mardi 27 janvier 2009
à 12h34, par Isabelle Debergue
L’Agent comptable de l’Université Paris VII m’a écrit le 20 janvier, sans doute juste après l’assemblée de Tolbiac où ma situation a été évoquée. Il m’a demandé un justificatif de ma situation financière, et je lui ai donc envoyé par retour de courrier mon dernier avis d’imposition. Mais je n’ai toujours pas reçu de réponse de sa part, et sa lettre déclarait que l’action de l’huissier reste en cours.
L’huissier peut donc lancer la saisie vente tout moment à partir de jeudi, malgré ma demande de délai de paiement, qui avait été accompagnée de deux versements pour un total de 60 euros, et le justificatif de ma situation financière très difficile qui se trouve en possession de l’administration depuis le 22 janvier au soir (télécopie à l’Agent comptable et à la Présidence, envoyée en même temps par deux lettres recommandées).
Voir mon article d’hier soir :
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article78991
L’Université Paris VII m’envoie un huissier saisir mes meubles (II)
Le 26 janvier, les médias rapportent l’appréciation du ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth, estimant que les grèves « ne sont pas la meilleure réponse » dans l’actuelle période de crise économique. Mais la crise n’a pas empêché l’Université Paris 7 - Denis Diderot de m’envoyer mardi dernier, malgré mes difficultés financières, un huissier mandaté par son Agent comptable avec un commandent de payer aux fins de saisie vente de mes biens meubles pour une créance de 1000 euros qui devient ainsi de 1112 euros avec les frais d’huissier (voir mon précédent article). Le même jour, l’Agence comptable de l’université m’a adressé un courrier répondant pour la première fois à une demande de délai de paiement que j’avais adressée à la présidence de l’établissement un mois plus tôt. Au même moment, l’intervention de l’huissier avait été évoquée par un membre d’Indépendance des Chercheurs lors d’une assemblée dans les locaux de l’Université Paris VII à Tolbiac, organisée à l’initiative de Sauvons la Recherche (SLR) et de Sauvons l’Université (SLU). Mais d’après le courrier de l’Agent comptable qui m’est parvenu le lendemain, « le dossier reste en cours chez l’huissier ». La détresse des uns peut générer un travail lucratif pour d’autres.
L’Agent comptable de l’Université Paris 7 - Denis Diderot me demande des justificatifs de ma situation financière afin d’examiner ma demande de délai. Mais il ajoute en même temps : « Dans cette attente, le dossier reste en cours chez l’huissier ». Le commandement de payer ayant été formulé d’emblée avec un délai de huit jours, l’huissier peut lancer une saisie vente en se présentant à mon domicile à partir de jeudi, avant même que l’université ait examiné mes pièces justificatives d’une situation qui lui est déjà connue.
Curieux et inquiétant, que dans ces conditions l’Université Paris VII ne suspende pas sa démarche lancée par voie d’huissier il y a une semaine alors qu’elle se trouvait depuis le 23 décembre en possession d’une demande de délai de paiement accompagnée d’un premier versement. Où est l’aide des pouvoirs publics en période de crise ? Évidemment, je ne suis pas une banque et l’Université Paris VII est devenue « autonome ».
Il restera sans doute pour les annales qu’en première instance, à l’occasion de mon recours auprès du Tribunal Administratif de Paris demandant l’application de la Charte des Thèses, l’avocate de l’Université Paris VII a été jusqu’à me réclamer 5000 euros de « dommages-intérêts pour procédure abusive » plus 2500 euros de frais d’avocat (un total de 7500 euros , alors que je me trouvais sans ressources et plaidais sans avocat), pour avoir demandé que le tribunal annule un refus d’appliquer la Charte des Thèses de cette Université. La vice-présidence de la 7e Section du TAP n’a pas suivi les demandes reconventionnelles de l’Université, mais elle a rejeté ma requête par ordonnance le 8 janvier 2004 (ANNEXE 1), avec ce considérant :
« s’il est prévu qu’au moment de son inscription le doctorant signe avec le directeur de thèse la charte des thèses, une telle indication implique simplement que les intéressés ont pris connaissance de ce document et n’a pas pour objet d’établir une relation contractuelle entre les signataires ; qu’ainsi la décision de refus contestée, dont l’existence n’est pas établie, ne saurait présenter le caractère d’une décision administrative faisant grief et n’est pas de nature à être déférée au juge de l’excès de pouvoir ; que, par suite, la requête de Mlle DEBERGUE est manifestement irrecevable et doit être rejetée ».
(fin de citation)
Le considérant n’examine pas la question de la valeur réglementaire de la Charte des Thèses. C’est pourtant le moyen que j’avais plaidé, et qui semble s’accorder avec la réponse du ministre de l’époque François d’Aubert à une question écrite d’André Santini (ANNEXE 2) :
« Si elles n’ont pas valeur contractuelle. les dispositions de la charte des thèses, approuvées par le conseil d’administration de l’université, constituent néanmoins des règles d’organisation du service que doivent respecter les enseignants et les doctorants de l’établissement ».
(fin de citation)
La situation n’a pas vraiment changé en appel, sauf que j’ai été condamnée à verser une somme importante (1500 euros au total) de frais d’avocats des partie adverses (les universités Paris V et Paris VII et l’INSERM).
Voir également mon article du 21 janvier :
L’Université Paris VII m’envoie un huissier saisir mes meubles (I)
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article78560
Isabelle Debergue
isabelle_debergue yahoo.fr
http://www.geocities.com/petite_citoyenne/
Suivent les annexes
ANNEXE 1 - Ordonnance du TAP du 8 janvier 2004. C’est pour avoir fait appel de cette ordonnance, que j’ai été condamnée à payer 1500 euros de frais d’avocats des parties adverses (Universités Paris V et Paris VII, INSERM).
ANNEXE 2 - Question écrite du 11 mai 2004, de l’alors député André Santini, et réponse du 27 juillet 2004 du ministre délégué à la Recherche François d’Aubert.
(pour les annexes, voir l’article original : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article78991)
Amicalement
Isabelle Debergue
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