Dites NON au dégraissage massif des CDD

mardi 24 juillet 2012
par  antonin
6 votes

Pétition contre la précarité dans la recherche publique

Post-doctorants, ingénieurs, techniciens et personnels administratifs travaillons sur des contrats à durée déterminée globalement financés au travers des EPST par l’ANR, l’ERC, par des contrats industriels que nos laboratoires ont obtenus ou par des bourses provenant de différentes associations que nous avons obtenues au mérite. Pour prendre un exemple chiffré, juste au CNRS dans la région Languedoc Roussillon, nous sommes aujourd’hui 800 contractuels et nous risquons de nous retrouver tous au chômage du jour au lendemain à cause des conséquences de la loi Sauvadet du 13 mars 2012.

En effet, cette loi, visant au départ à résorber la précarité, a été élaborée selon des critères si restrictifs, qu’elle n’a permis la « CDIsation » que de 12 personnes dans la région et d’une quarantaine au total à l’échelle nationale. Pour être « CDIsable », la loi Sauvadet exige que tous les contrats de l’individu proviennent d’un même EPST, que l’individu ait travaillé au même poste sans interruption supérieure à 4 mois pendant une durée minimale de 6 ans au cours des 8 années précédant la publication de cette loi.

Par crainte que d’autres puissent intégrer le processus de « CDIsation » ou concourir sur les concours réservés prévus l’an prochain, les EPST ont décidé de bloquer la signature de nouveaux contrats à partir de 3 ans de CDD déjà effectués, tout EPST confondus et ce malgré d’éventuelles interruptions entre les contrats (alors que c’est exactement pour ces mêmes raisons que les EPST refusent la CDIsation à nombre d’entre nous !). Nous nous retrouvons dans une situation absurde où nous ne sommes pas CDIsable et où nous ne pouvons pas non plus prolonger nos CDD. Le comble c’est qu’aujourd’hui nous ne nous battons non plus pour un CDI, mais seulement pour pouvoir continuer de faire notre travail que nous aimons, même dans la précarité.

A cause des extrapolations abusives de cette loi de la part de nos organismes de tutelle, nos laboratoires vont progressivement se vider de personnels qualifiés et expérimentés, nonobstant le fait que les directeurs de laboratoire aient l’envie et les moyens de prolonger leurs contrats. Il va de soi que les directeurs de laboratoires préfèreraient titulariser ces éléments, mais ils se heurtent au faible nombre de postes ouverts chaque année et à la vague de CDIsation qui a été minimisée au possible et qui a eu aussi pour conséquence de supprimer l’ouverture de dizaines de postes aux concours externes prévus cette année.

Il est très urgent d’agir, une cinquantaine de collègues qui travaillent en CDD depuis presque 6 ans ou plus se voient mis au chômage brutalement cet été même. Et plus de 700 autres suivront probablement sur l’année qui vient. Il est clair que l’opération de « résorption de la précarité » n’est pas un franc succès car ce sont des milliers de jeunes scientifiques chômeurs que le Languedoc Roussillon aura d’ici peu !

C’est la fin de la Recherche Publique en France : nos laboratoires ne pourront jamais supporter cette perte de compétences sur les années à venir, ils perdront toute compétitivité à l’échelle internationale. Ils devront en permanence recruter des gens inexpérimentés qui n’auront jamais eu de contrats et une fois formés et opérationnels, au bout de 3 ans, ils devront quitter l’établissement, faute de pouvoir signer un nouveau contrat. Et pensez à nous tous qui avons été formés au sein de vos universités, qui avons fourni un excellent travail au sein de vos EPST et qui allons nous retrouver du jour au lendemain mis dehors avec plus aucun espoir de réintégrer la Recherche Académique Française, pour une question de durée de contrat et non de compétences !

Nous appelons donc à votre soutien par la signature de cette pétition. Il faut agir très vite pour que toutes ces personnes et compétences ne se retrouvent pas dans la nature.

Dites NON au dégraissage massif des CDD !
Dites OUI à de vrais postes pour la Recherche Publique !


Le comité des précaires de Montpellier soutenu par le bureau du SNTRS-CGT Languedoc Roussillon


Signer la pétition !

Lire aussi : "Plus de 800 cerveaux à Montpellier pour le pôle emploi", Club Médiapart, 19 juillet 2012.



Commentaires

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dimanche 29 juillet 2012 à 19h48 - par  anon

Plus de précaires, plus de précarité !
Plus sérieusement, le scandale qu’il aurait fallu s’acharner à dénoncer depuis des années, c’est la titularisation pour services rendus à la paillasse ou à la brosse à reluire.

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Brèves

Universités : Victoire à Paris 8, grève à Paris-Est

mardi 7 avril

[Politis, Par Ingrid Merckx - 3 avril 2015]

11 semaines. Il aura fallu tenir 11 semaines de grève pour que les bas salaires de l’Université de Paris 8 obtiennent gain de cause.

Le 3 avril, le Collectif des bas salaires a décidé de suspendre le mouvement.

« Si le conflit a duré au-delà de la seconde proposition de la présidence, à savoir le rehaussement à hauteur de 70 euros bruts pour l’ensemble des catégories C titulaires, c’est parce que cette proposition a été jugée insuffisante et n’incluait pas les contractuels « sur fonctions non pérennes ». Elle a été rejetée massivement par l’ensemble des personnels présents à l’assemblée générale qui s’est tenue le 5 février. (...)

A l’issue du conflit qui a opposé le collectif des bas salaires à la direction, les négociations ont permis d’acter une augmentation de 70 euros bruts minimum pour l’ensemble des personnels titulaires et contractuels sur fonctions pérennes. »

Nouvelles de la mobilisation des vacataires de Lyon 2

vendredi 6 mars

[Le Progrès, 04 mars 2015, M.F.] (...) Selon Jean-François Goux, vice-président aux finances, il ne reste plus que 11 contrats non signés et ils le seront au plus tard ce vendredi. Sur ce volet, la situation des enseignants vacataires s’améliore mais ceux-ci réclament aussi de meilleures conditions de travail, notamment des TD moins chargés, ainsi que l’exonération de leurs frais d’inscription en tant qu’étudiants. Ils maintiennent la pression en refusant de transmettre les notes des étudiants à l’administration. Selon un vacataire, une cinquantaine de vacataires suit cette consigne. Jean-François Goux ramène ce chiffre à une dizaine, tout en admettant qu’il ne parvient pas à obtenir des données précises auprès des composantes les plus mobilisées. En ce qui concerne l’exonération, impossible de prendre une décision seulement à Lyon 2, répond-il en substance. Cela s’inscrit dans une politique de site, et doit être commun au sein de l’université de Lyon. D’après une enseignante vacataire, les jurys sont aussi suspendus dans quatre composantes : sociologie, anthropologie, sciences politiques, économie. Il s’agit d’un soutien politique à nos revendications » affirme-t-elle. Après le rassemblement du matin, une assemblée générale est prévue au sein de la grande université lettres et sciences humaines.

Retenues de notes à Paris Sud

samedi 14 février

Les enseignants de biologie de l’Université Paris Sud ont décider en signe de protestation de procéder à une retenue des notes des examens. Depuis la semaine dernière, il y a eu deux assemblées générales qui ont réunies 250 puis 350 personnes (pas seulement en biologie mais majoritairement). Les étudiants et les personnels (2/3 vs 1/3) mobilisés ont ensuite interpeller directement le président sur la mise en place d’un budget d’austérité sur Paris Sud. En effet, même à Paris Sud qui a un budget moins serré que d’autres universités, la situation s’aggrave d’année en année. La mesure "phare" de l’année étant la suppression de tous les ATER (Attachés Temporaire d’Enseignement et de Recherche).

La mobilisation continue et l’AG du 12 février a proposé un évènement parisien pour la première semaine du mars auquel d’autres universités pourraient se joindre...

Lyon 2 : les enseignants vacataires poursuivent la grève

jeudi 12 février

Lors de l’Assemblée générale de ce mercredi, les vacataires de Lyon 2 ont décidé de reconduire leur grève jusqu’au vendredi 13 février inclus. Il faut dire que les grévistes avaient fait part de leurs revendications (pas de contrat, ni de rémunération pour certains vacataires depuis la rentrée de septembre) à la présidence de l’Université et que la réponse avait été jugée « insatisfaisante ». « La présidence esquive ses responsabilités en rejetant la faute à des niveaux administratifs inférieurs ou supérieurs sans assumer ses choix politiques budgétaires », dénonce le collectif des vacataires de Lyon 2. Au-delà de ce constat général, une réponse détaillée sera apportée collectivement à la direction des ressources humaines ce jeudi à 10h.
[Lyon Mag, 04/02/2015]

Sur le Web : Lire sur Lyon Mag

Lyon 2 : les enseignants vacataires manifestent

vendredi 30 janvier

Les enseignants vacataires manifestaient ce jeudi devant l’université Lyon 2. - Par Janloup Bernard, 30/01/2015

Une centaine d’enseignants vacataires de l’UFR ASSP (Anthropologie, Sociologie et Science Politique) de l’université Lyon 2 se sont réunis ce jeudi matin, à l’initiative des vacataires du département de science politique, sur le campus des quais du Rhône, devant les bureaux de la direction des ressources humaines. Beaucoup sont doctorants, animent des travaux dirigés depuis le premier semestre, ont payé leurs frais d’inscription à l’université, mais n’ont toujours pas de contrat de travail. Pis, ils attendent leur paye depuis des mois.

Leur entrée sur le campus a d’abord été empêchée par le dispositif Vigipirate. Ils ont demandé à voir M. Jean-Luc Mayaud, président de l’université, en vain. Réunis dans la cour principale, le quadrilatère Claude-Bernard, ils ont été entendus par des membres de l’administration avant de se disperser aux alentours de midi.

Sur le Web : Lire sur Lyon Capital
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