Péril sur les Sciences Humaines et Sociales au CNRS

le 08 septembre 2008
lundi 8 septembre 2008
par  antonin

Au printemps dernier, les personnels, aussi bien dans les universités que dans les organismes de recherche, se sont mobilisés contre les tentatives de démantèlement du CNRS. Certaines garanties avaient été obtenues quant à l’égal traitement des différentes disciplines et au renoncement à un pilotage gouvernemental et autoritaire de la recherche publique. Si demeurait encore la pomme de discorde des Instituts, là encore des assurances étaient données sur le fait qu’une véritable concertation précéderait toute décision sur les périmètres respectifs et sur les prérogatives desdits Instituts.

Pourtant, deux mois plus tard, dans la méthode comme sur le fond des décisions prises, l’attitude de la direction du CNRS et celle de son ministère de tutelle suscitent de nouveau l’indignation et les plus grandes inquiétudes dans la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche. En effet, dans ses pages d’offre d’emploi des 20 et 26 août 2008, le quotidien Le Monde nous informe, au détour d’une offre de recrutement d’un Directeur scientifique des SHS pour le CNRS, que ce futur directeur sera chargé de mettre en place un Institut des SHS dont l’organisation interne en « domaines structurants » est très explicitement définie, selon la tripartition « Culture et sociétés dans l’histoire », « Homme, société et environnement » et, enfin, « Comportement et cognition ». Cette organisation, déjà évoquée de façon unilatérale en juin dernier et alors fort mal reçue par la communauté des chercheurs, devait être un des objets de la négociation prévue à la rentrée. Voilà qu’elle nous est imposée. Quelques jours plus tard, la directrice scientifique des SHS est alors brutalement limogée, sous un prétexte de limite d’âge dont on peine à croire que la hiérarchie du CNRS en ait eu connaissance à la fin du mois d’août 2008 – suivant là une règle qui d’ailleurs n’est étrangement pas appliquée à d’autres personnes de la direction pourtant plus âgées… Ces faits manifestent le peu de considération, voire le mépris, dans lequel sont tenus l’ensemble des chercheurs, personnels techniques et de recherche, et enseignants-chercheurs par la direction du CNRS et son ministère de tutelle.

Nous protestons contre de telles pratiques et nous réclamons que des réponses claires soient apportées aux questions suivantes.

  • Quelle est la politique choisie pour les SHS par la direction du CNRS ?
  • Comment le CNRS compte-t-il articuler les sections disciplinaires actuelles au sein du futur institut ? Quels seront ses moyens matériels et humains ?
  • Comment l’articulation entre CNRS, Instituts, ANR et AERES pourra-t-elle éviter de relever d’une stratification de bureaucraties contradictoires ?

Aujourd’hui, ce sont les Sciences Humaines et Sociales qui sont touchées, mais nos craintes concernent tous les champs du savoir, aussi attendons-nous également que des réponses soient apportées aux questions sur lesquelles nous ne cessons d’attirer l’attention de nos interlocuteurs.

  • Quelles mesures sont envisagées pour remédier à la précarisation de la recherche, notamment pour nos plus jeunes collègues, telle qu’elle se développe naturellement du fait de la croissance des budgets ANR et de la diminution des postes mis au concours dans l’enseignement supérieur et la recherche, et alors même que nous sommes dans une période de départs massifs à la retraite ? Quelles mesures sont envisagées pour le maintien des postes d’ITA indispensables au bon fonctionnement des laboratoires ?
  • Comment garantir l’indépendance du pilotage de la recherche publique par rapport aux autorités gouvernementales ?
  • Quelles sont les perspectives budgétaires pour le maintien de financements de base permettant un fonctionnement équilibré des laboratoires ? Le gouvernement va-t-il enfin mettre fin au retard abyssal de la France en termes de financements de la recherche ?
  • Comment favoriser un équilibre entre projets de recherche thématiques et « projets blancs », échappant au pilotage de la recherche ? Comment maintenir un équilibre entre projets à long terme et recherche de fonds additionnels à court terme auprès de l’ANR ou d’autres instances subventionnaires extérieures ?
  • Qu’en est-il des rumeurs insistantes sur une décision arbitraire de réduction du nombre d’UMR et quelle sera la politique du CNRS pour renforcer et rendre plus féconds les liens avec les universités (notamment en défendant la pluralité des tutelles des UMR) ?

Les derniers événements redonnent une triste actualité aux menaces qui pesaient il y a encore quelques mois sur le maintien de toutes les SHS au CNRS. Derrière les prétextes fallacieux quel peut bien être l’objectif des mesures actuelles si ce n’est la réduction, voire la disparition au sein du CNRS, des disciplines qui composent les SHS et une diminution drastique des moyens financiers et en personnels qui leur sont consacrés ? Sous des apparences de consultation, les déclarations de Valérie Pécresse concernant la « stratégie nationale de recherche et d’innovation » visant à définir les priorités de la recherche pour la période 2009-2012 annoncent un pilotage gouvernemental direct de ce domaine (voir Le pilotage politique de la recherche passe à la vitesse supérieure). La volonté d’omniprésence du pouvoir politique est ici particulièrement dangereuse. La qualité de la recherche est indissociable de l’autonomie de sa conduite. Avec de tels projets et de telles mesures, des pans entiers de la recherche publique en SHS seront purement et simplement sacrifiés. Face à ce qui serait une attaque inacceptable contre la cohésion et la liberté de la recherche publique en France nous ne saurions rester inertes.


Le communiqué sur le site de Sauvons la Recherche


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Brèves

[Sweden] New legislation to help foreign postgraduates stay on

Sunday 27 April

On 1 July this year, new legislation will come into force in Sweden that includes measures which will make it considerably easier for foreign doctoral candidates and students to stay and work in the country after graduating.

An agreement between the outgoing Alliance government and the Swedish Green party will secure a majority vote for the proposal in the parliament. (...) – University World News, by Jan Petter Myklebust, 21 March 2014 Issue No:312

On the Web : Full news here

US : Dwindling tenure posts

vendredi 18 avril

Tenure is dying out at US universities.

The proportion of non-tenure-track and non-tenured faculty posts continues to rise across all US institutions, finds a report by the American Association of University Professors (AAUP) in Washington DC. Losing Focus : The Annual Report on the Economic Status of the Profession, 201314 surveyed 1,159 public and private US institutions and found that the overall proportion of assistant professors in non-tenure-track posts was 23.4 for 201314, compared with 20.8 in 201011. Dwindling tenured and tenure-track posts threaten the ability of scientists to conduct research without interference from funders or administrators, says John Curtis, the report’s lead author and director of research and public policy for the AAUP. - Nature, 508, 277, 09 April 2014

Sur le Web : Read on nature.com

Les coupes budgétaires pèsent sur la recherche académique américaine

jeudi 12 décembre 2013

Aux USA, les répercussions des coupes budgétaires fédérales pour la recherche académique sont bien visibles selon une études récentes :

  • moins de place pour les étudiants dans les labos (stages, doctorat, ...) : - 31% ;
  • moins de CDD à temps partiel : -30% ;
  • moins de postdoctorants : - 24% ;
  • moins de postes fixes dans 22% des cas.

Une recherche académique en récession aux USA...

Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février 2013

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
Sur le Web : Lire la suite sur SLR
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