes difficultés face à leurs employeurs. Les syndicats sont là pour que ces personnes dans des situations difficiles ne se sentent pas seules et trouvent aide et assistance.

Cela ne veut pas dire que les organisations syndicales sont exemptes de tout reproche. Nous pouvons toujours nous améliorer et dans l’optique d’écouter vos remarques, je vous ai plusieurs fois proposé de vous recevoir pour discuter de revendications à porter, je n’ai hélas pas eu de réponse positive à cette proposition. Je pense pourtant qu’il est nécessaire d’œuvrer ensemble et non pas collectifs contre syndicats car la division ne sert que le ministère.

Au passage, votre article est erroné puisqu’il ne faudra pas attendre 2011 pour une mobilisation mais bien le mardi 23 mars 2010, la précarité étant en tête des mécontentements affichés par les syndicats de l’ESR lors de la journée interprofessionnelle (il suffit de lire l’appel de l’intersyndicale).

Bien cordialement,

William Charton SDP non fonctionnaires - SNESup non-fonctionnaires snesup.fr

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Brèves

Le site du collectif revit en grande partie

mercredi 18 novembre 2009
Depuis deux jours, le site collectif PAPERA est à nouveau accessible. Les administrateurs techniques du collectif demandent de l’indulgence auprès des autres membres du collectif, des lecteurs assidus et occasionnels du site, des sympathisants, des collègues précaires ou non, et même au ministère qui avait perdu un moyen de nous observer facilement ;-).
Quelques soucis persistent : un caractère bogué, le "à", et des justifications de texte qui suppriment l’affichage de certains textes d’articles). Nous avons heureusement quitté notre hébergeur tortionnaire peu scrupuleux (OVH) pour infomaniak qui nous permet de vous offrir un site plus rapide.

Dans l’attente de la résolution complète des ennuis et même après, si des problèmes persistent, n’hésitez pas à nous les signaler.

Antonin,
Webmaster

Sur le Web : Contact

Le site de PAPERA en souffrance

vendredi 25 septembre 2009

Les membres du collectif PAPERA présentent leurs excuses aux lecteurs du site internet www.collectif-papera.org. Les fermetures répétées et longues du site sont principalement dues à un hébergeur assez autoritaire, peu compréhensif et motivé uniquement par le profit.
Le site riche en illustrations et très interactif mériterait des moyens techniques plus importants que nous ne pouvons financièrement pas nous permettre. Mais nous faisons de notre maximum pour que cela tourne !

Antonin,
Administrateur technique du site

P.S. : Si vous voulez vous lancer comme nous dans la création d’un site internet, n’allez pas chez OVH si vous tenez à vos cheveux ;-)

Et le site n’était pas accessible...

mardi 30 juin 2009

Suite à des fermetures intempestives par notre hébergeur (OVH), le site a été inaccessible pendant plusieurs jours. Nous nous excusons auprès de nos lecteurs assidus, sympathisants, curieux, ... et de nos rédacteurs.

Le problème semble réglé et l’origine déterminée (une erreur des techniciens d’OVH). Nous n’avons pas pu réagir plus vite car notre seul administrateur technique est un précaire autodidacte en administration de site (Antonin).

Si l’accès bloqué au site vous a paru pénible, peut-être êtes vous prêts à rejoindre l’équipe d’irréductibles précaires qui le font vivre ainsi que la cause défendue (Pour l’abolition de la précarité... PAPERA quoi !) ?? Ce n’est rien qu’un appel du pied, pas de panique ;-)

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