Comment contrer les sites, blogueurs, et forumeurs hostiles aux réformes du gouvernement ? C’est le casse-tête qui semble occuper durablement les communiquants de l’Élysée et de Matignon, si l’on en croit cet article du Figaro. Et plus particulièrement dans le dossier de la réforme du statut des enseignants-chercheurs, qui oppose depuis des semaines le gouvernement aux universitaires.
"Depuis le début de l’année, une nouvelle réunion des conseillers Web du gouvernement a été mise sur pied, à l’initiative de Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, et de son conseiller Web, Vincent Ducray. Début mars, le conseiller communication de l’Élysée, Franck Louvrier, a assisté à la réunion et beaucoup appuyé la démarche, en regrettant, au passage, l’absence d’un représentant du ministère de la Recherche. « C’est un moyen de communication très important dans le milieu universitaire, c’est une grave erreur de ne pas s’intéresser à ce sujet », a-t-il remarqué. « Nous étions en pleine négociation avec les syndicats de chercheurs », plaide-t-on au ministère de Valérie Pécresse", apprend-on dans le Figaro.
"La première leçon de ces réunions est que la communication Internet du gouvernement a tout intérêt à agir sans le dire, à voir sans être vue, et à influencer sans apparaître", continue l’article, qui indique par ailleurs que malgré ce retard à l’allumage, le ministère de la Recherche s’est rattrapé : il a, lit-on, "acheté discrètement plusieurs « liens » sur Internet pour être classé en haut de page dans les sélections des moteurs de recherche". Une méthode onéreuse, mais qui marche. Sur Google, la recherche du mot-clé "enseignants-chercheurs" donne un lien commercial pointant vers le site du ministère de la Recherche.

- "Enseignants-chercheurs" lien commercial du MESR
Au moment de la rédaction de l’article (publié le 16 mars), le journaliste du Figaro indiquait que "pour le moment, celui qui sélectionne « enseignants-chercheurs » sur un moteur de recherche du Net, atterrit sur des sites hostiles au gouvernement, comme Sauvons la recherche."
Entre la rédaction et la publication de l’article, les choses semblent avoir changé.
Le 16 mars, @si a constaté que, sans tenir compte des liens commerciaux, le site du ministère de la Recherche arrive en haut des résultats pour la recherche "enseignants-chercheurs".

- "Enseignants-chercheurs" lien commercial du MESR et autres liens
Sauvons la recherche n’arrive qu’en deuxième page.
Peut-être le gouvernement a-t-il aussi travaillé sur son référencement de manière plus classique.
Comment ça marche ? Le référencement sur Google est le fruit d’un subtil mélange de critères. Le système de base de Google est ce qu’on appelle le "pagerank" : pour simplifier, le référencement d’une page augmente en fonction du nombre de liens externes qui pointent vers cette page. Et plus les liens proviennent de sites eux-mêmes très pointés par d’autres, plus ça compte dans le référencement. C’est ainsi que Google calcule le "pagerank" d’une page, qui s’exprime en une note sur dix. Le pagerank du site du ministère de la Recherche est de 6, celui du collectif "Sauvons la recherche" de 7. Il est donc meilleur. Mais d’autres critères entrent aussi en ligne de compte, comme l’explique très bien ce site : si le lien est le plus souvent choisi sur une page de résultats par les internautes, il va monter dans la page. De même, le sujet du document, son titre, les mots présents dans l’adresse de la page jouent aussi. D’ailleurs, sur la page enseignants-chercheurs du site du ministère de la recherche, le mot "enseignants-chercheurs" est très présent (dans l’adresse, dans le titre, tôt dans la page). Ce qui peut expliquer qu’il arrive très haut pour cette requête.
Par contre, si on cherche "statut des enseignants-chercheurs", là les choses changent. Le lien commercial du ministère arrive certes en tête, mais le site du collectif "Sauvons la recherche" arrive en deuxième position.

- "Enseignants-chercheurs" lien commercial du MESR et SLR
Par Sophie Gindensperger le 17/03/2009



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