Précaires et statutaires unis contre la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche

mardi 7 octobre 2008
par Collectif PAPERA
19 votes

Diplômés, déclassés, prolétarisés, invisibles et souvent exploités, certains parmi nous sont en grande précarité, et tous les autres savent qu’elle n’est pas bien loin.
Nous devons obéir aux petits chefs et autres pontes locaux qui tiennent laboratoires, universités, départements, ministères et même associations. Nous avons donc décidé de relever la tête pour créer un dialogue, élaborer un réseau, construire les solutions concrètes à nos problèmes de précarité au quotidien dans les laboratoires et les universités mais aussi face à l’état qui nous emploie en dehors du droit commun, nous déqualifie, nous requalifie et nous disqualifie. Nous sommes décidés à faire face aux sous-traitants du savoir qui nous exploitent dans les laboratoires, les universités, l’industrie ou les services.
Officiellement les précaires représentent 1/4 des personnels de l’ESR (Enseignement Supérieur et de la Recherche) sans compter les doctorants et ceux qui travaillent au noir. Les réformes actuelles visent à augmenter ce chiffre en renforçant l’arbitraire hiérarchique et administratif qui prévaut de plus en plus souvent pour accéder aux postes statutaires et aux conditions d’exercices les plus élémentaires. Le gouvernement utilise la précarité comme un moyen insidieux pour fragiliser encore l’ESR et soumettre ses acteurs.

Le système actuel est basé sur l’exploitation de personnes soumises à une pression constante relayée par les hiérarchies locales sur des contrats courts (13 et 6 mois en moyenne au CNRS pour les contrats de post-doc et d’ITA respectivement), illégaux (sans couverture sociale, cotisation retraite, …) ou inexistants. Le gouvernement se targue de mettre la recherche au premier plan de ses préoccupations mais n’attribue des moyens financiers importants que pour mieux soumettre l’ESR au politique. Ainsi l’ANR, machine infernale à CDD, est dotée de 955 millions € en 2008 et le Crédit d’Impôt Recherche, généreux cadeau à l’industrie, devrait coûter 3,2 milliard d’€ l’an.

La destruction programmée de l’ESR public montre la volonté du gouvernement à mettre fin à de nombreux secteurs du savoir « trop peu rentables », comme l’archéologie ou les lettres classiques, qui seront reléguées au bon vouloir du mécénat.

C’est aussi la fin annoncée des chercheurs autonomes, demain experts aux ordres, contraints de rendre des comptes à leurs puissants bailleurs de fonds bien avant d’en rendre à la société. C’est l’officialisation du règne de l’arbitraire dans les EPST (établissements publics à caractère scientifique et technologique, CNRS, …) et les universités (présidents et autres barons locaux) avec l’impossibilité d’avoir une recherche libre et fondamentale déjà très affaiblie. La recherche guidée par le bien commun et le service public doit passer avant les petits intérêts privés.

En réponse à cette « économie du savoir » amenée en force par le ministère, une partie de la communauté scientifique mène une guerre de tranchées. La majorité des chercheurs subit la désinformation permanente du gouvernement et les fausses concertations caricaturales employées par VP, la sinistre actuelle de l’ESR. Pourtant, si les précaires de l’ESR (stagiaires de master, doctorants, post-docs, ATER et ITA/BIATOS) voient leurs situations empirer, les statutaires sont eux aussi menacés et à terme la société entière.

Concomitamment, nous, précaires, sommes les plus touchés par la destruction de l’ESR. L’entrée en application de la loi LRU dite « d’autonomisation des universités » a marqué le début de la destruction d’un système fragilisé par les restrictions budgétaires mais aussi par l’attentisme et la passivité de la communauté universitaire qui préfigure la privatisation de l’ESR.
En créant le Collectif PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement Supérieur, la Recherche et Ailleurs), des précaires et des statutaires de l’ESR de toutes disciplines ont décidé de s’opposer à la casse imposée par le gouvernement ainsi que l’appropriation privée quotidienne des moyens, outils et résultats de la recherche.

Le collectif PAPERA se veut être un réseau autonome d’information et d’action pour lutter contre la précarité sous toutes ses formes dans l’ESR et ailleurs en exigeant une stabilité de l’emploi, une revalorisation des carrières et un contrôle transparent et démocratique des instances scientifiques et administratives par les acteurs de la recherche, non par une officine crée sur mesure par le gouvernement, l’AERES, ou par des réseaux d’influences mandarinales. Nous exigeons également la fin de la précarité et de l’arbitraire dans les EPST et les universités. Nous refusons également la précarisation que subissent l’ensemble des travailleurs quel que soit leur secteur, ainsi que la destruction des acquis sociaux fondamentaux comme la retraite, l’éducation et la santé.

En effet, nous n’échangerons pas notre précarité actuelle dans un service public affaibli et torpillé par les gouvernements successifs pour un précariat définitif dans un secteur privé triomphant… Ces problèmes nous concernent et nous touchent tous parce que les savoirs et les technologies déterminent les orientations de la société et en alimentent autant les progrès que les catastrophes.

Les seules choses impossibles sont celles que l’on ne désire pas vraiment - Errico Malatesta

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Réunions les mardis sur Paris et peut-être bientôt ailleurs également.



Documents joints

Collectif PAPERA
Collectif PAPERA
Texte d’appel du collectif PAPERA (1er octobre 2008)

Signatures :  15

Date Nom Sites Web Message
Septembre 2009 Seo Cherubin black hattitude seocherubin
Septembre 2009 Black Hattitude black hattitude Vous avez tout mon soutient, si je peux aider en diffusant des infos sur le net, n’hésiter pas.
Août 2009 Franck Louet saint emilion
Mai 2009 sandrine Musso
Mars 2009 Françoise Renaudie
Mars 2009 Jérome
Mars 2009 E_S_A L’intelligence doit retrouver sa dignité, hors marchandisation. En luttant collectivement contre ce pouvoir asservi, nous devons, avec des initiatives comme celles-ci, permettre à tous les acteurs du progrès social, déja de sortir eux-mêmes de la Précarité, avant d’élargir les cercles d’indépendance et de liberté autour d’eux. Croissance explosive autour de votre initiative.
Mars 2009 Pelegrin J. Plein soutien à PAPERA
Février 2009 MOUGEL
Février 2009 Mokhtari On nous disait quand on était petit qu’il fallait faire des études pour avoir un bon travail, mais on a oublié de nous dire qu’il est préférable de s’arrêter avec un diplôme d’ingénieur, sinon c’est comme si on n’avait pas fait d’étude.
Janvier 2009 LAFARGE
Janvier 2009 Cordier Anne
Décembre 2008 Marc Legros Cemes.fr Je crois qu’après bientôt 3 ans d’ANR, le problème des précaires va vraiment apparaitre. Cordialement.
Octobre 2008 Philippe Enclos MCF droit social à Lille 2, Bureau national du SNESUP. Le mensuel d’octobre du syndicat contiendra un dossier sur la précarité dans ESR. Tenez bon !
Octobre 2008 maillard Très cordialement.

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Brèves

Le site du collectif revit en grande partie

mercredi 18 novembre 2009
Depuis deux jours, le site collectif PAPERA est à nouveau accessible. Les administrateurs techniques du collectif demandent de l’indulgence auprès des autres membres du collectif, des lecteurs assidus et occasionnels du site, des sympathisants, des collègues précaires ou non, et même au ministère qui avait perdu un moyen de nous observer facilement ;-).
Quelques soucis persistent : un caractère bogué, le "à", et des justifications de texte qui suppriment l’affichage de certains textes d’articles). Nous avons heureusement quitté notre hébergeur tortionnaire peu scrupuleux (OVH) pour infomaniak qui nous permet de vous offrir un site plus rapide.

Dans l’attente de la résolution complète des ennuis et même après, si des problèmes persistent, n’hésitez pas à nous les signaler.

Antonin,
Webmaster

Sur le Web : Contact

Le site de PAPERA en souffrance

vendredi 25 septembre 2009

Les membres du collectif PAPERA présentent leurs excuses aux lecteurs du site internet www.collectif-papera.org. Les fermetures répétées et longues du site sont principalement dues à un hébergeur assez autoritaire, peu compréhensif et motivé uniquement par le profit.
Le site riche en illustrations et très interactif mériterait des moyens techniques plus importants que nous ne pouvons financièrement pas nous permettre. Mais nous faisons de notre maximum pour que cela tourne !

Antonin,
Administrateur technique du site

P.S. : Si vous voulez vous lancer comme nous dans la création d’un site internet, n’allez pas chez OVH si vous tenez à vos cheveux ;-)

Et le site n’était pas accessible...

mardi 30 juin 2009

Suite à des fermetures intempestives par notre hébergeur (OVH), le site a été inaccessible pendant plusieurs jours. Nous nous excusons auprès de nos lecteurs assidus, sympathisants, curieux, … et de nos rédacteurs.

Le problème semble réglé et l’origine déterminée (une erreur des techniciens d’OVH). Nous n’avons pas pu réagir plus vite car notre seul administrateur technique est un précaire autodidacte en administration de site (Antonin).

Si l’accès bloqué au site vous a paru pénible, peut-être êtes vous prêts à rejoindre l’équipe d’irréductibles précaires qui le font vivre ainsi que la cause défendue (Pour l’abolition de la précarité… PAPERA quoi !) ?? Ce n’est rien qu’un appel du pied, pas de panique ;-)