"Le Papy Boom universitaire"

Sur Fabula | 27 septembre 2009 | par Alexandre TYLSKI
mercredi 25 novembre 2009
par  antonin
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"Le Papy Boom universitaire". Ou l’art de ne pas passer le flambeau...

Depuis des années on le sait, et dans presque tous les pays, les universitaires peinent parfois à quitter leur(s) fonction(s) arrivés à l’âge de 60 ans. Les raisons sont multiples : un métier a priori moins éprouvant physiquement que celui d’un ouvrier d’usine ou de chantier, ou encore des acquis intellectuels précieux pour la communauté scientifique.

Pourtant, à la différence d’autres corps de métier, un(e) universitaire peut poursuivre son métier, ses recherches, ses échanges et sa transmission, sans être nécessairement en poste à l’université. Cet état de fait n’a hélas pas toujours mené les seniors à laisser leur terre aux jeunes générations. Des « jeunes » générations qui, en 2009, ne sont d’ailleurs plus toutes jeunes : la plupart des diplômés français ne peuvent désormais espérer être titularisés qu’à leur 40 ans, dans les sciences sociales notamment.

Ces « jeunes » générations, parfois outrageusement expérimentées, attendent donc patiemment que la génération « Baby Boom », devenue « Papy Boom », leur passe enfin le flambeau. On leur avait annoncé des départs à la retraite massifs, en l’an 2000, mais ce renouvellement vital ne semble pas s’incarner de manière aussi spectaculaire sur le terrain. Beaucoup d’universitaires veulent légitimement continuer à gagner encore de l’argent et, parfois même, espèrent tout aussi légitimement, une promotion attendue. A la cinquantaine passée, il n’est pas rare ainsi de voir des PRAG vouloir devenir maîtres de conférences pour alléger leur semaine ou obtenir du « prestige ».

Les envies productivistes du gouvernement actuel consolident par ailleurs les plus âgés dans leur besoin de s’accrocher à leur trône : ils sont, plus que jamais auparavant, encouragés à travailler au-delà des soixante ans. Dans ces conditions, combien d’entre eux ont le courage ou la générosité de prendre une retraite anticipée pour aider un des milliers de docteur au chômage ? Réputés majoritairement « de gauche », certains universitaires seniors, ayant été témoins ou même acteurs de Mai 68, ne semblent pas toujours décidés à cultiver encore la solidarité ou à permettre à la nouvelle génération d’évoluer librement. Ironie du destin, renversement des valeurs ?

Étonnamment, et c’est peut-être ici un des symptômes tragiques de l’université actuelle, le débat inter-générationnel entre universitaires ne semble pas vivace. Pourquoi tant de retenue chez les jeunes enseignants chercheurs ? En dépit d’organisations de lutte contre la précarité à l’université, celle-ci s’accentue comme jamais. L’individualisme de certains seniors semblerait ainsi au moins égal à celui d’une relève en mal d’union et de révolte collective. Une relève molle, domestiquée, fataliste ? En tout cas, son silence légitime malgré lui, et chaque mois davantage, l’indignité de certains papy boomers."

Alexandre TYLSKI
Université Toulouse II


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Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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