C’est là que tout se dégrade.
Les doctorants sont parfois en poste ATER (Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche) pour les plus chanceux. Ils font le même nombre d’heures que les Maîtres de Conférence. Ils touchent un salaire mensuel correct. Ils assument normalement ce poste pendant deux ans, ensuite ils sont à la rue (doctorat obtenu ou pas).
Les Chargés de Cours sont en général Docteur. Ils assurent le même travail que les Maîtres de Conférence. Ils sont payés à l’heure, reçoivent leur salaire une fois par an. Ils n’ont pas la sécurité de l’emploi. Qu’ils ne se plaignent pas, c’est toujours mieux que rien.
Il existe toute une procédure pour accéder à un poste de MCF. Il faut d’abord obtenir une qualification.
Pour être qualifié Maître de Conférence, il faut présenter un dossier complet avec la thèse en plusieurs exemplaires (évidemment aux frais du postulant). Il faut être titulaire d’un doctorat. Les dossiers des prétendants à la qualification sont présentés, après lecture de deux rapporteurs, dans une des commissions du Conseil National des Universités partagé en sections selon les domaines de recherche.
C’est là que nous entrons dans un tunnel bien sombre où il est impossible d’apercevoir un quelconque rayon de lumière.
En effet, la section concernée du CNU prend la décision de vous qualifier ou non selon des critères obscurs. Un règlement précis est pourtant publié au Journal officiel.
1. Si vous êtes qualifié, vous pouvez vous présenter sur un poste…sachant qu’il y en a peu, vous avez donc une énorme concurrence, un certain nombre ayant aujourd’hui été supprimé. Une véritable foire d’empoigne s’engage ! Les profils de postes sont définis en fonction des personnes à qui on réserve la place. Imaginez le problème pour les postulants lorsque certains professeurs spécialistes du CNU se trouvent aussi dans les commissions qui attribuent les postes de MCF aux heureux élus dans chaque université ! On imagine facilement les pressions des uns et les évictions des autres au sein de ce cirque intellectuel.
2. Vous avez été qualifié. Il n’y a pas de poste pour vous. Vous vous inscrivez au chômage. Vous restez Chargé de Cours avec les conditions que l’on sait…et vous représentez la qualification dans quatre ans si vous n’avez pas obtenu de poste de MCF entre-temps. Il arrive parfois que vous perdiez votre qualification.
3.Si vous n’êtes pas qualifié lors de votre première demande… il y a fort à penser que vous ne le serez jamais. Même si vous assumez une charge de cours, le CNU vous donne de bonnes raisons pour justifier un résultat aussi humiliant que celui-là.
LA QUALIFICATION actuellement, est une procédure agissant comme un filtre hypocrite à l’accession d’un éventuel poste de MCF et comme une remise en question du diplôme de Docteur au sein d’un système universitaire sclérosé.
LE SYSTÈME UNIVERSITAIRE ne dit pas aux doctorants qu’ils devront se battre comme des lions, avoir des protecteurs dans la profession, pour gagner une place stable à l’université et exercer décemment la transmission de leur savoir.
Le système universitaire en place économise ses postes de MCF. Il encourage les emplois précaires, les donneurs de savoir à peu de frais. Le Conseil National des Universités conforte les emplois précaires dans cet état de nègres de l’Enseignement Supérieur. Il entretient par ses pouvoirs abusifs de décision, par ses procédures arbitraires et infantilisantes ainsi que par ses pratiques frauduleuses, le système d’une Université qui économise la divulgation des savoirs inventifs et créatifs des chercheurs qu’on accuse de sortir des sentiers battus de la recherche universitaire. Le système universitaire assassine le long travail de ceux qui ont obtenu un doctorat sans qu’aucune reconnaissance ne leur soit consentie.
AUJOURD’HUI, LE DOCTORAT EST UN DIPLÔME BON POUR ÊTRE AU CHÔMAGE OU RMISTE. JEUNES ET MOINS JEUNES DOCTORANTS ET DOCTEURS, NE RESTEZ PLUS SILENCIEUX. EXIGEZ PLUS DE CLARTÉ ET DE TRANSPARENCE PARCE QUE C’EST VOTRE AVENIR QUE L’ON GALVAUDE.
Claude Allègre souhaitait que tous les titulaires d’un Doctorat puissent se consacrer à la recherche à l’université. Et voici le résultat : ceux qui mènent leur thèse jusqu’au bout et en sortent docteurs restent à la rue et ne sont pas reconnus comme chercheurs.


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