Doctorant-e-s des centres français à l’étranger : un an de bourse supprimé !

jeudi 26 mars 2009
par Laurence
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Le ministère des Affaires étrangères (MAE), qui gère les centres de recherche français à l’étranger conjointement avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, vient de décider très discrètement la suppression de la troisième année d’allocation pour les boursiers d’aide à la recherche (BAR).

Au milieu de la mobilisation actuelle, les coupes budgétaires continuent à frapper les plus démunis. En témoigne la suppression sans préavis de la troisième année de bourse pour les doctorants de tous les centres de recherche français de l’étranger (gérés par le MAE et le ministère de la recherche) : cette mesure a été prise récemment, apparemment sans concertation avec la direction de ces établissements, et même pas annoncée officiellement aux intéressés. A l’Institut Français du Proche-Orient (Damas-Beyrouth-Amman-Alep), les doctorants concernés l’ont appris incidemment, ce qui les a obligé à monter en urgence des dossiers de demande de financement (en mars, il est souvent déjà trop tard pour l’année académique suivante). Il y a encore quelques années, ces bourses étaient d’une durée de 4 ans (2 ans renouvelables une fois), puis elles ont été réduites à 3 ans (2 ans + 1 an), et maintenant c’est deux ans…. Bientôt, une allocation de recherche pour 6 mois ? Cette mesure accentue évidemment la précarisation des doctorant-e-s àl’étranger, tandis que pensionnaires scientifiques et administrateurs-trices de ces centres de recherches continuent à jouir d’un statut privilégié.

Cette décision unilatérale et les procédés employés par les autorités de tutelle manifestent une certaine lâcheté et un manque total de responsabilité vis-à-vis des doctorant-e-s boursiers, qui participent généralement de façon active à la vie scientifique de ces centres aux côtés des chercheurs locaux (eux aussi précaires) et des pensionnaires scientifiques expatriés.



Commentaires

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dimanche 29 mars 2009 à 23h12, par  Benjamin
J’aimerais comprendre : l’annonce sur le site dit que le ministère « vient de décider »… et la réponse de Cécile dit que ça date d’avant décembre, puisqu’il y a déjà eu un article du Figaro qui en parle à l’époque.
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vendredi 27 mars 2009 à 11h12, par  Cécile Frolet

Le ministère de la recherche (valérie Pécresse plus exactement) s’est engagé à résoudre ce problème au plus vite en payant s’il le faut pour la 3e année des doctorants concernés, voir l’article du Figaro du 21 décembre 2008 à ce sujet.

Il convient donc de maintenir la pression à ce sujet.

Par ailleurs, il faut savoir qu’actuellement ces financements sont des libéralités donc il faut aussi se battre pour qu’elles soient transformées en salaires en bonne et due forme. (Cf le même article où le MESR s’était aussi engagé à ce sujet)

Logo de Eve Matringe
vendredi 27 mars 2009 à 11h06, par  Eve Matringe

Sur quoi vous fondez-vous pour dire cela ? Je dis pas que vous racontez n’importe quoi, mais vu les divergences de lecture sur le contrat doctoral, je préfère avoir les textes pour les lire moi-même.

Merci d’avance pour la réponse.

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Brèves

Le doctorat victime de la LRU : le contrat doctoral sabré à l’université de Corte

lundi 19 avril

Dans l’article "Après la grève de 2009, où en est le mouvement ?" écrit par Sandrine Ordan (Corse matin | 19/04/2010), un témoignage provenant de l’université de Corte montre une des premières réalités sur le contrat doctoral :

(…) Quant aux contrats doctoraux, c’est le problème de l’accès au plus haut niveau des études dans le supérieur qui se pose. Désormais, les étudiants en contrat doctoral bénéficient des mêmes avantages que les autres salariés, mais le nombre de bourses accordées à ces jeunes a été divisé par deux : « Nous sommes passés de 14 à 7 contrats doctoraux. Or, sans cette aide, il est presque impossible de faire sa thèse en trois ans, sauf à avoir une famille qui puisse tout assumer d’un point de vue financier, ce qui reste rare », souligne Esteban Saldana de la Ghjuventù paolina.

Baisse de 50% de financement de doctorat ! PAPERA avait mis en garde que cela arrivera… Juger le contrat doctoral en dissociant celui-ci de l’application de la LRU est problématique. La preuve : les budgets du doctorat sont sabrés à Corte ! Rappel : l’université de Corte est autonome depuis le 01/01/2009.

Rapport CIR 2010 : l’incitation de l’emploi des docteurs est un échec cuisant !

vendredi 16 avril

Le dernier rapport bilan sur le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) remis aux parlementaires en mars 2010 (consultation et téléchargement ici) fait un bilan pitoyable sur l’incitation de l’embauche de docteurs en CDI par le CIR. Après un rappel très rapide de cette mesure, seuls quelques chiffres sont présentés mais ils sont parlant :

  • l’embauche des docteurs ne représentes que 0.3% des dépenses en CIR,
  • seules 434 entreprises y ont eu recours,
  • 70% des entreprises interrogées ont répondus que cette mesure ne les incitent pas à embaucher des docteurs.

Cela nous ramène à notre article de décembre dernier "La chute de l’emploi des docteurs continue : le CIR mis en situation indiscutable d’échec". Ce rapport conforte nos conclusions : le CIR est un échec pour l’emploi des docteurs !

Comment... se réveiller et user de l’enfumoir !

jeudi 10 décembre 2009

Derrière un titre ronronnant "Pour un manifeste des sciences humaines et sociales", dix présidents d’Université "se réveillent" comme par miracle… pour sauver les apparences devant leurs personnels et leurs étudiants ? Amadouer l’opinion ?

[…]
Comment éviter que le contrat doctoral ne conduise à un formatage desséchant des thèses dont certains PhD américains donnent l’exemple peu convaincant ?

C’est une blague de TRÈS mauvais goût messieurs les présidents ! Vous étiez où lors de la bataille contre le CDU ? Vous manquez de doctorants contractuels cette année ??

D’autres "comment … ?" tout aussi démagogiques :
"Comment faire entendre que la recherche en sciences humaines se fait dans des équipes souvent sans murs, dans des réseaux, des participations croisées ? Comment éviter que les masters concours ne conduisent à la disparition pure et simple des secteurs disciplinaires entiers et de la formation à la recherche des étudiants ? Comment accueillir mieux des étudiants d’origines de plus en plus variées ? Bref, comment faire pour que nos universités restent ce qu’elles ont toujours été : un lieu d’inventivité et de promotion sociale."

Le reste est à lire sur le site de Mediapart :