La chute de l’emploi des docteurs continue : le CIR mis en situation indiscutable d’échec

mardi 22 décembre 2009
par  antonin
18 votes

Les docteurs qui entrent sur le marché du travail dans le secteur privé en France prennent de face un vent contraire dans les offres d’embauche depuis plus d’un an. Un coupable tout trouvé : la crise financière mondiale.
L’exemple en Recherche et développement (R&D) de la fermeture de centres de recherche franciliens chez Sanofis-Aventis, géant pharmaceutique français d’envergure mondial, et le licenciement de 1200 personnes dont 850 chercheurs montre bien l’état critique de la recherche pharmaceutique française [1]. La crise a rendu très frileuses les entreprises en termes de R&D.
Les données chiffrées de l’ABG appuyés par ceux de l’APEC confirment bien cette tendance entamée depuis début 2008 en montrant que la crise a un effet dévastateurs sur l’emploi des docteurs. Cependant, ce constat grave passe à côté d’un autre point majeur : la mise en évidence de l’échec du crédit d’Impôt Recherche (CIR) mis en place par le gouvernement à coup de milliards.

Présentation des faits à travers quatre articles de l’ABG :



 L’emploi des docteurs gagné par la crise ?

par Christelle Poulain et Cécile Prévost

22 mars 2009

Conséquence de la crise financière, les perspectives d’emploi des cadres en Europe pour 2009 ne sont pas des plus optimistes. Nous avons souhaité à l’Association Bernard Gregory (ABG) faire un point sur le marché de l’emploi des jeunes docteurs.

Les offres comme indicateurs de marché

Nous nous sommes polarisés sur le nombre d’offres d’emploi publiées sur le site de l’ABG (www.abg.asso.fr) considérant qu’elles sont un indicateur de la conjoncture économique. Nous avons donc jeté un œil sur les deux dernières années de diffusion des offres en ne prenant en compte que les offres destinées à notre cible privilégiée, à savoir les docteurs avec moins de 5 ans d’expérience excluant ainsi les offres à l’adresse des seniors.

L’effet crise ?

Près de 9000 offres ont été publiées au cours des deux dernières années sur le site de l’ABG. Durant toute l’année 2007, et jusqu’au premier trimestre 2008 inclus, la tendance dans le dépôt des offres (toutes disciplines et tous métiers) était extrêmement dynamique : +20% sur cette période. En revanche depuis la fin du premier trimestre 2008, la dynamique s’est inversée et le nombre d’offres a décru progressivement (-9%). L’indicateur exposé prend en compte aussi bien les offres déposées par les entreprises privées que par les universités ou organismes publics. Or, l’emploi public est soumis moins immédiatement à la conjoncture économique que l’emploi dans les entreprises. Faut-il en déduire que l’emploi dans le secteur privé est en chute libre sur les trois derniers trimestres 2008 ?

Chute des CDI

Alors que le taux d’offres publiées par les entreprises privées a connu une très forte croissante (+30%) sur la première période (2007-fin 1er trimestre 2008), on constate un ralentissement de près de 10% depuis début 2008. Plus précisément, les entreprises maintiennent leur recrutement d’emplois temporaires (+4% de contrats à durée déterminée sur 2008), mais elles ont donné un coup de frein aux contrats à durée indéterminée (-15% au cours de ces derniers trimestres).

Recrutements en R&D peu touchés

Tous les métiers ne sont pas touchés de la même manière par la crise. En examinant de plus près les offres du secteur privé publiées par l’ABG, on remarque que les métiers de l’ingénierie et de l’informatique, qui ont connu ces dernières années une pénurie de main-d’œuvre ont offert moins d’opportunités en 2008. En revanche, les métiers liés aux conseils, expertises et études ainsi que ceux liés à la R&D ont maintenu, sur la même période, leur niveau d’offres. L’innovation resterait-elle une valeur sûre pour sortir de la crise ?

Le point de vue d’Isabelle Augustins, consultante, Cabinet Hudson
Le secteur privé connaît aujourd’hui une décroissance de ses recrutements de 10 à 20% comparativement à 2008. Toutes les fonctions sont touchées à l’exception de la R&D. L’APEC constate une hausse des offres en R&D de 10% en novembre dernier, par rapport à novembre 2007. Avec la crise, la compétition s’accentue et le rôle fondamental de la R&D s’en trouve encore accru. Même le secteur de l’automobile en forte chute aujourd’hui (-26% en un an), qui représente en France la première dépense de R&D dans l’industrie, mise sur l’innovation. C’est une question de survie. Les contraintes environnementales constitueront un moteur important de l’innovation. La recherche dans les secteurs de l’énergie, notamment nucléaire et renouvelable, aura probablement le vent en poupe… A suivre.

 Emploi : la R&D accuse le coup

2 novembre 2009

Selon les chiffres de l’APEC, les offres d’emplois en recherche et développement ont reculé de 37% par rapport à l’an passé.

D’après le baromètre de l’APEC, principal indicateur du marché de l’emploi des cadres, la R&D subit la crise de plein fouet.[Note de PAPERA : voir la note conjoncturelle N°29 du 4e trimestrielle 2009 de l’APEC ]]

L’association vient de publier sa note trimestrielle de conjoncture qui donnent des chiffres concernant le troisième trimestre 2009 et que l’on compare avec la même période en 2008.

Concernant les postes, la fonction « recherche, développement », qui représente 15% des offres, voit le nombre d’offres passer de 12 872 à 8 104 (-37%), soit la deuxième plus forte baisse, après les services techniques. Une tendance que confirme les chiffres de l’ABG avec -11,2% d’offres d’emploi sur la période allant de janvier à septembre 2009, par rapport à 2008.

Du côté des employeurs, dans les secteurs d’activité, la catégorie « Ingénierie – R&D, audit-conseil » est en baisse de 23%, une baisse inférieure à la moyenne. Selon l’APEC, « celle-ci est principalement due auÉ secteur de l’Ingénierie dont le volume d’offres cadres diminue de 31 %, tandis que dans le domaine du Conseil aux entreprises le recul est de 16 %. »

Du positif sur les recrutements

Pour ce secteur, les prévisions viennent apporter une note d’espoir : les entreprises qui ont recruté au moins un cadre au troisième trimestre ont été plus nombreuses que prévu (55% au lieu des 40% annoncés). Et pour le quatrième trimestre, elles sont 51% à prévoir de recruter, en hausse de deux points par rapport à 2008.

Globalement, au troisième trimestre 2009, seules 46% des entreprises interrogées ont recruté un cadre, soit le plus mauvais résultat depuis 2002, alors que le nombre d’offres d’emploi a baissé de 28% par rapport à la même période en 2008. Pour rappel, au deuxième semestre, le recul avait été de 34%. Parallèlement, le nombre de candidatures par offre ne cesse d’augmenter : 48 candidatures au premier semestre 2009, contre 34 il y a un an.

 Insertion professionnelle : Les masters s’en sortent mieux que les docteurs

Julien Calmand, Ingénieur d’études au Céreq et Dr Evelyne Jardin
8 décembre 2009

En France, l’insertion des docteurs reste difficile. Néanmoins, tout dépend de sa spécialité et de son financement de thèse.

Même si le doctorat est le diplôme universitaire le plus élevé, les enquêtes du Centre d’Etudes et de Recherches sur les Qualifications (Céreq) montrent, depuis plus d’une décennie, que l’insertion des docteurs demeure difficile, comparée à celle des diplômés de Master.
En 2007, si seulement 6% des Masters diplômés en 2004 étaient au chômage trois années après la sortie de leurs études, près de 10% des titulaires d’un doctorat (hors médecine) l’étaient encore.

La précarité ne les épargne pas non plus : 27% des docteurs diplômés en 2004 étaient en contrat à durée déterminée en 2007, un pourcentage en hausse continue depuis 2001.

Le plus souvent, ces docteurs travaillent dans le secteur public avec un contrat d’Attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) ou en post-doctorat, attendant leur titularisation sur un poste de maître de conférences (« MCF » dans le jargon) dans un établissement de l’enseignement supérieur ou de chercheur dans un organisme de recherche public.

En effet, au moment de leur soutenance, 73% des docteurs déclaraient souhaiter demeurer dans le secteur public. Cependant, les places y sont rares : guère plus de 2000 postes de MCF par an, alors la concurrence est rude. En moyenne (toutes disciplines confondues), plus de 50% des docteurs intègrent en France, le secteur public de l’enseignement et de la recherche. Néanmoins, certains docteurs s’insèrent majoritairement dans le privé. En fait, tout dépend de leur spécialité et de leur mode de financement de thèse.

Dans les entreprises

Les docteurs en sciences pour l’ingénieur et en chimie s’insèrent majoritairement dans le secteur privé alors que leurs collègues en Lettres et sciences humaines demeurent dans le public, mais pas nécessairement dans l’enseignement supérieur ou la recherche.

Pour les docteurs ayant bénéficié d’un financement de thèse de type Convention Industrielle de Formation par la Recherche (« Cifre » en abréviation) et ayant effectué leur thèse entre un laboratoire public et une entreprise, la carrière s’effectue pour 62% d’entre eux dans le secteur privé, dix ans après la fin de la thèse.

De plus, ces docteurs connaissent moins le chômage et la précarité après l’obtention de leur diplôme. Bref, dans une ambiance plutôt maussade, certains docteurs (déjà ingénieurs et/ou avec une thèse Cifre) s’en sortent quand même bien en France.

Chiffres clef
  • Nombre de doctorants : 72 000 (année universitaire 2008/2009)
  • Nombre de docteurs diplômés par an (non compris la médecine) : 9 000 En moyenne, 46 % d’entre eux s’insèrent dans le secteur privé, trois années après leur soutenance de thèse

Sources

  • Sarah Fornier, Les docteurs en CIFRE restent aussi attachés à la recherche publique, Docteurs&Co n°23, septembre 2009
  • Association Bernard Gregory, Les chiffres de l’ABG, Docteurs&Co n° 20, décembre 2008
  • Patrick Montjourides et Julien Calmand, Docteurs, génération 2003, IREDU, 2007
  • Jean-François Giret, De la thèse à l’emploi. Les débuts professionnels des jeunes titulaires d’un doctorat, Bref n° 220, juin 2005

 L’emploi des docteurs gagné par la crise

Dr Evelyne Jardin et Cécile Prévost
Décembre 2009 | Docteurs & Co n°24 | p.3

La R&D est-elle épargnée par la crise ? Pas vraiment, et les emplois hors R&D (conseil, commerce) non plus.

Dans le numéro de mars,nous avions interrogé le service emploi de l’Association Bernard Gregory (ABG) pour prendre le pouls de l’emploi des docteurs dans le contexte de crise économique.Le premier bilan était en demi-teinte avec un coup de frein sur les embauches en CDI (contrat à durée indéterminée) et le maintien d’un assez bon niveau d’offres d’emploi dans la R&D (Recherche et Développement) et le conseil.Fin septembre, nous avons demandé au service emploi de l’ABG de relever de nouveau les compteurs. Malheureusement, la première tendance est confirmée et, en plus, la seconde est infirmée.

Les offres d’emploi

Entre janvier/septembre 2008, et la même période en 2009, le nombre d’offres d’emploi déposées sur le site de l’ABG a baissé de 11,2%.Cette chute affecte particulièrement les offres qui proposent des contrats de droit privé (CDD et CDI confondus) : -17%, contre -2% sur les offres qui proposent des contrats de droit public. En regardant d’encore plus près ce qui se passe dans le privé, on constate aussi que la nature des contrats proposés a radicalement changé. Sous l’effet de la crise économique, les embauches s’effectuent à une écrasante majorité en CDD…Dans l’attente de la reprise ? Quels secteurs d’activité ont freiné leurs embauches ? En premier lieu l’ingénierie, et tous les métiers liés à la production sont très touchés par la crise avec une baisse de 58% des offres déposées dans le domaine.Le commerce (-39%), le conseil et la R&D (-22%) sont aussi sinistrés. Seule l’informatique tire son épingle du jeu avec une hausse des offres déposées de 21%.

Les recrutements

JPEG - 13.2 ko Entre janvier et septembre 2009, en pleine période de crise, 600 docteurs inscrits à l’ABG nous ont fait part de leur embauche dans le privé ou le public. Sur ces 600 heureux élus, 18% ont déclaré avoir trouvé un emploi en CDI, contre 41% l’année dernière, sur la même période (voir graphiques). Le changement de nature des contrats d’embauche se confirme sur les recrutements.Bref, l’ambiance n’est pas très joyeuse,mais en décembre 2005, nous écrivions :« Dans les périodes de dépression économique, comme en 1996 ou pire, en 2003, les possibilités d’insertion dans les entreprises se sont contractées et cela se voit ». Quatre ans plus tard,nous pourrions réécrire ces lignes en annonçant en plus une précarisation de l’emploi des jeunes docteurs dans le secteur privé,une caractéristique du public jusqu’alors.



 Le Crédit d’Impôt Recherche en quelques mots

Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) est une incitation fiscale mise en place par le gouvernement dont la loi qui l’a instauré a été revue en 2008 afin que les dégrèvements fiscaux soient calculés sur l’intégralité des sommes consacrées à la recherche [2] et pas uniquement les investissements. Officiellement [3], le CIR a pour but de maintenir sur le territoire français des centres de recherche, d’augmenter l’attractivité de la France en R&D conduites à l’étranger par des entreprises multinationales, d’accroître l’effort d’innovation des PME et enfin d’améliorer les liens entre la recherche publique et privée. L’État a déboursé 3,8 milliards en 2009 pour le CIR avec la « promesse » d’un retour sur investissement pour l’économie, l’innovation et même la recherche publique ! Le gouvernement a bien sûr profité de l’aubaine pour injecter l’investissement du CIR dans les chiffres communiqués du budget de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) laissant croire ainsi aux personnes non averties et à l’opinion publique que ce ministère (MESR) dispose de sommes colossales pour l’ESR publique. Il n’en est rien et ce sont les entreprises qui raflent la mise alors même que les textes sont formels : « Nul n’est besoin de faire de la recherche appliquée ou fondamentale pour bénéficier de cette disposition fiscale »… Il est même possible pour les entreprises de trouver des conseils pour bien exploiter ce filon lucratif [4].

Malgré un martelage récurrent de la réussite du CIR par le MESR, par sa ministre Valérie Pécresse elle-même et aussi par Sarkozy, il n’y a en réalité aucun système compétent et fiable d’évaluation mis en place pour l’attester. Pécresse a dernièrement annoncé une évaluation du CIR en 2010Le crédit impôt recherche fera l’objet en 2010 d’un rapport d’évaluation, a promis lundi 9 novembre 2009 à l’Assemblée nationale Valérie Pécresse, lors de son audition en commissions sur les crédits 2010 de son ministère.]], ce qui apparaît scandaleusement tard au regard des sommes colossales en jeu. En attendant, la confusion règne à l’image de la réponse « chiffres à l’appui » de Pécresse au Sénat [5] à la séance du 24 juin dernier qui a été contredite par le rapport de Gilles Carrez, rapporteur général du budget (UMP) rendu quelques jours plus tard le 2 juillet [6]. Analyste hors pair des budgets du MESR, Henri Audier [7] va jusqu’à dénommer le CIR comme « une escroquerie aux fonds publiques » [8].

 L’échec du Crédit d’Impôt Recherche

Un autre objectif du CIR fixé par le gouvernement en 2008, mais peu suivi ou discuté, est celui d’augmenter l’embauche des docteurs par une incitation fiscale. En effet, le CIR autorise à considérer pour le calcul de la déclaration fiscale le double du montant les dépenses en salaire qui concernent des docteurs (ou diplôme équivalent) pendant les 24 premiers mois embauché uniquement en CDI ainsi qu’à 200% le taux forfaitaire des frais de fonctionnement des docteurs. Le MESR, sa ministre et Sarkozy voient dans cette incitation à l’emploie de docteurs une formidable arme anti-crise. Un argument de vente de plus pour le CIR et sa gélule de plusieurs milliards à avaler...

L’APEC et l’ABG constatent donc, comme nous l’avons vu ci-dessus, une dégradation majeure de l’emploi des docteurs depuis 2008. Ces associations concluent toutes deux que ce phénomène est lié à la crise économique et financière qui se développe début 2008. Cependant aucune de ces associations ne discute l’impact du CIR et de son incitation fiscale à l’embauche de docteurs sur les tendances de recrutement. D’après les chiffres, la baisse massive des recrutements de docteurs n’est pas contrecarrée par l’incitation fiscale très importante du CIR qui permet tout de même de n’avoir qu’un coût salarial du doctorant de seulement 40% pendant 24 mois pour les entreprises. Le CIR est donc bien en situation d’échec en ce qui concerne le recrutement de docteurs. Cela est d’autant plus vrai qu’en fait il faut considérer cet échec plus cuisant encore que les -37% d’offres de l’APEC annoncent puisque l’ABG montre que ces offres ne débouchent à 82% que sur des CDD en 2009 (à opposer aux 59% de 2008). Étant donné l’obligation d’une contractualisation sur CDI pour bénéficier du CIR , force est donc de constater que cette mesure fiscale ne réussit donc pas à inciter les entreprises à recruter des docteurs et quand cela le contrat signé n’est dans la majorité des cas pas un CDI. quel rejet fdu CIR ! D’ailleurs, en période de crise, la R&D n’est pas l’activité forcément privilégiée du secteur privé vu l’investissement nécessaire et la part de risque que cela implique. Qui voudrait croire que le gouvernement n’aurait pas anticipé ce comportement par excès d’enthousiasme ou par naïveté ?

par Antonin,
Membre du collectif PAPERA


Illustration de tête d’article : "échec et mat" de Marie-Hélène Viera da Silva


[1] Sanofis-Aventis représente 50% des effectifs en R&D du secteur pharmaceutique français

[2] Le CIR peut aller jusqu’à 30% du budget Recherche et Développement d’une entreprise, dans la limite de 100 millions d’euros.

[3] Cf. le rapport du MESR sur la précarité demandé par le collectif PAPERA suite à l’entretien du 24 février 2009

[4] À lire ou relire : "Crédit impôt recherche ? Les chiffres choc...", 29 février 2009

[5] Questions posées par les sénateurs Ivan Renar, Serge Lagauche, Christian Gaudin, Jean-Claude Etienne et Françoise Laborde

[6] Le rapport Carrez montre que le CIR engage des sommes publiques considérables qui bénéficient à plus de 80% à des entreprises de plus de 250 salariés et que ce sont "les secteurs de la finance de la banque et de l’assurance qui en profitent prioritairement bien avant l’industrie"

[7] Membre du syndicat SNCS et de SLR

[8] « Crédit d’impôt recherche : jusqu’où ira cette escroquerie aux fonds publics ? », Henri Audier, le 16 septembre 2009



Commentaires

Logo de antonin
lundi 10 mai 2010 à 14h57 - par  antonin

Wouah ! Les docteurs ne sont que des imbéciles à vous lire... Incapables de saisir rien que le "début de mécanisme microéconomique" d’une entreprise ! Vite la solution pour les docteurs qui ne restent pas dans l’académie : créer des centres pour autistes universitaires. Capable de prouesses scientifiques et des crétins pour tous le reste. Quel jugement destructeur ! D’ailleurs vous sortez ça d’où ? Actuellement un labo est quasi une microentreprise avec des contraintes financières et temporelles liées à l’invasion massive de la recherche sur projet et de l’évaluation à outrance. Pour avoir gérer un projet de recherche avec un budget à tenir, des fournisseurs à gérer (les autistes c’est eux pour moi), une stratégie à tenir, des délais et un actionnaire bête mais qui veux du retour sur investissement (mon dirlo de labo), je pense que si je devais aller dans une entreprise je pourrais sans me faire greffer un nouveau cerveau, sans coûter des millions de formation et sans trop de soucis comprendre la "microéconomie" de mon environnement.

Dire que le CIR est bien car ce n’est qu’un juste retour pour les entreprises qui "créent les richesses dont la recherche académique a besoin à travers nos impôts pour faire son boulot. et qu’elle ne vole pas" est... désolé "ça me trou le c...". Je ne peux dire autrement. Il n’y a aucun "combat" vis-à-vis de l’entreprise mais le "monolithisme à pensé unique et dogmatique" est de son côté. Les docteurs sont ouverts au monde du privé mais peu inversement.

Ce n’est pas vraiment aux formateurs de docteurs d’aller au Canada et en Allemagne mais au ministère et au gouvernement qui comprendrait alors que faire des cadeaux fiscaux aux entreprises est une très mauvaise manière d’investir l’argent des contribuables. Et aux USA où la formation des docteurs est tout ce qu’il y a de plus académique, les docteurs n’ont pas de grandes difficultés à rejoindre le monde de l’entreprise. Les docteurs français auraient un gène de la "stupidité en microéconomie" ?

Cordialement,

Antonin

Logo de guy Walter
lundi 10 mai 2010 à 13h51 - par  guy Walter

conclure de l’évolution des chiffres de recrutement de docteurs dans l’industrie que le CIR n’est pas incitatif dans ce domaine est certes juste. mais le vrai sujet de méditation pour les chercheurs académiques que nous formons n’est pas de se poser des questions sur un CIR qui a pour objet, atteint, de soutenir les dépenses de R&D des entreprises, mais pourquoi les industriels préfèrent embaucher des ingénieurs sans aide exceptionnelle pour réaliser ces travaux plutôt qu’eux malgré l’incitation financière qui devient insolente puisqu’elle rembourse plus qu’ils ne coûtent à l’entreprise. La réponse est toutefois simple : les coûts indirects liés à l’adaptation au monde industriel d’un chercheur académique est astronomique, puisque très souvent cela commence par modifier son incapacité à comprendre un début de mécanisme microéconomique au niveau de l’entreprise...quand il ne se trompe pas d’objectif en...combattant l’entreprise...
et le CIR serait une mauvaise mesure ? seulement pour ceux qui se trompent de cible. Mais pas pour ceux qui aujourd’hui créent les richesses dont la recherche académique a besoin à travers nos impôts pour faire son boulot. et qu’elle ne vole pas ; mais merci de penser un peu qu’une Nation n’est pas un monolithe à pensée unique et dogmatique ! alors, les formateurs de docteurs qui n’ont pas vécu une seconde de leur vie en entreprise seraient bien inspirés de faire un tour à l’étranger pour voir comment en Allemagne ou au Canada le mot R&D sait se conjuguer avec tous les acteurs...mais sans politique en général.

Agenda

<<

2014

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
31123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
2829301234

Brèves

Le plus grand nombre de contractuels de la FPE est dans l’enseignement supérieur

vendredi 2 décembre 2011

Selon le Rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2010-2011, en 2009, (cf. tableaux p.261 et p.262) on dénombrait un total de 360 907 agents non-titulaires dans la Fonction Publique d’État (FPE). Sans compter les "Emplois statutaires de non-titulaires des ÉPA dérogatoires, dont : Pôle emploi, CROUS, INRAP, Agence de l’eau...". Pour comparaison, il y a 355 001 agents non titulaires dans la Fonction Publique Territoriale (tableau V 1.1-1, p.67).

  • 131 542 agents non-titulaires dans les différents ministères, correspondant à 107000 Équivalent Temps Plein.
  • 229 365 agents non-titulaires dans les EPA (Établissements Publics à caractère Administratif), 181807 ETP, sur un total de 348416 agents. Ce qui fait quasiment 3 fois plus de non-titulaires.
  • En 2009, il y avait 68 915 non-titulaires dans l’Éducation nationale et 75 884 dans l’Enseignement supérieur, soit le plus gros contingent de non-titulaires de tous les ministères (tableau 1.3-3, p.229).
Sur le Web : Lire sur POOLP

Droits d’inscription universitaires 2011-2012

lundi 1er août 2011

JORF n°0176 du 31 juillet 2011, page 13076, texte n° 13

Arrêté du 28 juillet 2011

  • Licence 177€
  • Master 245€
  • Doctorat 372€

Diplôme de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique et paramédicaux 177€, 2e cycle 245€...

Tous les détails pour les autres diplômes ci-dessous :

Sur le Web : Sur legifrance.gouv.fr

Section 19 du CNU, suite et pas fin (du tout)

samedi 18 juin 2011

Agora relance le dossier "auto-promotion" qui se déroule au sein de la section 19 du Conseil National Universitaire (CNU) :

Nous vous relayions il y a quelques jours la déclaration de professeurs siégeant au sein de la 19e section du CNU et dénonçant les nouvelles auto-promotions dont elle a été le théâtre. Pour compléter cette dernière, nous reproduisons, avec sa permission, la lettre ouverte qu’Alain Quemin a adressé à ses collègues. Voilà qui devrait alimenter les discussions au prochain Congrès de l’Association française de sociologie (AFS), début juillet à Grenoble, où les principaux intéressés ne seront malheureusement sans doute pas présents…

Sur le Web : La suite sur Agora

Répression policière à l’École Normale Supérieure

mardi 19 avril 2011

Communiqué du 19 avril 2011

Alors que les grévistes allaient entamer leur 100éme jour de grève et que les négociations avec la direction suivaient leur cours, la directrice de l’ENS, Monique Canto-Sperber, a décidé d’ordonner l’évacuation des locaux occupés par les grévistes et les étudiants qui soutenaient le mouvement. A 6h, les forces de l’ordre en nombre conséquent ont délogé les occupants sans sommation en défonçant la porte. 14 personnes ont été arrêtées et sont actuellement retenues au commissariat du 5éme arrondissement.

Après le référé au tribunal administratif et les menaces quotidiennes des huissiers, la direction de l’ENS franchit un pas de plus dans la répression de ses propres salariés précaires et étudiants syndiqués et non syndiqués. Le mouvement social est déterminé à continuer la lutte et ne cédera pas aux pressions comme aux menaces physiques.

Le comité de mobilisation de l’ENS


Le comité a appelé à un rassemblement de soutien aux interpelés qui sont sorti du commissariat vers 9h30, puis à une assemblée Générale à l’ENS (45 rue d’Ulm) à 12h.

Affaire Lorne : Valérie Pécresse missionne le recteur pour que soit lancée la procédure disciplinaire

lundi 18 avril 2011

Après le refus du président de l’université de Bretagne occidentale Pascal Olivard de saisir la section disciplinaire à l’encontre de Pascal David, président de la commission de spécialistes qui n’avait pas titularisé Marie-Claude Lorne, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche hausse le ton.

Valérie Pécresse a demandé, le 18 avril 2011, au tout nouveau recteur de l’académie de Rennes Alexandre Steyer "de saisir formellement le président de l’université de Bretagne occidentale pour qu’il engage les poursuites, et l’informer qu’à défaut il se substituera à lui pour initier la procédure devant la section disciplinaire, à l’expiration d’un délai d’un mois".
La ministre fait référence au décret du 13 juillet 1992 qui dispose qu’en "cas de défaillance de l’autorité responsable, le recteur d’académie peut engager la procédure après avoir saisi cette autorité depuis au moins un mois".
Valérie Pécresse souhaite ainsi que "la lumière soit faite sur les dysfonctionnements importants et les manquements, notamment à la déontologie universitaire commis lors de l’examen du dossier de titularisation, en 2008, de Marie-Claude Lorne". En attendant que la "mission sur l’éthique et la déontologie universitaires" ne fasse des propositions pour "garantir éthique et transparence à toutes les étapes de la carrière des enseignants-chercheurs".

EducPros, Sophie Blitman, 18.04.11

Sur le Web : Sur EducPros.fr
Soutenir par un don