Collectif PAPERA, Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs.
Mme la Ministre,
Chers collègues précaires ou statutaires, chercheurs, E-C, ingénieurs, techniciens et administratifs,
La politique actuelle du ministère de l’enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) conduit à une diminution importante des recrutements (environ 1000 postes cette année) qui ne sont absolument pas compensés, malgré ce que vous avez déjà répondu Mme la Ministre, par le cadeau au privé qu’est le CIR.
La politique du ministère est basée sur une précarisation massive et inadmissible des personnels de l’ESR : précariser les personnels afin d’améliorer le contrôle sur les acteurs de la recherche et de faire des économies par la misère. Au moment où la Ministre ne parle que d’efficacité de l’ESR, elle nous propose (et à la société française également), ou plutôt elle nous impose un fonctionnement de l’ESR totalement contre-productif.
L’entrée de certaines universités dans l’ « autonomie » (qui n’a de réalité que le nom), ouvre, plus que jamais, grandes les portes au localisme, au clientélisme et autres passe-droits qui n’ont rien à voir avec l’excellence tant vantée.
Le système actuel fonctionne sur des précaires (chercheurs, enseignants, EC, ITA/BIATOSS) qui enchaînent des CDD souvent de courtes durées. Ces aberrations dans la continuité du travail d’enseignement et de recherche ainsi que dans la transmission des savoirs sont largement amplifiés par les réformes en cours.
La perte d’indépendance des chercheurs et des enseignants-chercheurs amenée par le renforcement de la recherche sur projet et le clientélisme à tout niveau va à l’encontre, en toute logique, de la liberté de penser qui est vitale à la créativité, à l’innovation et à la qualité de l’ESR.
Les réformes menées « tambours battant » par le ministère porte la graine non dissimulée de l’individualisme. Cette mauvaise graine pousse à grande vitesse, nourrie par les intérêts individuels actuellement exacerbés par les tentations carriéristes et financières, et détruit, en prenant racine, l’essence même de l’ESR : l’esprit de communauté scientifique et de collégialité.
Vous confondez, Mme la Ministre, « excellence » et « élitisme » : l’un est louable, l’autre délétère. « Délétère » surtout pour les précaires qui portent les connaissances scientifiques, techniques et administratives de l’ESR sacrifiant ainsi note avenir et celui de la société au profit d’une efficacité de façade.
Antonin,
Membre du collectif PAPERA



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