LETTRE – DOLEANCES

Mars 2009
samedi 28 mars 2009
par  Régine BRUNEAU-SUHAS
21 votes

Je viens aujourd’hui prendre la parole au nom d’un collectif qui est en train de se constituer, avec ceux qui, jusqu’à présent sont restés silencieux. Je veux exposer le problème de l’avenir précaire où s’engagent les personnes doctorantes ou titulaires d’un doctorat.

Je veux parler de leur avenir de chercheur et d’enseignant à l’université dont ils ont usés les bancs pendant tant d’années à rédiger une thèse et assumer leur survie, pour la plupart, en faisant des petits boulots. Un jour, ils sont titulaires d’un doctorat. Ils en sont fiers et ils ont raison. Ils se lancent dans la recherche, écrivent des articles, publient en France et à l’étranger. Ils appartiennent à un laboratoire de recherches dans leur université et envisagent de transmettre leur savoir auprès des étudiants, pour certains, ils le font déjà.

C’est là que tout se dégrade.

Les doctorants sont parfois en poste ATER (Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche) pour les plus chanceux. Ils font le même nombre d’heures que les Maîtres de Conférence. Ils touchent un salaire mensuel correct. Ils assument normalement ce poste pendant deux ans, ensuite ils sont à la rue (doctorat obtenu ou pas).
Les Chargés de Cours sont en général Docteur. Ils assurent le même travail que les Maîtres de Conférence. Ils sont payés à l’heure, reçoivent leur salaire une fois par an. Ils n’ont pas la sécurité de l’emploi. Qu’ils ne se plaignent pas, c’est toujours mieux que rien.

Il existe toute une procédure pour accéder à un poste de MCF. Il faut d’abord obtenir une qualification.

Pour être qualifié Maître de Conférence, il faut présenter un dossier complet avec la thèse en plusieurs exemplaires (évidemment aux frais du postulant). Il faut être titulaire d’un doctorat. Les dossiers des prétendants à la qualification sont présentés, après lecture de deux rapporteurs, dans une des commissions du Conseil National des Universités partagé en sections selon les domaines de recherche.

C’est là que nous entrons dans un tunnel bien sombre où il est impossible d’apercevoir un quelconque rayon de lumière.

En effet, la section concernée du CNU prend la décision de vous qualifier ou non selon des critères obscurs. Un règlement précis est pourtant publié au Journal officiel.

1. Si vous êtes qualifié, vous pouvez vous présenter sur un poste…sachant qu’il y en a peu, vous avez donc une énorme concurrence, un certain nombre ayant aujourd’hui été supprimé. Une véritable foire d’empoigne s’engage ! Les profils de postes sont définis en fonction des personnes à qui on réserve la place. Imaginez le problème pour les postulants lorsque certains professeurs spécialistes du CNU se trouvent aussi dans les commissions qui attribuent les postes de MCF aux heureux élus dans chaque université ! On imagine facilement les pressions des uns et les évictions des autres au sein de ce cirque intellectuel.
2. Vous avez été qualifié. Il n’y a pas de poste pour vous. Vous vous inscrivez au chômage. Vous restez Chargé de Cours avec les conditions que l’on sait…et vous représentez la qualification dans quatre ans si vous n’avez pas obtenu de poste de MCF entre-temps. Il arrive parfois que vous perdiez votre qualification.
3.Si vous n’êtes pas qualifié lors de votre première demande… il y a fort à penser que vous ne le serez jamais. Même si vous assumez une charge de cours, le CNU vous donne de bonnes raisons pour justifier un résultat aussi humiliant que celui-là.

LA QUALIFICATION actuellement, est une procédure agissant comme un filtre hypocrite à l’accession d’un éventuel poste de MCF et comme une remise en question du diplôme de Docteur au sein d’un système universitaire sclérosé.

LE SYSTÈME UNIVERSITAIRE ne dit pas aux doctorants qu’ils devront se battre comme des lions, avoir des protecteurs dans la profession, pour gagner une place stable à l’université et exercer décemment la transmission de leur savoir.
Le système universitaire en place économise ses postes de MCF. Il encourage les emplois précaires, les donneurs de savoir à peu de frais. Le Conseil National des Universités conforte les emplois précaires dans cet état de nègres de l’Enseignement Supérieur. Il entretient par ses pouvoirs abusifs de décision, par ses procédures arbitraires et infantilisantes ainsi que par ses pratiques frauduleuses, le système d’une Université qui économise la divulgation des savoirs inventifs et créatifs des chercheurs qu’on accuse de sortir des sentiers battus de la recherche universitaire. Le système universitaire assassine le long travail de ceux qui ont obtenu un doctorat sans qu’aucune reconnaissance ne leur soit consentie.

AUJOURD’HUI, LE DOCTORAT EST UN DIPLÔME BON POUR ÊTRE AU CHÔMAGE OU RMISTE. JEUNES ET MOINS JEUNES DOCTORANTS ET DOCTEURS, NE RESTEZ PLUS SILENCIEUX. EXIGEZ PLUS DE CLARTÉ ET DE TRANSPARENCE PARCE QUE C’EST VOTRE AVENIR QUE L’ON GALVAUDE.

Claude Allègre souhaitait que tous les titulaires d’un Doctorat puissent se consacrer à la recherche à l’université. Et voici le résultat : ceux qui mènent leur thèse jusqu’au bout et en sortent docteurs restent à la rue et ne sont pas reconnus comme chercheurs.



Commentaires

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dimanche 17 avril 2011 à 19h52 - par  Socioman

Bonjour,

Pour ma part je suis section 19. J’ai déjà été qualifié, dès ma sortie de thèse : félicitations du jury, un livre et quelques article en poche.
N’ayant pas trouvé de poste (étrange me direz-vous ?!), j’ai effectué des vacations, continué à publier, fait des colloques, bref, l’activité de l’enseignant, et le tout plus payé par les Assedics que par les facs avec qui j’ai travaillé. Ces dernières années, je n’ai pas trouvé de financement, plus de droits assedics, donc fini les papiers et les enquêtes qui nourissent pas son homme et bonjour les cours à droite et à gauche, dans toutes sortes d’écoles.

Ma première qualif étant périmée, je la retente et paf, alors que mon CV est bien meilleur qu’il y a quatre ans, je ne suis pas qualifié. Stupéfaction, je ne m’y attendais pas !
En en discutant autour de moi, on m’apprend que tout le monde s’est fait saqué cette année et qu’il y a très peu d’élus. Bon, je me dis que seuls les excellents dossiers sont passés, sauf que, pour connaître une personne qui a été qualifiée, je certifie que ce n’est pas le cas. Pas une publi dans une revue connue et à comité de lecture. Son seul point fort : une prof avec laquelle il travaille fait partie des jurys...je fais l’hypohèse que cette année, seuls les réseaux ont joué au détriment du mérite universitaire !

J’essaye de me renseigner pour savoir si je peux faire appel de la décision me concernant (j’ai toujours pas reçu le rapport de mes rapporteurs au bout de trois semaines !).

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mardi 22 mars 2011 à 06h05 - par  A.B

Il y a une situation pire que tout : cette année, j’ai candidaté au CNU 9 et 10, littérature française et littérature comparée, deux sections parmi les plus réactionnaires et opaques du CNU en sciences humaines. J’ai obtenu 4 avis positifs mais je n’ai pas été qualifié, ayant des ennemis très véhéments dans chacune de ces deux sections. Cette décision se fait contre l’avis même des rapporteurs. Quelle hypocrisie ! Et quelle duperie ! Que faire ?
Il faut attendre que le bureau actuel du CNU 10 (Daniel Mortier, Anne Tomiche, Pascal Vacher etc.) soit renouvelé, en espérant qu’il le soit en profondeur et que le prochain bureau statue avec plus de probité. Heureusement le mandat de ce bureau touche à sa fin. Mais que de temps perdu. Et quelle honte pour le système universitaire français !

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jeudi 24 février 2011 à 09h26 - par  Cécile

Bonjour à tous,

J’ai soutenu ma thèse en langue et littérature françaises en octobre 2010. Celle-ci a été félicitée à l’unanimité et encouragée à être publiée. J’ai consolidé mon dossier en publiant dans des revues, en participant à des colloques mais également en assumant un service de PRAG dans un iut. J’ai naturellement demandé la qualification en section 9 en décembre. les résultats sont tombés comme un couperet : je ne suis même pas "non qualifiée", je suis "hors section".
Ma directrice de thèse m’a totalement lâchée... c’est la première étudiante qu’elle présente en soutenance de thèse... mais surtout, elle ne veut plus entendre parler de moi, estimant que la décision du CNU ne lui appartient pas (et par là, se refuse à une quelconque remise en question de sa direction...)

Bref, face à cette absurdité, je souhaiterais trouver d’autres témoignages de personnes qui ont été "hors section" alors qu’elles ont présenté une thèse, dans la section, qui a été félicitée.... j’avoue être totalement démunie vis à vis de ce verdict pour le moins obscur...

Si vous êtes dans la même situation, merci de me le faire savoir... je n’ai pas l’intention de me laisser faire, mais face à la machine CNU, on est bien souvent seul et impuissant...

Merci d’avance,

Cécile

jeudi 6 janvier 2011 à 19h53

Bonjour à tous.

Je viens de trouver par hasard votre site et suis, comme malheureusement beaucoup d’autres, un déçu de la qualification. En lisant le message de Jullien F, j’ai eu l’impression de lire les rapports qui m’ont été envoyés par la section 12 et qui sont non seulement en totale contradiction avec mon rapport de soutenance mais également en totale contradiction avec ce qui figure dans ma thèse.
J’ai eu la chance (si tant est que l’on puisse parler de chance) de parler de mon cas avec l’un des grands pontes de ma discipline, ancien membre du CNU. Sa première question fut "qui siégeait dans votre jury de thèse" ? Après lui avoir répondu, sa seule remarque ut "Ah oui, mais vous savez, X... n’a pas que des amis". Ce fut la seule réponse objective que j’ai pu obtenir après 3 tentatives car il est clair que les rapports du CNU ne m’ont rien apporté et ne sont, à mes yeux, mais aussi aux yeux de mes anciens collègues et de mon ancien directeur de thèse, qu’un tissu de mensonges. Depuis, j’ai décidé de jeter l’éponge car j’avoue que ce CNU et ses membres m’ont complètement dégouté du monde universitaire.

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vendredi 10 avril 2009 à 00h02 - par  Anonyme

Je viens de lire vos message,

oui effectivement ... c’est ahurissant.

Cela signifie que le jury de thèse ... a fait n’importe quoi ? pourquoi le CNU disqualifie-t-il les décisions de Jury ?

Peut-on porter plainte alors, contre le jury de thèse qui a donné un diplôme sans valeur ? Ou contre le CNU qui contredit le travail d’évaluations de ses paires... et tout cela sur le dos de l’étudiant (qui paye toujours... à la fin !!) ?

Régine parlait d’un collectif qui se met en place ? Où est-il ? peut-il- faire entendre sa voix ?

Logo de Jullien F.
lundi 6 avril 2009 à 07h43 - par  Jullien F.

Tout à fait d’accord avec vous, Regine, Sébastien, et YB.

La question consiste à savoir comment s’organiser pour faire en sorte que cette qualification injuste, et délivrée de façon très arbitraire (contrairement aux rapporteurs CNU qui s’en défendent la larme à l’oeil).

Je considère tout comme vous que la non-qualification constitue une remise en question complète du rapport de soutenance.

Par ailleurs, dès l’instant où le "projet de thèse" est validé par un directeur, et que la thèse est soutenue avec succès, je ne vois pas en quoi un quelconque membre du CNU omnipotent peut se permettre d’en remettre en cause la pertinence.

Pour info, voici quelques extraits de mes rapports et pré-rapports de soutenance, rédigés par mon jury, suivi du rapport CNU.

On y apprend que ma thèse (mention T.H. à l’unanimité) ne serait... pas une thèse !!!

N’est-ce pas édifiant ???
N’y a-t-il pas de quoi devenir dingue ???

C’est là :

Pré-rapport de M. Philippe B. :

« La thèse proposée par M. Jullien F. prend la forme d’un volume […] présenté et rédigé avec soin, format court du type d’une thèse de docteur-ingénieur, ce qui n’est pas incohérent avec la thématique étudiée. Le sujet et les questionnements traités sont d’actualité et leur pertinence est clairement argumentée dans le travail. […] L’auteur expose avec honnêteté les contraintes et les difficultés qu’il a rencontrées. Il en ressort pourtant l’identification convaincante d’un problème de politique linguistique. […] Le travail bénéficie d’intuitions fines et, probablement, d’une bonne expérience de ces questions dont il montre l’acuité et le caractère politique sensible. »

Pré-rapport de M. Didier R. :
« Cette thèse est rédigée dans une prose limpide et lapidaire qui change de certains effets verbeux sans fonctionnalité claire ou avouable que l’on peut rencontrer dans le genre thèse. Cette écriture traduit bien un choix d’objectivité de la part de son auteur, et l’on ne peut que féliciter l’auteur de la cohérence de ce choix. La structure de la thèse est en cohérence avec cette écriture : systématique, carrée, très lisible, ce qui en est une des qualités. […] Cette thèse est aussi bien informée que l’on peut sans doute l’être […] et il faut souligner le caractère informatif de cette thèse, qui est un de ses grands mérites. […] Ce travail constitue une contribution au débat sur le plurilinguisme européen qui donne d’excellents arguments pour que je ne puisse que recommander qu’elle parvienne à soutenance ».

Rapport de soutenance (conclusion) :
« La thèse de M. Jullien F. est claire, rédigée dans une langue très correcte, fondée sur le désir d’analyser les problèmes qui se posent à l’heure actuelle au multilinguisme officiel menacé. Elle fait le point de la situation, expose les problèmes, synthétise les pistes et les solutions. C’est un travail résultant d’une enquête sérieuse […] et qui, si elle a des limites, les pose d’emblée comme cadre de recherche. Elle mérite d’être soutenue comme thèse d’Université et apporte des informations précieuses pour les chercheurs en traductologie et en linguistique. Le jury, après avoir lu et entendu le candidat, lui octroie le titre de Docteur d’Université avec la mention « très honorable » à l’unanimité.

Avis de M. Pierre D. (Rapporteur CNU) :
La thèse soutenue par Jullien F. s’apparente plus […] à un rapport d’expert sur le sujet traité qu’à une thèse de doctorat. […] On a parfois le sentiment que le candidat a été incapable d’embrasser le sujet dans son ensemble. […] Le tableau dressé par le candidat est incomplet, même si on ne peut nier une grande objectivité. Beaucoup de concepts sont utilisés […] par le candidat, qui bâcle cette approche on ne peut plus superficielle. […] Compte tenu de la qualité de ce dossier, avis défavorable à une qualification aux fonctions de MCF.

Motif de refus du CNU à la qualification MCF :
« Le thèse présentée et soutenue n’est pas un travail de recherche, mais se rapproche d’un rapport d’expertise. »

Logo de Anonyme
vendredi 3 avril 2009 à 08h35 - par  Anonyme

Exactement.Je suis qualifiée et chargée de cours ! Combien de temps vais-je tenir à courir de boulot en boulot comme vacataire, à faire des semaines épuisantes pour avoir un revenu disons ’’correct’’ : 800 euros par mois ! Et ne pas trouver de temps pour achever avec satisfaction l’article que l’on me demande, l’exposition du mois prochain...
Fatiguée, déçue, dépitée... mais encore en colère.

Logo de Régine BRUNEAU-SUHAS
jeudi 2 avril 2009 à 13h42 - par  Régine BRUNEAU-SUHAS
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jeudi 2 avril 2009 à 13h12 - par  Sébastien Charnoz

Bonjour,

Bravo pour cet article qui pose bien les choses, et qui dénonce le coté scandaleux, de cette exception culturelle française (encore une) : Celle des qualifications !
Je suis un MDC en poste (depuis 7 ans), et je n’ai pas vécu personnellement le désespoir de la non-qualification. Mais je la vois autour de moi dans mon labo, mon UFR, et mes relations personnelles.

Le processus de qualification devrait purement et simplement disparaître. Il n’existe nul par ailleurs dans le monde, où tout titulaire d’un doctorat peu déposer sa candidature dans n’importe quelle Université. En France, c’est pas exemple la politique du CNRS.

L’argument de certains sections est que "la qualification est une procédure d’évaluation qui élève le niveau des candidatures" :argument faux car un docteur passe son temps à être évalue : au moment des pré-rapports de these, au moment de la soutenance doctorat, et par la commission de recrutement pour les postes.

La qualification est une couche supplémentaire....dont la caractéristique principale est d’ôter l’espoir quand on ne l’a pas, et de n’ouvrir aucune perspective particulière quand on l’a. Par contre, cela permet aux membres du CNU d’exercer un pouvoir de selections sur l’ensemble des jeunes chercheurs qui veulent intégrer la profession.

La plus mauvaise position est l’inter-disciplinarité.

Si un étudiant a son doctorat, il devrait pouvoir se présenter aux universités. S’il n’a pas le niveau d’être docteur, cela doit se dire au moment des pré-rapports de soutenance de thèse ! C’est bien l’objectif de ces pré-rapports.Refuser une qualification, c’est remettre en cause la qualité d’un doctorat, qui a déjà été évalué par deux fois. Sinon, cela veut dire que le Jury de thèse n’a pas fait son boulot (ce qui est également envisageable... )

De plus, la plus-part du temps, ces gens ont fais mille sacrifices, et la réalité est qu’une bonne partie de la recherche française se fait sur le dos des jeunes chercheurs, qui vivent sur un espoir. Je pense que les ASSEDIC sont un des plus gros bailleurs de fond de la recherche française.

Fondamentalement ces procédures de qualification sont l’expression du corporatisme aigu de certaines disciplines, spécialement en sciences humaines. Elles sont aussi le lieu d’expression (caché) de luttes intestines, de guerres d’écoles etc.. qui veulent "tenir" des disciplines.

Mais que pouvons nous faire contre cela ? j’ai l’impression que le CNU a encore renforcé sa position à l’issue des derniers événements. Signer une pétition anti-qualifications ? Je pense que pas mal d’EC pourraient nous suivre, si nous avons un discours cohérent et si cela ne passe pas pour "la protestation des mécontents" uniquement.

Y-a-t-il une mobilisation efficace ? Je ne sais pas trop, je ne suis pas un spécialiste de la mobilisation.

Signé :
Un chercheur en colère !!... face aux désespoirs des jeunes non-qualifiés qui après tant de sacrifices se retrouvent amputés de leur droit, le plus fondamental, celui de travailler tout simplement.

Logo de Anonyme
mercredi 1er avril 2009 à 23h09 - par  Anonyme

Je ne pense pas que vous vous lamentiez ici. Mais c’est un comportement habituel des doctorants et docteurs précaires qui n’encourage pas à la lutte mais contribue à l’auto-apitoiement.

Je suis parfaitement d’accord avec vous, on fait le boulot, année après année, les besoins sont là, on est donc "qualifié" pour le faire, on doit être titularisés.

Logo de YB
mercredi 1er avril 2009 à 14h58 - par  YB

Bonjour à toutes et à tous,

Je me joins, bien évidemment, à ce front des trahis mécontents.
Il est en effet temps de réagir (!)

Mais finalement, comment s’étonner de cet état de fait sordide (notre non qualification et notre blocage professionnel de facto !).

Je suis docteur ès sciences humaines, mais mon domaine de recherche et, comme bon nombre d’entre vous, transdisciplinaire.
En effet, j’ai mis à jour (théoriquement et expérimentalement) le principe d’adhésion, principe neurocognitif, en application au sein du théâtral. Mes nombreuses publications, conférences, de même que la mention maximale obtenue lors de ma soutenance et enfin le salut unanime de mes travaux par des chercheurs du monde entier, me laissait présager un avenir radieux, d’autant que j’ai enseigné près de dix ans (à des postes précaires certes) à l’université.

Et bien non !

Pas de qualification en 18 ème section !

Les seules "boites" transdisciplinaires de ce pays, encouragé d’une certaine façon par les "sages" du cnu, sont-elles les assedic et le rmi ?

Il faut croire que quelque(s ?) caporaux du cnu n’ont pas jugé mon (notre) travail d’assez bonne qualité et ce, sans avoir à se justifier le moins du monde ! C’est d’autant plus curieux et triste que certain de ces "inamovibles" (nous les connaissons finalement tous plus ou moins, le monde universitaire et petit) sont socialement (et ostensiblement) fort engagés contre notre président (engagement probablement à raison) lorsque celui ci s’arroge des droits nauséabonds d’actions et de décisions iniques.
Or, force est de constater qu’une fois un semblant de pouvoir en main, ils reproduisent les mêmes schémas d’actes et de pensées que ceux contre lesquels ils luttent (!).
C’est curieux, malsain et surtout intellectuellement fort malhonnête.

A moins que le problème soit ailleurs ? J’attends donc qu’ils nous démontrent le manque d’intérêt ou la nullité de nos travaux ! Qu’ils justifient aussi le fait d’avoir invalidé la décision d’un jury souverain et compétent qui nous avait jugé apte à enseigner et faire de la recherche aux vues de plusieurs années de travail et de sacrifices
Je crains qu’un grand silence ou qu’une réponse convenue et formatée nous parvienne pour seule explication.

Pour toutes ces raisons je me joins avec force à cette fronde qui grogne, s’élève et quelque part aussi, nous soulage de ces injustices à répétitions.

à bientôt.

Logo de Regine BRUNEAU-SUHAS
mercredi 1er avril 2009 à 14h08 - par  Regine BRUNEAU-SUHAS

Je ne pense pas que cette lettre-doléances soit une lamentation mais bien plus un appel à se réveiller. Cela fait tant d’années que nous, docteurs au chômage ou au RMI, nous nous habituons à la précarité ! Vu le contexte actuel, n’est-il pas temps de revendiquer une place autre que celle d’un traîne-savates ? Vous, le docteur qualifié, avez-vous un boulot ? Je veux dire un salaire qui vous donne à manger ? Rassemblons-nous ! J’envoie mon intelligence chaque année dans des colis postaux (très chers) qui me sont retournés avec le tampon : NON-QUALIFIE. Ces deux mots commencent vraiment à me titiller les neurones. Régine Bruneau-Suhas

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dimanche 29 mars 2009 à 13h12 - par  Anonyme

Je suis assez d’accord avec votre commentaire, mais je ne comprends pas bien ce que vous entendez par "la démocratie dans l’ESR".

Faut-il comprendre par là que ses acteurs sont baillonnés ?

Logo de Anonyme
samedi 28 mars 2009 à 17h16 - par  Anonyme

deux choses l’une

Cet article pose bien la question de la pertinence de la qualification, le rôle du CNU, le féodalisme bref la pertinence de cette sacro sainte évaluation (plus que discutable).

On fait le boulot dans l’ESR donc on est "qualifié".

La question : c’est surtout celle de la démocratie dans l’ESR.

Nous avons l’occasion en ce moment de changer les choses, c’est plus pertinent que de se lamenter ou de rationaliser les abus actuels.

PS le titre de billet, par contre, n’est pas assez explicite.

un précaire de l’ESR (qualifié)

Logo de Jullien F.
samedi 28 mars 2009 à 07h18 - par  Jullien F.

Bravo pour cet article qui résume parfaitement la situation, du moins en ce qui me concerne !

Titulaire d’un doctorat en Sciences du langage depuis juin dernier, je viens de recevoir mon dossier CNU justifiant ma non-qualification MCF.

Ce rapport est en totale contradiction avec l’avis de mon jury de thèse, et remet complètement en cause la pertinence de mes 4 années de recherche. En quelques lignes lapidaires, ce rapport flingue littéralement mon travail, m’interdisant du même coup de candidater à d’éventuels postes de MCF.

Je soupçonne évidemment un règlement de comptes entre mon jury de thèse et ce membre du CNU, mais... comment le prouver ???

Quoi qu’il en soit, quel temps perdu !

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Brèves

[Sweden] New legislation to help foreign postgraduates stay on

Sunday 27 April

On 1 July this year, new legislation will come into force in Sweden that includes measures which will make it considerably easier for foreign doctoral candidates and students to stay and work in the country after graduating.

An agreement between the outgoing Alliance government and the Swedish Green party will secure a majority vote for the proposal in the parliament. (...) – University World News, by Jan Petter Myklebust, 21 March 2014 Issue No:312

On the Web : Full news here

US : Dwindling tenure posts

vendredi 18 avril

Tenure is dying out at US universities.

The proportion of non-tenure-track and non-tenured faculty posts continues to rise across all US institutions, finds a report by the American Association of University Professors (AAUP) in Washington DC. Losing Focus : The Annual Report on the Economic Status of the Profession, 201314 surveyed 1,159 public and private US institutions and found that the overall proportion of assistant professors in non-tenure-track posts was 23.4 for 201314, compared with 20.8 in 201011. Dwindling tenured and tenure-track posts threaten the ability of scientists to conduct research without interference from funders or administrators, says John Curtis, the report’s lead author and director of research and public policy for the AAUP. - Nature, 508, 277, 09 April 2014

Sur le Web : Read on nature.com

Les coupes budgétaires pèsent sur la recherche académique américaine

jeudi 12 décembre 2013

Aux USA, les répercussions des coupes budgétaires fédérales pour la recherche académique sont bien visibles selon une études récentes :

  • moins de place pour les étudiants dans les labos (stages, doctorat, ...) : - 31% ;
  • moins de CDD à temps partiel : -30% ;
  • moins de postdoctorants : - 24% ;
  • moins de postes fixes dans 22% des cas.

Une recherche académique en récession aux USA...

Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février 2013

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
Sur le Web : Lire la suite sur SLR
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