Mobilisation des Précaires de la Recherche de Montpellier

mercredi 3 octobre 2012
par  antonin
2 votes

 Communiqué des Précaires de la Recherche de Montpellier

Appel à la mobilisation générale de tout le personnel de la recherche publique contre le dégraissage massif des CDD le jeudi 4 Octobre 2012

Suite à l’application de la loi Sauvadet du 12 mars 2012 [1], la situation des agents non titulaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche est devenue dramatique. Ces agents précaires représentent 25 % des agents des Universités et environ 30 % des effectifs des EPST (Établissements Publics à caractère Scientifique et Technique) et encore plus de personnes physiques, vue l’importance du turn-over. Pour la seule région Languedoc-Roussillon, le nombre de précaires s’élève à plus de 1000 personnes. Les organismes de recherche accélèrent le dégraissage massif des CDD pour les empêcher d’être éligibles à la « CDIsation » ou à l’ouverture de concours réservés. Ainsi une grande partie du personnel précaire de nos laboratoires commence à se retrouver au chômage. Trois mois se sont écoulés depuis notre première mobilisation et les laboratoires continuent de se vider, SILENCIEUSEMENT….

La loi Sauvadet, visant au départ à résorber la précarité, est appliquée suivant des critères si restrictifs qu’elle n’a permis la CDIsation que d’une infime partie du personnel contractuel à l’échelle nationale. On évoque les chiffres de 6 CDIsations à l’INRA, 12 à l’INSERM et 42 au CNRS. De plus, les contractuels ayant presque 6 ans d’ancienneté dans leurs laboratoires ne sont déjà plus renouvelés. Pire encore, les EPST ont mis en place un contrôle drastique du renouvellement des contrats pour limiter au maximum le nombre de précaires pouvant avoir les 4 ans nécessaires afin d’être éligibles aux procédures de titularisation sous forme de concours réservés. Nous nous retrouvons dans une situation absurde et discriminatoire où nous ne sommes pas CDIsables et où nous ne pouvons pas non plus prolonger nos CDD. Et autre conséquence absurde, la charge de travail des laboratoires va devoir se reporter sur les personnels en poste ou sur de nouveaux CDD recrutés par les établissements pour poursuivre leurs projets de recherche (qui, à leur tour, se verront refuser un renouvellement de contrat).

La situation est d’autant plus scandaleuse que beaucoup de laboratoires ont des financements pour payer leurs agents contractuels. La majorité de ces financements ne provient pas des EPST mais est obtenue par les laboratoires sur la qualité de leur projets au travers d’associations telles que l’ANR (Association National pour la Recherche), l’ERC (European Research Council), l’ARC (Association pour la Recherche sur le Cancer), la FRM (Fondation pour la Recherche Médicale) ou encore l’AFM (l’Association Française de Myopathie) pour n’en citer que quelques unes. Or ce sont les EPST qui gèrent ces contrats de recherche et de ce fait les chefs de laboratoires souhaitant garder leurs personnels compétents et qualifiés ne le peuvent plus.

Cette situation absurde constitue un véritable gâchis de personnel hautement qualifié, préjudiciable pour la recherche française et sa compétitivité à l’échelle internationale. Le maintien d’une recherche française de qualité ne pourra se faire sans un réel changement dans la politique d’emploi dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche. Forts de ce constat, nous, collectif de précaires de la recherche de Montpellier, demandons :

  1. le renouvellement des contrats des personnels non-titulaires possédant un financement
  2. une augmentation significative du nombre de postes aux concours quelle que soit la catégorie
  3. l’ouverture de négociations sur l’emploi scientifique

Avec le soutien de plusieurs syndicats et de Sauvons la Recherche, nous avons tenté à plusieurs reprises d’alerter Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche sur ce sujet et d’obtenir un rendez-vous, mais le gouvernement continue de faire la sourde oreille. C’est pourquoi nous avons décidé, ce jeudi 4 octobre, d’aller remettre aux autorités locales nos revendications sous la forme d’une lettre ouverte adressée à Mme Fioraso. Pour ce faire un cortège partira de la place de la Comédie (office de tourisme) à 14h pour rejoindre la préfecture.

Les Précaires de la Recherche de Montpellier  : précairesdelarecherchemtp gmail.com

 Appel à la mobilisation générale de tout le personnel de la recherche publique

Afin de satisfaire aux exigences européennes, une procédure de CDIsation des précaires de la recherche publique française a été lancée en Mars 2012, au travers de la loi Sauvadet. Présentée comme la solution miracle pour résorber la précarité dans les différents EPST (CNRS, INRA, INSERM…), la stricte application de cette loi, par exemple pour le CNRS, n’a conduit à la CDIsation que de 46 personnes à travers toute la France (on évoque le chiffre de 6 CDIsations pour l’INRA). Nous pourrions éventuellement nous réjouir si seulement les conséquences de l’application stricte de cette loi n’étaient pas aussi graves. La poudre aux yeux de la loi Sauvadet masque une toute autre réalité.

En effet, pour éviter de nouvelles CDIsations dans les laboratoires, nos organismes de recherche (CNRS/INRA/INSERM…) sont en train de refuser tous les renouvellements de CDD de précaires ayant de 3 ans à 6 ans d’ancienneté.
Ainsi vos collègues occupant des postes pérennes dans des conditions précaires continuent d’être non renouvelés, envoyés au chômage après des années de bons et loyaux services dans la recherche publique française.
Ce dégraissage concerne toutes les catégories de personnel et cela même lorsque ces derniers ont un financement très durement obtenu.

Suite à notre première mobilisation du 4 juillet dernier, hélas, RIEN n’a changé…
Trois mois ont passé et les labos continuent de se vider, SILENCIEUSEMENT….

Le bilan de la situation actuelle :

  • De plus en plus de précaires dans nos laboratoires
  • Une discrimination à l’embauche sous couvert d’une trop grande "ancienneté"
  • Un nouveau statut : CDD « Kleenex » on prend, on forme, on jette !!
  • Plus d’un millier de forces vives de la recherche publique qui vont aller frapper aux portes de Pôle Emploi d’ici 2 ans dans le Languedoc-Roussillon, si rien n’est fait…

C’est pourquoi, nous devons nous positionner rapidement contre cette dérive qui conduit dès aujourd’hui à l’appauvrissement de la recherche publique (tant sur le plan humain que sur le plan intellectuel). Dans ce cadre, nos principales revendications sont :

  • le renouvellement des contrats des personnels non-titulaires possédant un financement
  • une augmentation significative du nombre de postes au concours dans toutes les catégories
  • l’ouverture de négociation sur l’emploi scientifique

Rassemblons-nous maintenant pour dire NON au dégraissage massif des CDD !

Jeudi 04 Octobre 14h00
Office du Tourisme Place de la Comédie

[Voir l’agenda et le tract à télécharger]

 Lettre ouverte à Geneviève FIORASO, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Copie à : M. Fuchs, Président du CNRS
Copie à : M. Syrota, Président de l’INSERM
Copie à : M. François Houllier, Président de l’INRA
Copie à : Mme Gibello, Déléguée Régionale du CNRS DR13
Copie à : M. Houzel, Conseil Social
Copie à : M. Cavaillé, Délégué Régional Languedoc Roussillon de l’INSERM

A Montpellier, le 18 septembre 2012

Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche,

Nous nous adressons à vous pour la troisième fois au sujet du cruel problème auquel est confrontée actuellement la recherche publique française.
Nous vous avions déjà interpellée au début de l’été, sur la situation alarmante des agents non‐titulaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, qui représentent 25 % des agents des universités et plus encore dans les organismes de recherche.
Ces organismes multiplient les non‐renouvellements de contrats.

Qu’il s’agisse de non‐renouvellements de contrats à titre préventif pour éviter des titularisations (loi Sauvadet) ou pour éviter de créer des droits à la CDIsation ou bien d’une volonté plus ou moins dissimulée de diminuer la masse salariale dans le cadre de budgets globaux contraints, une grande partie du personnel précaire travaillant dans nos laboratoires se retrouve de facto au chômage, et ce nombre ne va cesser de croître dans les mois à venir. En conséquence, la charge de travail devra se reporter sur les personnels en poste ou sur de nouveaux CDD recrutés par les établissements pour poursuivre leurs projets de recherche (qui, à leur tour, se verront refuser un renouvellement de leur contrat).

Cette situation absurde constitue un véritable gâchis de personnel hautement qualifié, préjudiciable pour la recherche publique française et sa compétitivité à l’échelle internationale.

Le maintien d’une recherche publique de qualité ne pourra se faire sans un réel changement dans la politique d’emploi de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Forts de ce constat, nous voulons en premier lieu une augmentation significative du nombre de postes aux concours dans toutes les catégories. Et dans l’attente de mesures concrètes concernant l’emploi scientifique statutaire, nous souhaitons vous alerter sur l’urgente nécessité de résoudre le problème du non‐renouvellement des contrats des personnels non‐titulaires occupant des emplois précaires (mais sur des postes/fonctions pérennes).

L’absence de réponse de votre part nous laisse dans le plus grand désarroi. Votre silence est incompréhensible eu égard aux promesses faites par Monsieur François Hollande lors de sa campagne présidentielle.

Veuillez recevoir, Madame la Ministre, l’expression de nos sentiments distingués et de notre attachement à la recherche publique française. Le comité des Précaires de la Recherche de Montpellier

Avec le soutien des syndicats :

CGT (SNTRS (CNRS) – INRA – UM2 – Irstea – CIRAD ‐ UM1 ) , FSU (SNCS – SNESup), Sud (Recherche EPST, Education), SLR, Sgen‐CFDT‐Recherche‐EPST, UNSA Recherche, STREM‐Sgen‐Cfdt IRD
Et de Sauvons la Recherche




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Lettre ouverte à Geneviève FIORASO, Ministre de (...)
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Le vieux lion est mort

vendredi 14 octobre 2016

C’est avec grande tristesse que nous apprenons la disparition d’Henri-Edouard Audier. Henri était un pilier dans la lutte pour défendre l’Enseignement supérieur et la recherche en France. Cette pugnacité dont il faisait preuve était accompagnée d’une précision dans ses propos grâce à sa grande connaissance des rouages du système. Par son admirable travail d’analyse, il nous a permis de nous défendre avec rigueur contre les effets de communication et de manipulation des différents gouvernements. Il pouvait analyser d’un côté des chiffres budgétaires de tout l’ESR avec une admirable précision et d’un autre côté soutenir la cause des précaires de la recherche. Nous n’oublierons jamais le soutien qu’il a apporté à PAPERA et de sa grande prévenance lors de nos différentes discussions avec lui. Il nous manquera à tous.

A lire le Texte d’Alain Trautmann

Universités : Victoire à Paris 8, grève à Paris-Est

mardi 7 avril 2015

[Politis, Par Ingrid Merckx - 3 avril 2015]

11 semaines. Il aura fallu tenir 11 semaines de grève pour que les bas salaires de l’Université de Paris 8 obtiennent gain de cause.

Le 3 avril, le Collectif des bas salaires a décidé de suspendre le mouvement.

« Si le conflit a duré au-delà de la seconde proposition de la présidence, à savoir le rehaussement à hauteur de 70 euros bruts pour l’ensemble des catégories C titulaires, c’est parce que cette proposition a été jugée insuffisante et n’incluait pas les contractuels « sur fonctions non pérennes ». Elle a été rejetée massivement par l’ensemble des personnels présents à l’assemblée générale qui s’est tenue le 5 février. (...)

A l’issue du conflit qui a opposé le collectif des bas salaires à la direction, les négociations ont permis d’acter une augmentation de 70 euros bruts minimum pour l’ensemble des personnels titulaires et contractuels sur fonctions pérennes. »

Nouvelles de la mobilisation des vacataires de Lyon 2

vendredi 6 mars 2015

[Le Progrès, 04 mars 2015, M.F.] (...) Selon Jean-François Goux, vice-président aux finances, il ne reste plus que 11 contrats non signés et ils le seront au plus tard ce vendredi. Sur ce volet, la situation des enseignants vacataires s’améliore mais ceux-ci réclament aussi de meilleures conditions de travail, notamment des TD moins chargés, ainsi que l’exonération de leurs frais d’inscription en tant qu’étudiants. Ils maintiennent la pression en refusant de transmettre les notes des étudiants à l’administration. Selon un vacataire, une cinquantaine de vacataires suit cette consigne. Jean-François Goux ramène ce chiffre à une dizaine, tout en admettant qu’il ne parvient pas à obtenir des données précises auprès des composantes les plus mobilisées. En ce qui concerne l’exonération, impossible de prendre une décision seulement à Lyon 2, répond-il en substance. Cela s’inscrit dans une politique de site, et doit être commun au sein de l’université de Lyon. D’après une enseignante vacataire, les jurys sont aussi suspendus dans quatre composantes : sociologie, anthropologie, sciences politiques, économie. Il s’agit d’un soutien politique à nos revendications » affirme-t-elle. Après le rassemblement du matin, une assemblée générale est prévue au sein de la grande université lettres et sciences humaines.

Retenues de notes à Paris Sud

samedi 14 février 2015

Les enseignants de biologie de l’Université Paris Sud ont décider en signe de protestation de procéder à une retenue des notes des examens. Depuis la semaine dernière, il y a eu deux assemblées générales qui ont réunies 250 puis 350 personnes (pas seulement en biologie mais majoritairement). Les étudiants et les personnels (2/3 vs 1/3) mobilisés ont ensuite interpeller directement le président sur la mise en place d’un budget d’austérité sur Paris Sud. En effet, même à Paris Sud qui a un budget moins serré que d’autres universités, la situation s’aggrave d’année en année. La mesure "phare" de l’année étant la suppression de tous les ATER (Attachés Temporaire d’Enseignement et de Recherche).

La mobilisation continue et l’AG du 12 février a proposé un évènement parisien pour la première semaine du mars auquel d’autres universités pourraient se joindre...

Lyon 2 : les enseignants vacataires poursuivent la grève

jeudi 12 février 2015

Lors de l’Assemblée générale de ce mercredi, les vacataires de Lyon 2 ont décidé de reconduire leur grève jusqu’au vendredi 13 février inclus. Il faut dire que les grévistes avaient fait part de leurs revendications (pas de contrat, ni de rémunération pour certains vacataires depuis la rentrée de septembre) à la présidence de l’Université et que la réponse avait été jugée « insatisfaisante ». « La présidence esquive ses responsabilités en rejetant la faute à des niveaux administratifs inférieurs ou supérieurs sans assumer ses choix politiques budgétaires », dénonce le collectif des vacataires de Lyon 2. Au-delà de ce constat général, une réponse détaillée sera apportée collectivement à la direction des ressources humaines ce jeudi à 10h.
[Lyon Mag, 04/02/2015]

Sur le Web : Lire sur Lyon Mag
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