Rapport sur les universités américaines : Des leçons à tirer pour les États-Unis et le Canada

McGill University (Canada) | 14 juin 2012
dimanche 17 juin 2012
par  antonin
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Un rapport d’experts, dont fait partie Heather Munroe-Blum, principale de McGill, souligne les liens entre recherche de calibre mondial et prospérité

Un rapport publié aujourd’hui par le Conseil de recherches des États-Unis, affilié à l’Académie nationale des sciences et à l’Académie nationale de génie, à Washington, fournit d’importantes données dont le Canada devrait tenir compte, selon la professeure Heather Munroe-Blum, principale et vice-chancelière de l’Université McGill.

Commandé par le Congrès américain, le rapport conclut que les universités à vocation de recherche des États-Unis sont essentielles à la prospérité et à la sécurité du pays. Toutefois, tant que le gouvernement et l’industrie n’auront pas pris les moyens nécessaires pour assurer le financement stable et adéquat de ces institutions pour la prochaine décennie, elles risquent de connaître un profond déclin. Le rapport a été rédigé par un comité notamment formé de dirigeants d’entreprise, de recteurs d’université, d’un ancien sénateur américain et d’un Prix Nobel. La professeure Munroe-Blum en est la seule membre de l’extérieur des États-Unis.

Le comité recommande dix interventions stratégiques que les États-Unis et leurs partenaires devraient mettre en œuvre d’ici cinq à dix ans afin de préserver le calibre exceptionnel de ses établissements d’enseignement voués à la recherche.

« Ce sont aux diplômés d’exception, aux idées et aux technologies novatrices générées par les universités de recherche américaines que nous devons quelques-unes des plus formidables réussites de notre pays, dont l’agriculture moderne et l’accès à Internet, a indiqué M. Charles O. Holliday fils, président du comité chargé de la rédaction du rapport, président du conseil d’administration de la Bank of America et ancien président du conseil et chef de la direction de la société DuPont. Plus que jamais, en cette période d’incertitude économique, les États-Unis doivent cesser de remettre à plus tard les investissements devant être consentis à ces précieuses institutions, créatrices de prospérité et de succès pour les prochaines générations. »

La principale de McGill précise que le rapport met l’accent sur les défis de plus en plus importants que les États-Unis et le Canada sont appelés à relever afin de pouvoir livrer une véritable concurrence aux pays où le soutien aux universités de recherche est sans cesse accru. « À la lumière de la formidable croissance que connaissent les universités de recherche aux quatre coins du monde, et en réponse à la priorité absolue accordée par d’autres gouvernements au développement d’universités de recherche et de programmes d’études aux cycles supérieurs de calibre exceptionnel, le comité a préparé un rapport conforme aux exigences formulées par le Congrès. Soulignons par ailleurs que certaines recommandations du rapport sont inspirées de programmes fédéraux axés sur la recherche et l’innovation au Canada, mais que d’autres recommandations clés sont tout aussi pertinentes et essentielles pour assurer la réussite de notre pays. »

Le rapport insiste notamment sur l’importance d’investir davantage dans la recherche fondamentale et l’enseignement aux cycles supérieurs ; il recommande aux gouvernements des différents états (ou provinces) d’accorder une plus grande autonomie aux universités publiques vouées à la recherche afin qu’elles puissent tirer parti de leurs atouts pour affronter stratégiquement la concurrence et saisir rapidement les occasions qui se présentent ; il stipule également que les universités doivent se fixer des objectifs ambitieux afin d’accroître leur rendement et leur efficience et précise que les gouvernements devraient alléger le fardeau réglementaire. Enfin, le rapport souligne que le gouvernement fédéral et d’autres sources de soutien à la recherche devraient assumer la totalité des coûts directs et indirects des activités de recherche afin que les universités n’aient plus à recourir à l’interfinancement à partir de ressources distinctes destinées à d’autres volets tout aussi importants des missions universitaires.

Le rapport recommande également de procéder à une réforme de l’enseignement aux cycles supérieurs afin de mieux répondre aux besoins des étudiants et de la société ; de restructurer les programmes de doctorat afin d’en rehausser l’efficacité grâce à l’enrichissement du cursus pour les étudiants de premier cycle particulièrement doués, d’améliorer les taux de diplomation, de raccourcir la durée des études et de mieux préparer les diplômés à une carrière postuniversitaire. De plus, le comité souligne l’importance, pour le gouvernement américain, d’accroître considérablement son soutien à l’enseignement aux cycles supérieurs par l’entremise de programmes équilibrés de bourses, de stages et de postes d’adjoints à la recherche.

« En dépit des progrès considérables qu’il a réalisés, le Canada devrait tirer des leçons du rapport, notamment en ce qui a trait à l’importance d’augmenter l’aide à l’enseignement aux cycles supérieurs et aux étudiants étrangers, au financement complet de la recherche et aux investissements dans la recherche fondamentale – et les universités doivent aussi faire leur part. Alors que les universités de recherche à l’extérieur de l’Amérique du Nord se mesurent maintenant aux institutions mondiales les plus prestigieuses, le Canada doit se montrer aussi ambitieux que les États-Unis. Notre pays ne pourra assurer sa réussite qu’en alignant ses politiques gouvernementales en matière de soutien aux universités de recherche et à l’innovation sur celles de pays qui accordent systématiquement une importance primordiale à leurs institutions les plus prestigieuses », a conclu la professeure Munroe-Blum.

L’étude a été rendue possible grâce au soutien de la Fondation Alfred P. Sloan, de la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur, de la Fondation nationale des sciences des États-Unis et du ministère de l’Énergie des États-Unis. Les académies nationales des États-Unis sont formées de l’Académie nationale des sciences, de l’Académie nationale de génie, de l’Institut de la médecine et du Conseil national de recherches. En vertu d’une chartre du Congrès, ces institutions privées et sans but lucratif fournissent des conseils en matière de science et de technologie, ainsi que de politiques en santé. Le Conseil de recherches des États-Unis est le principal organisme d’exploitation de l’Académie nationale des sciences et de l’Académie nationale de génie. Renseignements : http://national-academies.org.

Pour obtenir un exemplaire du rapport intitulé Research Universities and the Future of America : Ten Breakthrough Actions Vital to Our Nation’s Prosperity and Security, veuillez communiquer avec les Presses des Académies nationales au 202 334-3313 ou 1 800 624-6242, ou par Internet à http://www.nap.edu/openbook.php?rec...


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Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

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New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

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An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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