Affaire « Sophie Perrin » : le 19 janvier 2015, encore une audience pénale à l’initiative de Lyon 2

Rebellyon.info | 15 janvier 2016
samedi 20 février 2016
par  antonin

Salariée en reprise d’études, ayant obtenu le master 2 recherche en anthropologie à Lyon 2 mention très bien en juin 2010, Sophie a été barrée pour l’accès en thèse au sein de cette université. Elle a également été discrédité auprès des autres universitaires susceptibles d’être intéressés par diriger ses travaux, dans sa discipline.

 Pourquoi un tel acharnement ?

Selon la direction de l’université, et ses supporters, tout cela, c’est parce que Sophie est folle, agressive, excessive, véhémente et violente.

Bref, un peu comme ça :

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Et, bien sûr, folle à lier (cela se voit sur le cliché).

Le cliché ? Un cliché sexiste, machiste, destiné à cacher la réalité. Ce qui dérange ici ?
Sophie est syndicaliste, libertaire, féministe. C’est une camarade. En plus, elle a choisi d’étudier un sujet difficile et peu travaillé au sein des sciences sociales : les violences sexuelles incestueuses.

La personne dérange par ses engagements. Le sujet dérange aussi.

Un peu comme ça, en fait :

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Le tout, dans un climat d’université devenue malsaine et répressive depuis 2007.

 De 2010 à 2015…

Sophie a donc vu ses travaux, et sa personne, traînés dans la boue par la direction de l’université, certains personnels anthropologues à l’initiative de son éviction, et leurs supporters, universitaires ou non. Une première procédure pénale a été mise en place pour la salir également en justice, tout en permettant de lui interdire abusivement pour plus de deux ans, par simple arrêté signé de la main du président d’alors, André Tiran, tout accès aux campus.

Peine perdue : l’interdiction d’accès aux campus a fini par être déclarée illégale par le tribunal administratif, l’université a été entièrement déboutée de sa plainte. Seule l’ex-codirectrice de mémoire de master de Sophie, Marie-Carmen Garcia, sociologue spécialisée en études de genre, a reçu des dommages et intérêts pour des « appels téléphoniques malveillants » que Sophie n’a pas effectués.

Il est à rappeler que cette sociologue « féministe » a déclaré comme éléments à charge, dans ses PV de police, que Sophie « adorait contrer les règles » et était « très investie dans les mouvements syndicalistes et anarchistes ».

 En 2015, Lyon 2 récidive et amplifie son harcèlement judiciaire

Gilles Maletras, André Tiran, Lionel Obadia, et Lyon 2 en tant que telle, demandent plus de 12000 euros de dommages et intérêts et frais d’avocats pour délit de presse.

Durant l’été 2015, le juriste de l’université met en place deux nouvelles procédures : l’une, pour diffamation et injures publiques, reçue de suite par Sophie.
L’autre, pour « courriels malveillants », vient de faire l’objet d’une convocation policière de Sophie début janvier 2016, avec consigne à l’OPJ de « recontacter le Parquet immédiatement après l’audition de Sophie », c’est à dire avant la sortie effective de Sophie du commissariat.
L’article de loi utilisé était le même (modifié entre temps) que celui pour « appels malveillants », donc avec récidive légale, ce qui rendait techniquement possible une comparution immédiate dans la foulée, pouvant entraîner jusqu’à 2 ans de prison, interdiction de droits civiques donc révocation d’office de Sophie de son emploi, notamment.

Sophie s’est trouvée, le 7 janvier 2016, face à une policière qui lui demandait de répondre à la question « ces 202 mails écrits entre le … et le …, vous reconnaissez en être l’auteure ? », tout en refusant absolument de lui montrer ces mails, ce, cependant qu’une plainte en usurpation d’identité électronique portée par Sophie en mai 2015 est toujours sans suite de la part du Parquet !

Après avoir refusé de répondre, et expliqué pourquoi (parce que ce qu’elle avait dit dans ses PV lors de la première procédure n’avait pas été pris en compte du tout par la justice ensuite), Sophie a montré, pièces à l’appui, que ses accusateurs ont menti dans leurs dépositions durant cette première procédure. Ce que la policière a constaté avant de contacter le Parquet.

Après presque une demi-heure ( !) de discussion téléphonique avec le procureur, la policière a rendu à notre camarade son permis de conduire, en lui disant que cette seconde plainte serait traitée, puisqu’il s’agit en fait en partie des mêmes courriels, à la même audience que la première.

L’audience en chambre de la presse est prévue le 19 janvier 2016 à 14h.
L’avocat de Sophie, Maître Forray, va, dans cette nouvelle configuration, en demander le report pour avoir le temps d’accéder au dossier de la seconde procédure.

Nous appelons les personnes qui peuvent venir (sans prendre de congés sur leur temps de travail ou décaler des RDV importants), à être présentes dans la salle de 14h à 14h30, au TGI, chambre de la presse, ce 19 janvier pour ce report d’audience, afin de rappeler que Sophie n’est pas seule, et qu’à travers son exemple, c’est

  • la liberté et les droits de tous les étudiants syndicalistes, et de tous les étudiants militants qui est bafouée une fois de plus.
  • C’est aussi la possibilité de tous les étudiants à accéder au doctorat selon leur seul mérite universitaire et non en fonction de leur capacité à être des carpettes ou leur haute origine sociale, qui est atteinte.
  • C’est aussi la possibilité pour les salariés de reprendre et poursuivre des études au plus haut niveau, qui est mise en cause.
  • Ainsi que celle de toutes les victimes de violences sexuelles à avoir voix au chapitre pour produire de la connaissance sur ce sujet des violences sexuelles.

C’est enfin la liberté d’expression qui est bafouée, l’obsession de l’université Lyon 2 étant depuis cinq ans de faire « cesser ces mails » à Sophie. Des mails où elle dénonce ce qui lui a été infligé, ainsi qu’à d’autres en cette époque de répression à l’université (et ailleurs). Des mails, puis des billets de blogs, par lesquels elle diffuse ses travaux de recherche sur l’inceste, ainsi que des saynètes satiriques sur l’actualité politique et universitaire : toutes choses résolument insupportables pour les plaignants ?

Nous vous appelons également tou.te.s à préparer votre venue, massive, pour l’audience en Chambre de la presse dont la date sera connue le 19 janvier.

Le comité de soutien :

Fred, militant à la CGT éduc’action, membre du collectif "troubles fête, malgré nous" de lutte contre les violences sexuelles incestueuses

Françoise, anarchiste, ex-membre de la Fédération Anarchiste, enseignante en mathématiques certifiée bi-admissible à l’agrégation (en retraite), bénévole associative "chiens visiteurs", membre de l’AIVI (Association Internationale des Victimes de l’Inceste)

Sacha, rédacteur et dessinateur pour le journal satirique foutou’art

Sam, militant à la CGT éduc’action


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Brèves

EFiGiES lance une enquête sur la jeune recherche non statutaire face à la parentalité

mercredi 4 mai 2016

L’association EFiGiES lance une enquête sur la jeune recherche non statutaire face à la parentalité.

Comment concilier le fait d’attendre un enfant ou d’être parent quand on est en thèse ou en recherche de poste ? Quelles difficultés spécifiques voient le jour à cette occasion ? Comment l’institution académique prend-elle en charge (ou non) les jeunes chercheur.e.s confronté.e.s à ces situations ?

Ces questions nous paraissent d’autant plus d’actualité dans le contexte de la mobilisation collective contre la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche, précarité touchant particulièrement les femmes et les jeunes chercheur.e.s, en abordant une problématique qui nous semble encore peu étudiée.

Pour cela, nous avons élaboré un questionnaire qui s’adresse à tou.te.s celles et ceux qui se sentent concerné.e.s, qui sont en thèse en France ou l’ont été

Y répondre vous prendra une vingtaine de minutes.

Si vous désirez davantage de renseignements sur cette enquête, vous pouvez nous écrire à : contact.efigies gmail.com

N’hésitez pas à faire circuler ce questionnaire dans vos réseaux et auprès de vos connaissances, en particulier si elles ont quitté le milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le plus grand nombre de contractuels de la FPE est dans l’enseignement supérieur

vendredi 2 décembre 2011

Selon le Rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2010-2011, en 2009, (cf. tableaux p.261 et p.262) on dénombrait un total de 360 907 agents non-titulaires dans la Fonction Publique d’État (FPE). Sans compter les "Emplois statutaires de non-titulaires des ÉPA dérogatoires, dont : Pôle emploi, CROUS, INRAP, Agence de l’eau...". Pour comparaison, il y a 355 001 agents non titulaires dans la Fonction Publique Territoriale (tableau V 1.1-1, p.67).

  • 131 542 agents non-titulaires dans les différents ministères, correspondant à 107000 Équivalent Temps Plein.
  • 229 365 agents non-titulaires dans les EPA (Établissements Publics à caractère Administratif), 181807 ETP, sur un total de 348416 agents. Ce qui fait quasiment 3 fois plus de non-titulaires.
  • En 2009, il y avait 68 915 non-titulaires dans l’Éducation nationale et 75 884 dans l’Enseignement supérieur, soit le plus gros contingent de non-titulaires de tous les ministères (tableau 1.3-3, p.229).
Sur le Web : Lire sur POOLP

Droits d’inscription universitaires 2011-2012

lundi 1er août 2011

JORF n°0176 du 31 juillet 2011, page 13076, texte n° 13

Arrêté du 28 juillet 2011

  • Licence 177€
  • Master 245€
  • Doctorat 372€

Diplôme de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique et paramédicaux 177€, 2e cycle 245€...

Tous les détails pour les autres diplômes ci-dessous :

Sur le Web : Sur legifrance.gouv.fr

Section 19 du CNU, suite et pas fin (du tout)

samedi 18 juin 2011

Agora relance le dossier "auto-promotion" qui se déroule au sein de la section 19 du Conseil National Universitaire (CNU) :

Nous vous relayions il y a quelques jours la déclaration de professeurs siégeant au sein de la 19e section du CNU et dénonçant les nouvelles auto-promotions dont elle a été le théâtre. Pour compléter cette dernière, nous reproduisons, avec sa permission, la lettre ouverte qu’Alain Quemin a adressé à ses collègues. Voilà qui devrait alimenter les discussions au prochain Congrès de l’Association française de sociologie (AFS), début juillet à Grenoble, où les principaux intéressés ne seront malheureusement sans doute pas présents…

Sur le Web : La suite sur Agora

Répression policière à l’École Normale Supérieure

mardi 19 avril 2011

Communiqué du 19 avril 2011

Alors que les grévistes allaient entamer leur 100éme jour de grève et que les négociations avec la direction suivaient leur cours, la directrice de l’ENS, Monique Canto-Sperber, a décidé d’ordonner l’évacuation des locaux occupés par les grévistes et les étudiants qui soutenaient le mouvement. A 6h, les forces de l’ordre en nombre conséquent ont délogé les occupants sans sommation en défonçant la porte. 14 personnes ont été arrêtées et sont actuellement retenues au commissariat du 5éme arrondissement.

Après le référé au tribunal administratif et les menaces quotidiennes des huissiers, la direction de l’ENS franchit un pas de plus dans la répression de ses propres salariés précaires et étudiants syndiqués et non syndiqués. Le mouvement social est déterminé à continuer la lutte et ne cédera pas aux pressions comme aux menaces physiques.

Le comité de mobilisation de l’ENS


Le comité a appelé à un rassemblement de soutien aux interpelés qui sont sorti du commissariat vers 9h30, puis à une assemblée Générale à l’ENS (45 rue d’Ulm) à 12h.

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