Enseignants-chercheurs : Pécresse achète des mots-clés sur Google

@rrêt sur images | 17/03/2009
mercredi 18 mars 2009
par  antonin
9 votes

C’est sur Internet que s’est principalement organisée la mobilisation des enseignants-chercheurs contre la réforme de leur statut, notamment après un discours de Sarkozy ressenti comme particulièrement méprisant à l’égard du monde de la Recherche...

Logique : le gouvernement cherche donc à répliquer sur le même terrain. Pour ça, il sort son porte-monnaie et achète des liens commerciaux.

Comment contrer les sites, blogueurs, et forumeurs hostiles aux réformes du gouvernement ? C’est le casse-tête qui semble occuper durablement les communiquants de l’Élysée et de Matignon, si l’on en croit cet article du Figaro. Et plus particulièrement dans le dossier de la réforme du statut des enseignants-chercheurs, qui oppose depuis des semaines le gouvernement aux universitaires.

"Depuis le début de l’année, une nouvelle réunion des conseillers Web du gouvernement a été mise sur pied, à l’initiative de Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, et de son conseiller Web, Vincent Ducray. Début mars, le conseiller communication de l’Élysée, Franck Louvrier, a assisté à la réunion et beaucoup appuyé la démarche, en regrettant, au passage, l’absence d’un représentant du ministère de la Recherche. « C’est un moyen de communication très important dans le milieu universitaire, c’est une grave erreur de ne pas s’intéresser à ce sujet », a-t-il remarqué. « Nous étions en pleine négociation avec les syndicats de chercheurs », plaide-t-on au ministère de Valérie Pécresse", apprend-on dans le Figaro.

"La première leçon de ces réunions est que la communication Internet du gouvernement a tout intérêt à agir sans le dire, à voir sans être vue, et à influencer sans apparaître", continue l’article, qui indique par ailleurs que malgré ce retard à l’allumage, le ministère de la Recherche s’est rattrapé : il a, lit-on, "acheté discrètement plusieurs « liens » sur Internet pour être classé en haut de page dans les sélections des moteurs de recherche". Une méthode onéreuse, mais qui marche. Sur Google, la recherche du mot-clé "enseignants-chercheurs" donne un lien commercial pointant vers le site du ministère de la Recherche.

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"Enseignants-chercheurs" lien commercial du MESR

Au moment de la rédaction de l’article (publié le 16 mars), le journaliste du Figaro indiquait que "pour le moment, celui qui sélectionne « enseignants-chercheurs » sur un moteur de recherche du Net, atterrit sur des sites hostiles au gouvernement, comme Sauvons la recherche."

Entre la rédaction et la publication de l’article, les choses semblent avoir changé.

Le 16 mars, @si a constaté que, sans tenir compte des liens commerciaux, le site du ministère de la Recherche arrive en haut des résultats pour la recherche "enseignants-chercheurs".

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"Enseignants-chercheurs" lien commercial du MESR et autres liens

Sauvons la recherche n’arrive qu’en deuxième page.

Peut-être le gouvernement a-t-il aussi travaillé sur son référencement de manière plus classique.

Comment ça marche ? Le référencement sur Google est le fruit d’un subtil mélange de critères. Le système de base de Google est ce qu’on appelle le "pagerank" : pour simplifier, le référencement d’une page augmente en fonction du nombre de liens externes qui pointent vers cette page. Et plus les liens proviennent de sites eux-mêmes très pointés par d’autres, plus ça compte dans le référencement. C’est ainsi que Google calcule le "pagerank" d’une page, qui s’exprime en une note sur dix. Le pagerank du site du ministère de la Recherche est de 6, celui du collectif "Sauvons la recherche" de 7. Il est donc meilleur. Mais d’autres critères entrent aussi en ligne de compte, comme l’explique très bien ce site : si le lien est le plus souvent choisi sur une page de résultats par les internautes, il va monter dans la page. De même, le sujet du document, son titre, les mots présents dans l’adresse de la page jouent aussi. D’ailleurs, sur la page enseignants-chercheurs du site du ministère de la recherche, le mot "enseignants-chercheurs" est très présent (dans l’adresse, dans le titre, tôt dans la page). Ce qui peut expliquer qu’il arrive très haut pour cette requête.

Par contre, si on cherche "statut des enseignants-chercheurs", là les choses changent. Le lien commercial du ministère arrive certes en tête, mais le site du collectif "Sauvons la recherche" arrive en deuxième position.

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"Enseignants-chercheurs" lien commercial du MESR et SLR

Par Sophie Gindensperger le 17/03/2009


Sur @rrêt sur image

A voir l’article sur Le figaro.fr : L’Élysée et Matignon veulent regagner du terrain sur le net , par Charles Jaigu | 16/03/2009

Le coût de l’achat d’un mot-clé sur Google pour par exemple "enseignants-chercheurs" : 0.05€ par clic !!

Par contre au 18 mars 2009, SLR n’est pas du tout le troisième lien sur la liste pour le mot-clé "Enseignants-chercheurs"... mais apparaît en 2e page : un coup de pub pour slr de la part de l’auteur ?

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"Enseignants-chercheurs" au 18/03/2009


Portfolio

"Enseignants-chercheurs" au (...)

Commentaires

Logo de Avrel
mercredi 18 mars 2009 à 07h44 - par  Avrel

Action web facile en deux temps

1) repérage des liens du mesr

2) cliquer (0.05/clic)

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Brèves

Geneviève Fioraso lance à Grenoble ses premières initiatives

mercredi 23 mai 2012

C’est aux terres grenobloises que Geneviève Fioraso, nouvelle ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a réservé hier [22 mai 2012] sa première sortie officielle en région. Là même où elle a tissé, durant des années, les mailles de l’écosystème innovant grenoblois. (...)

[Extrait] Résoudre la précarité des techniciens de laboratoire

« Malgré le contexte budgétaire difficile, il faut trouver une solution à la situation précaire de certains personnels de techniciens dont l’expertise est indispensable à leur laboratoire. »

Sur le Web : Source : Le Dauphiné

EU: Presidency seeks to expand Erasmus

Tuesday 6 September 2011

UWN | 04 September 2011 | Issue: 187 | Brendan O’Malley

The Polish presidency of the European Union is planning to expand the Erasmus student and staff exchange programme to non-EU countries on its eastern and southern borders.

Barbara Kudrycka, the Polish Minister for Higher Education, said on Tuesday: "We would very much like to see a widening of the Erasmus-scheme to non-EU countries, not only our Eastern neighbors but also for example the ones in the southern neighbourhood. In my view, the best diplomats for countries are students and scientists."

She was speaking at the 22nd European Students’ Convention in the Polish city of Lazy on Tuesday, a four-day event organised by the European Students Union, the umbrella organisation of 45 national unions of students from 38 European countries.

Kudrycka has previously called for all students from Eastern Partnership countries - Armenia, Azerbaijan, Belarus, Georgia, Moldova and Ukraine - to be given the opportunity of studying in EU countries. (...)

La belle perle de Wauquiez

lundi 4 juillet 2011

Wauquiez démarre fort au MESR : la hausse du ticket du CROUS (écrasant le vote du CNESER) et seuls 3 lauréats aux IdEX. Une belle perle au passage lors d’une interview par Philippe Jacquet du Monde :

"Les investissements d’avenir doivent permettre d’aider QUELQUES-UN de nos pôles universitaires à affronter le XXIe siècle et les grandes universités mondiales"

Les autres se débrouilleront seuls ! Plusieurs universités sont déjà dans le rouge malgré la pluie de milliards !

Sur le Web : Lire sur Le Monde

Baroin rabote les opérateurs publics

lundi 13 décembre 2010

Interview de François Baroin, ministre du Budget, par le JDD, 12 décembre 2010

JDD : Le Parlement adoptera cette semaine le budget de l’État pour 2011. Vous devez maintenant mettre en œuvre la rigueur. Quelles seront vos premières décisions ?
Baroin : « Il est très important que l’État commence par montrer l’exemple lui-même. Nous avons engagé la réduction de son train de vie. Je réunis demain les directeurs des 497 opérateurs publics [Pôle emploi, Office national des forêts, Commissariat à l’énergie atomique, musée du Louvre, Météo France…] hors universités, qui doivent pour la première fois en 2011 appliquer les mêmes règles de gestion que l’État. Dès l’an prochain, un départ à la retraite sur deux ne sera pas remplacé. Je propose que leur parc de 17.000 automobiles soit réduit de près de 3.000 véhicules, que leurs achats de fournitures soient progressivement diminués de 10% et que leurs superficies immobilières soient ramenées à 12 m² par agent. Nous leur interdirons par ailleurs de recourir à tout endettement. La rémunération au mérite de leurs dirigeants devra aussi être étendue à toute l’équipe de direction. »

Les laboratoires de recherche "hors universités" devront donc être touchés par la rigueur (CNRS, INSERM, CEA, ...). Ce n’est plus toute l’ESR qui est épargnée par les baisse de budgets mais seulement l’Université.

L’Élysée veut "réduire" les organismes de recherche

jeudi 9 décembre 2010

[Science² |09/12/2010]

Arnold Munnich, le conseiller en sciences de la santé de Nicolas Sarkozy relance l’offensive de l’Élysée contre la recherche publique. Il vient de déclarer,que les organismes de recherche allaient subir « une réduction de leur voilure » et laisser la place aux universités pour conduire la recherche.

Pour ce qui est de réduire la voilure, on sait déjà qu’en 2011 le CNRS va diminuer les dotations aux laboratoires de 11% et sabrer 25 millions d’euros dans les budgets des gros équipements.

(...)

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