Quand le doctorat ne suffit pas

La Presse (Canada) | 18 juin 2012 | par Marie Lambert-Chan
mercredi 18 juillet 2012
par  antonin
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Le doctorat est considéré comme le chemin classique pour décrocher un poste de professeur d’université. Mais les offres d’emploi dans ce secteur sont peu nombreuses. C’est pourquoi 70% des nouveaux docteurs deviendront des gestionnaires ou des professionnels hautement qualifiés dans les secteurs public, parapublic et privé. Des emplois pour lesquels ils ne sont pas préparés.

« Les employeurs rapportent que les détenteurs de doctorat ou de postdoctorat ont du mal à s’ajuster à l’environnement professionnel : ils ont de la difficulté à communiquer de manière efficace, à travailler en équipe et à respecter des échéances », observe David Syncox, agent d’éducation en études supérieures et postdoctorales à l’Université McGill.

Pendant des années, ces étudiants ne vivent que pour leur thèse, et la plupart ne pense pas à faire carrière à l’extérieur de l’université. « Ils connaissent leur sujet de recherche de fond en comble, mais n’acquièrent presque pas de compétences professionnelles... Et jusqu’à tout récemment, les universités ne faisaient pas grand-chose pour les aider en ce sens », remarque Roch Chouinard, doyen de la faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université de Montréal.

 Un virage inévitable

Le phénomène a forcé les universités à offrir des formations centrées sur ces compétences. Au cours des cinq dernières années, 80% des établissements d’études supérieures en Amérique du Nord et en Europe ont pris ce virage.

« Nous n’avions pas le choix. Quand les employeurs engagent des personnes avec une telle scolarité et s’apprêtent à leur offrir un salaire conséquent, ils s’attendent à ce que ces nouveaux employés soient à la hauteur de la tâche », signale David Syncox, qui supervise le programme SkillSets, une série d’ateliers axés sur le développement professionnel offerts depuis 2009 à McGill.

Des milliers d’étudiants assistent chaque année à ces formations portant entre autres sur le réseautage, la préparation d’un plan d’affaires, la communication avec les non-initiés, l’art de la négociation et la procrastination.

De telles activités sont aussi offertes à l’Université de Sherbrooke et à l’Université Concordia, et le seront bientôt à l’Université de Montréal. Les besoins en la matière sont si importants que des entreprises y ont même trouvé un créneau. C’est le cas de Mitacs, une organisation canadienne de recherche à but non lucratif. On y donne des ateliers sur des sujets semblables à ceux couverts par les universités, mais on y explore aussi d’autres avenues, comme l’étiquette à table et la manière de donner sa carte professionnelle.

« Ce sont des habiletés subtiles, mais nécessaires pour ces étudiants qui, dans des rencontres d’affaires, sont comme des poissons hors de l’eau, estime Karen Booth, vice-présidente de Mitacs. Plus ils passent de temps à l’université, plus le fossé qui les sépare du monde entrepreneurial est grand. »

 Hors de l’université, point de salut ?

Ali Ahmadi, stagiaire postdoctoral à l’Université de la Colombie-Britannique, n’avait jamais songé à faire carrière à l’extérieur de l’université avant de participer à un atelier de Mitacs. Il envisage maintenant la possibilité de fonder une entreprise. « On ne m’avait jamais présenté d’autres options, affirme-t-il. Peut-être avait-on peur de me distraire de ma thèse ? » Devrait-on donc blâmer le milieu universitaire ? « Il y a encore un certain élitisme dans quelques disciplines où l’on préconise l’enseignement et la recherche, croit David Syncox. Cependant, les choses commencent à changer. » Mais de l’avis de tous, il revient aux étudiants d’améliorer leur employabilité. »

par Marie Lambert-Chan


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Photo : L’Université McGill, à Montréal (Credit : McGill University)



Commentaires

Logo de Katie Herley
mardi 31 juillet 2012 à 12h31 - par  Katie Herley

Maintenant quelques jours seulement pour le doctorat n’est pas suffisant pour obtenir un emploi. Vous devez être qualifié certains quotients d’autres comme la communication et de génération. connaissances pour obtenir de meilleurs emplois, car vous devez communiquer avec d’autres pour faire votre travail.

jeudi 19 juillet 2012 à 09h36

"les détenteurs de doctorat ou de postdoctorat ont du mal à s’ajuster à l’environnement professionnel : ils ont de la difficulté à communiquer de manière efficace, à travailler en équipe et à respecter des échéances"

C’est une blague ? Un doctorant qui as du mal à communiquer, ne travaille pas en équipe dans son labo et ne respecte pas les nombreuses deadlines pour les papiers, révisions et autres conférences, je n’en connais pas !

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Brèves

Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
Sur le Web : Lire la suite sur SLR

Ouverture et répartition des 1000 emplois créés dans l’ESR

lundi 19 novembre 2012

Une cinquantaine d’universités se voit dotée de d’effectifs supplémentaires d’enseignants-encadrants pour 2013. Dans une lettre aux membres du CNESER, Simone Bonnafous, Directrice générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle (DGESIP), délivre leur répartition.

Les effectifs étudiants et des personnels universitaires en cette rentrée 2012

mercredi 19 septembre 2012

Année universitaire 2012-2013 :

Étudiants
63% des étudiants se forment à l’Université soit 1 511 100 étudiants :
Niveau licence 898 500 (59 %)
Niveau Master 547 000 (39%)
Doctorat 65 600 (4%)

Effectif des personnels de l’enseignement supérieur à la rentrée 2012-2013
3 180 nouveaux personnels titulaires ont été recrutés et prennent leurs fonctions à la rentrée 2012 :
1 650 enseignants-chercheurs et 1 530 personnels BIATOSS.

Enseignants-chercheurs : 56 416
Autres enseignants titulaires : 13 076
Personnels d’enseignement contractuels :14 887
Doctorats contractuels : 13 334
Total personnels d’enseignement et de recherche : 97 613

Personnels administratifs : 16 360
Personnels des bibliothèques : 4 620
Personnels ingénieurs techniques et ouvriers : 37 300
Personnels médico-sociaux : 550
Total personnels BIATOSS : 58 830

Effectifs totaux des personnels de l’enseignement supérieur à la rentrée 2012 : 156 443

Hausse des frais d’inscription universitaires pour 2012

lundi 13 août 2012

Les montants des frais d’inscription pour les diplômes universitaires nationaux ont été publiées jeudi dernier au Journal officiel et sont en hausse par rapport à 2011 : 181 euros en licence (+ 2,26 %), 250 euros en master (+ 2 %), 380 euros en doctorat (+ 2,15 %).

Ces hausses sont accompéngées d’une augmentation du prix du ticket de restaurant universitaire (+ 1,64 % à 3,10 euros) et à celle de la cotisation de la Sécurité sociale étudiante. Le gouvernement met en avant une revalorisation de 2,1 % des bourses sur critères sociaux mais rappelons que les étudiants boursiers ne représentent que 20 % des étudiants...

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