[Canada] Économie du savoir ou démesure doctorale ? Les universités sont-elles en train de surqualifier leurs étudiants ?

Université de Sherbrooke | avril 2011
mardi 2 octobre 2012
par  antonin
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Un court article publié dans le journal interne de l’Université Laval nous a interpellés. On peut y lire que lors d’une journée carrière destinée aux étudiantes et étudiants des cycles supérieurs, François Y. Doré, adjoint du vice-recteur aux ressources humaines et directeur du Bureau des affaires professorales et du personnel enseignant et de recherche, présentait aux participants le marché de l’emploi en enseignement universitaire :

« … Les perspectives d’emploi sont excellentes dans pratiquement toutes les disciplines pour au moins les dix prochaines années. Pendant cette période, les universités canadiennes devront remplacer 21 000 professeurs qui partiront à la retraite ou quitteront l’enseignement, le scénario le plus pessimiste étant l’engagement de 9000 professeurs et le plus optimiste, de 15 000. »

François Doré ne semble pas tenir compte de l’accélération des inscriptions et de la diplomation au doctorat pour le Canada ces dernières années. Selon nos calculs à partir des statistiques fournies par l’Association canadienne pour les études supérieures [1], les universités canadiennes ont, de 2004 à 2008, vu une augmentation annuelle moyenne de 5,1 % des inscriptions dans les programmes de doctorat et de 6,46 % de la diplomation doctorale.

En supposant que ces augmentations restent les mêmes pour les dix prochaines années (ce qui est peu probable, reconnaissons-le), on verrait en 2021 la bagatelle de 77 785 étudiants s’inscrire au doctorat, alors que 12 238 nouveaux Ph. D. entreraient cette année là sur le marché du travail. Et ce, sans compter les quelque 88 146 titulaires de doctorat qui seraient sortis des universités entre 2011 et 2020… Même avec des pronostics beaucoup plus modérés, on peut croire qu’il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus pour ces 9000 à 15 000 postes.

 La filière professorale bouchée

En fait, la plupart des observateurs du milieu que nous avons lus à travers notre veille n’affichent pas le même optimisme que François Doré. Ainsi, les auteurs du Doctorat en question, une étude sur la formation doctorale commandée par le Conseil national des cycles supérieurs de la FEUQ en 2008, voient des perspectives réduites pour les doctorants.

Si, de 2002 à 2006, le nombre de postes de professeurs à temps plein a augmenté au Canada (13,2 %), cette augmentation a été mitigée par une augmentation similaire (13,6 %) de la densité du nombre de titulaires de doctorat au pays (de 121 à près de 140 par million d’habitants entre 2001 et 2004). (Nicolas, Robitaille et al., 2008, p. 48 ; p. 54-56) [2]

On pourrait penser que les autres doctorants trouvent de l’emploi dans les équipes de recherche et développement (RD) des entreprises – notamment en sciences naturelles et génie (SNG) – mais Nicolas, Robitaille et al. démontrent le contraire pour la période 1998-2004 :

« Rappelons que les universités québécoises ont décerné 4422 diplômes de doctorat en SNG entre 1998 et 2004, et qu’elles n’ont engagé au même moment que 1948 professeurs dans ces disciplines (FQPPU, 2006). Or, à supposer que tous ces postes de professeurs aient été comblés par les diplômés québécois de 1998-2004 (ce qui n’est assurément pas le cas), cela laisserait donc au minimum 2474 diplômés sans poste de professeur et qui, pour poursuivre une « carrière traditionnelle », auraient dû être absorbés en 7 ans par des effectifs de 1814 chercheurs ETP en RD industrielle, ce qui supposerait pour ce secteur des taux de roulement de personnel invraisemblables. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire a priori, l’expansion des activités de RD en entreprise ne crée donc pas une très forte demande pour les diplômés du doctorat. » (2008, p. 60)

En fait, ces auteurs démontrent qu’au plus 7 à 8 % du personnel de recherche en milieu industriel est titulaire de doctorat. On affirme même que « [d]ans bien des cas, la proportion des emplois cumulés de professeurs et de chercheurs en entreprise représente moins de 50 % des emplois obtenus dans une cohorte donnée ! » (p. 80) Les auteurs présentent un certain nombre de filières « alternatives » vers lesquelles doivent se tourner les diplômés : gestion, consultance, rédaction, pige, création.

Plus loin dans l’étude, on fait état des diverses conséquences de cette situation d’embouteillage sur les étudiantes et étudiants au doctorat. Si la durée des études doctorales s’allonge…

« …[c]e délai avant d’obtenir un emploi stable s’est lui accru de façon significative. Ce délai se traduit essentiellement de deux façons : i) dans certaines disciplines, faire un, voire plusieurs, postdoctorats est devenu incontournable ; ii) dans d’autres disciplines, le diplômé passera d’un emploi précaire à l’autre pendant plusieurs années avant de se stabiliser. Il s’agit là d’un problème qui s’accroît avec l’augmentation des clientèles. Pendant une période de plusieurs années, des diplômés du plus haut niveau universitaire deviennent une main-d’œuvre bon marché, à merci dans certains cas et avec des conditions matérielles inférieures à celles des diplômés de premier cycle. »
(Nicolas, Robitaille et al., 2008, p. 81)

 Surdiplômés = surqualifiés

C’est ce qui amène certains commentateurs à parler de « surdiplomation », problème qui ne se limite pas au doctorat. En janvier 2011, le site Internet du Capres publiait un article de Bruno Hubert, étudiant à la maîtrise en pratiques de recherche et action publique de l’INRS, qui s’intitule « Le phénomène de la surdiplomation au Québec » [3]. On y rappelle que la population québécoise est de plus en plus scolarisée, comme en fait foi le graphique suivant.

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Répartition de la population, selon le diplôme obtenu, Québec, 1976-2006
Source : MEQ, Indicateurs de l’éducation, 2009.

L’auteur rapporte toutefois que le marché du travail ne semble pas en mesure d’intégrer tous ces diplômés à la hauteur de leur diplôme, ces derniers devant parfois accepter un emploi en deçà de leurs compétences. On dit alors qu’ils sont « surdiplômés ». Des diverses définitions opératoires de la surdiplomation, Hubert a retenu la comparaison entre « le niveau de qualification actuel du travailleur et le niveau de qualification requis par l’emploi [tel que] défini par des analystes d’emplois », soit dans ce cas-ci la Classification nationale des professions du Canada.

Retenons que l’analyse de Hubert révèle que…

« [...] la surdiplomation concernait en 2008 près de 28 % des travailleurs québécois. De même, le diplôme connaît une perte de vitesse comme indicateur de compétences (Vultur, 2007). L’information fournie par le diplôme aux recruteurs est trop équivoque pour que ceux-ci misent exclusivement sur les compétences académiques de son détenteur dans le processus de sélection de la main-d’œuvre. »

Hubert note également : « [...] le nombre de diplômés universitaires croît plus rapidement que le nombre d’emplois professionnels disponibles. » C’est d’autant plus vrai pour les diplômes les plus avancés et spécialisés.

 Quand la machine s’emballe…

Les situations canadienne et québécoise ne sont pas uniques : The Economist publiait le 16 décembre 2010 un article sur les diplômés de doctorat recherche qui s’intitule « The disposable academic – Why doing a PhD is often a waste of time ». On y apprend, entre autres, que le nombre de doctorats décernés par les pays de l’OCDE entre 1998 et 2006 a augmenté de 40 %. Des pays comme le Mexique, le Portugal, l’Italie et la Slovaquie ont connu les hausses les plus marquées.

Il semble bien que les universités aient réalisé qu’il est payant d’avoir des doctorants : ils sont très motivés, ils font de la recherche et ils enseignent contre une maigre rétribution, comme le souligne l’auteur, qui compare le salaire d’un auxiliaire d’enseignement (20 K$) à celui d’un professeur (109 K$). Bien que l’article n’en fasse aucune mention, on sait par ailleurs que le financement d’étudiants inscrits aux programmes de doctorat constitue pour les établissements universitaires une source de revenus non négligeable, entre autres, dans les systèmes éducatifs comme ceux du Québec ou de l’Australie.

The Economist constate également que la diplomation de Ph. D. a dépassé la capacité des universités à les recruter comme professeurs et que les universités ne donnent aucun signe de leur compréhension de la dynamique de l’offre et de la demande en matière de « production » de Ph. D. et ce, notamment en matière de carrière universitaire.

« In a recent book, Andrew Hacker and Claudia Dreifus, an academic and a journalist, report that America produced more than 100,000 doctoral degrees between 2005 and 2009. In the same period there were just 16,000 new professorships. Using PhD students to do much of the undergraduate teaching cuts the number of full-time jobs. Even in Canada, where the output of PhD graduates has grown relatively modestly, universities conferred 4,800 doctorate degrees in 2007 but hired just 2,616 new full-time professors. Only a few fast-developing countries, such as Brazil and China, now seem short of PhDs. »

Le propos n’est pas nouveau : il y a déjà plus d’une décennie que des experts sonnent l’alarme, mais les universités continuent de développer des programmes de doctorat et de recruter des étudiants. De plus, l’article reconnaît aussi que la situation des doctorants en quête d’un poste en milieu universitaire se répercute au niveau de certains stages postdoctoraux, une autre situation également décriée depuis un bon moment.

Chez nos voisins du sud, le rapport Graduate Enrollment and Degrees 1999-2009 du Council of Graduate Schools (CGS) à propos des tendances aux études supérieures constitue le seul sondage annuel couvrant ce domaine aux États-Unis [4]. Près de 700 institutions ont participé au dernier sondage. D’après cette étude, on observait en 2009 une augmentation de 5,5 % des nouvelles inscriptions aux études supérieures, alors qu’en 2008 cette augmentation avait été de 4,5 %. Fait à signaler, entre 2008 et 2009, les inscriptions au doctorat ont augmenté davantage que celles à la maîtrise : 6,3 % contre 5,1 %. Le nombre de doctorats conférés a augmenté de 3,9 % entre 2007-2008 et 2008-2009.

Le rapport comporte également des statistiques sur les demandes d’inscription aux cycles supérieurs à l’automne 2009. On peut y voir que les demandes d’admission aux cycles supérieurs ont augmenté de 8,3 % de 2008 à 2009. Les domaines les plus populaires ont été respectivement ceux des affaires, du génie et des sciences sociales. Le domaine ayant connu la plus forte croissance a été celui des sciences de la santé, en hausse de 14,6 %.

Selon la présidente du CGS, Debra W. Stewart, la forte croissance des inscriptions aux cycles supérieurs indique la persistance de la valeur des études de haut niveau. On peut y voir également un signe que le diplôme d’études supérieures est en voie de devenir un incontournable pour qui vise la réussite dans cette économie du 21e siècle que l’on répète souvent être celle « du savoir ». C’est vrai pour les diplômés… et pour les institutions d’enseignement.

 Vers la simplicité volontaire à Harvard ?

Jaschik, Scott, « Ph.D. Admissions Shrinkage », Inside Higher Ed, 30 mars 2009.

D’après Scott Jaschik, du site Inside Higher Ed (ici [5] et ici [6]), en réponse à la crise économique qui sévit aux États-Unis, plusieurs universités privées américaines, et non les moindres – Emory, Harvard, Princeton, Chigago, North Western, et même le MIT – ont choisi délibérément de réduire les inscriptions dans leurs programmes de doctorat, tout en encourageant les inscriptions dans les programmes de maîtrise. Faut-il y voir un geste de ces administrations pour réduire l’engorgement exposé jusqu’ici ?

En fait, les raisons de ce contingentement sont ailleurs : les doctorants sont, dans la majorité des cas, soutenus financièrement par ces universités, alors que les étudiantes et étudiants à la maîtrise paient pour leurs études, notamment grâce à diverses bourses provenant d’organisations philanthropiques. Le raisonnement est simple : plus de doctorants signifie plus de « dépenses » ; plus d’étudiants à la maîtrise équivaut à davantage de revenus. Il est difficile de dire si cette réduction des inscriptions dans certains programmes de doctorat se répétera au cours des prochaines années, mais la rareté des places au troisième cycle dans certaines institutions aura certainement pour effet d’augmenter la compétition pour la sélection et, par conséquent, la qualité des doctorants.

Pour d’autres universités, la réduction des inscriptions pourrait entraîner la mort de certains champs spécialisés (notamment en sciences humaines), qui ne survivent qu’en parvenant à recruter un minimum d’étudiants. On parle désormais de fusionner des spécialités autour d’un thème commun.

À titre d’exemple, la Graduate School de la Northwestern University a lancé une initiative de « grappe » interdisciplinaire. Ainsi, les études en histoire de la Russie, en linguistique du russe, en musique et en arts russes pourraient transcender les limites départementales et se regrouper pour former un nouveau champ d’études et de recherche sous le thème de la Russie, qui serait véritablement interdisciplinaire. Cette idée de grappe (cluster, en anglais) a suscité beaucoup d’intérêt dans la communauté universitaire.

Selon Jaschik, cette crise que traversent les universités américaines pourrait constituer l’occasion par excellence pour certaines administrations universitaires de se pencher sur les enjeux liés aux approches pédagogiques et à l’insertion professionnelle des diplômés de doctorat, deux enjeux pour lesquels on réclame depuis plusieurs années des transformations substantielles. En effet, la formation doctorale a souvent été critiquée pour son manque de « largeur », pour ses lacunes en développement de compétences attrayantes pour des carrières à l’extérieur du monde universitaire.

C’est d’ailleurs ce qu’observe le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) du Québec dans son avis rendu à la ministre en octobre 2010 [7] :

« La formation doctorale reçoit certaines critiques voulant qu’elle préparerait parfois de façon insatisfaisante à une carrière, à l’intérieur comme à l’extérieur des universités. Tout en rappelant que les retombées des formations doivent être envisagées dans une perspective plus globale que l’insertion professionnelle, le Conseil encourage la mise en place d’activités destinées spécifiquement au développement des compétences professionnelles de base chez les étudiants en formation à la recherche. »
(CSE, 2010, p. 94)

Cet encouragement se traduit par la recommandation 9 de l’avis, soit « Valoriser le développement des compétences professionnelles utiles aux carrières en recherche et documenter l’insertion professionnelle des personnes formées aux cycles supérieurs » :

« Le Conseil recommande aux universités :

  • de veiller à la mise en place, à l’intention des personnes engagées dans une formation en recherche, d’activités destinées spécifiquement à développer des compétences professionnelles générales utiles aux carrières en recherche. »

Le Conseil souhaite par ailleurs « mieux connaître, à l’échelle du Québec, la situation des personnes formées aux cycles supérieurs » :

« Le Conseil recommande à la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, en collaboration avec les universités :

• de veiller à la production régulière d’études sur les parcours des personnes formées aux cycles supérieurs, y compris les stagiaires postdoctoraux, en vue de fournir, selon les types de programmes et les secteurs disciplinaires, des indications sur les carrières et sur les attentes et l’appréciation des employeurs au regard des formations acquises. »


Lire sur le site de l’Université de Sherbrooke

Sources :


[1] Association canadienne pour les études supérieures, 39e Rapport statistique 1999-2008, février 2010 [la consultation du rapport en ligne nécessite un mot de passe disponible sur demande à l’ACES].

[2] Nicolas, J., J.-P. Robitaille et al., Le doctorat en question – Étude du CNCS-FEUQ sur la formation doctorale, CNCS-FEUQ, Montréal, 2008, 160 p.

[3] Hubert, Bruno, « Le phénomène de la surdiplomation au Québec », site du Consortium d’animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur (CAPRES), janvier 2011.

[4] Bell, Nathan E., Graduate Enrollment and Degrees : 1999 to 2009, Council of Graduate Schools, 2010, 99 p.

[5] Jaschik, Scott, « Ph.D. Admissions Shrinkage », Inside Higher Ed, 30 mars 2009.

[6] Jaschik, Scott, « Top PhD Programs, Shrinking », Inside Higher Ed, 13 mai 2009.

[7] Conseil supérieur de l’éducation, Pour une vision actualisée des formations universitaires aux cycles supérieurs – Avis à la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, octobre 2010, Québec, 128 p.



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Brèves

[Sweden] New legislation to help foreign postgraduates stay on

Sunday 27 April

On 1 July this year, new legislation will come into force in Sweden that includes measures which will make it considerably easier for foreign doctoral candidates and students to stay and work in the country after graduating.

An agreement between the outgoing Alliance government and the Swedish Green party will secure a majority vote for the proposal in the parliament. (...) – University World News, by Jan Petter Myklebust, 21 March 2014 Issue No:312

On the Web : Full news here

US : Dwindling tenure posts

vendredi 18 avril

Tenure is dying out at US universities.

The proportion of non-tenure-track and non-tenured faculty posts continues to rise across all US institutions, finds a report by the American Association of University Professors (AAUP) in Washington DC. Losing Focus : The Annual Report on the Economic Status of the Profession, 201314 surveyed 1,159 public and private US institutions and found that the overall proportion of assistant professors in non-tenure-track posts was 23.4 for 201314, compared with 20.8 in 201011. Dwindling tenured and tenure-track posts threaten the ability of scientists to conduct research without interference from funders or administrators, says John Curtis, the report’s lead author and director of research and public policy for the AAUP. - Nature, 508, 277, 09 April 2014

Sur le Web : Read on nature.com

Les coupes budgétaires pèsent sur la recherche académique américaine

jeudi 12 décembre 2013

Aux USA, les répercussions des coupes budgétaires fédérales pour la recherche académique sont bien visibles selon une études récentes :

  • moins de place pour les étudiants dans les labos (stages, doctorat, ...) : - 31% ;
  • moins de CDD à temps partiel : -30% ;
  • moins de postdoctorants : - 24% ;
  • moins de postes fixes dans 22% des cas.

Une recherche académique en récession aux USA...

Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février 2013

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
Sur le Web : Lire la suite sur SLR
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