Mensualisation à Lille 2, une victoire en appelle d’autres

Collectif travailleur-e précaires ESR | par Collectif de Lille | 1 mars 2017
jeudi 16 mars 2017
par  antonin
1 vote

Après 9 mois de lutte, plusieurs blocages des conseils de la COMUE, des actions de sensibilisation envers les étudiants et les personnels de l’université de Lille et plusieurs rencontres avec les président-es d’université et responsables des ressources humaines, Lille 2 et Lille 1 ont décidé de mensualiser le paiement des vacations. A Lille 2, les composantes ont demandé cette semaine aux vacataires de déclarer leurs heures afin de les payer, à Lille 1 la direction entre dans le même processus. C’est une petite victoire pour le collectif des précaires qui se bat depuis mai dernier pour porter – entre autre- cette revendication simple : les travailleurs de l’université doivent être payés tous les mois pour le travail effectué.

Tout n’est pas gagné pour autant : les délais incompréhensibles de traitement des dossiers obligent à ne payer les heures travaillées qu’avec un délai de deux mois. C’est mieux que la situation initiale (les vacataires déclaraient leurs heures à la fin du semestre, en mai, pour être payés – au mieux- en juillet), mais c’est toujours trop long. De nombreux vacataires ne pourront pas profiter de cette mesure immédiatement, parce qu’en février, six semaines après le début des cours, leurs dossiers n’ont toujours pas été validés par l’administration et qu’ils n’ont toujours pas signé de contrat. La mensualisation risque de ne bénéficier qu’à quelques personnes.

Le collectif des précaires de l’ESR de Lille se félicite de la prise de conscience des services administratifs des universités et salue leurs efforts. Toutefois, il n’est pas normal qu’un collectif doive se constituer, se battre pour se faire entendre puis devenir spécialiste de ressources humaines pour changer de telles situations : puisque la mensualisation des vacations est matériellement possible, c’est de la responsabilité des présidents et élus de s’emparer du problème et de permettre aux services de le résoudre. Le collectif appelle donc à la vigilance de chacun : les réalités des situations des vacataires sont trop mal connues ou volontairement ignorées. Il est temps de les prendre en compte. Le collectif se désole de devoir lutter pour la mensualisation des vacations, mesure nécessaire mais qui reste de l’ordre de la gestion et de l’institutionnalisation de la précarité. La mensualisation aménage la précarité, mais ne la supprime pas. Nous continuons à appeler au rassemblement et à la lutte contre la précarité dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, pour des conditions de travail dignes et une augmentation du nombre de postes stables d’enseignant chercheurs.


Lire sur le sur du Collectif travailleur-e précaires ESR


Commentaires

Agenda

<<

2017

 

<<

Mai

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930311234
Aucun évènement à venir les 2 prochains mois

Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

Soutenir par un don