Université de Poitiers : 160 contractuels renouvelés pour un an

par Romain Mudrak le 15/06/12
samedi 16 juin 2012
par  antonin
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Deux mois après son élection, le président de l’université a annoncé « la reconduction de tous les contrats à durée déterminée au sein de l’établissement, soit 160 personnes ».

Treize universités françaises ont déclaré leur incapacité à verser les salaires au mois de juin [1]. Dans ce contexte, certains personnels de l’établissement commençaient à s’inquiéter. Le nouveau président, Yves Jean, a tenu à les rassurer : « L’université de Poitiers n’est pas déficitaire. Nous avons décidé de reconduire tous les CDD pour une durée d’au moins un an. D’autre part, nous avons également choisi d’attribuer une prime exceptionnelle nette de 212 euros aux personnes Biatss [2] titulaires de la fonction publique et contractuels. Cette prime sera versée fin octobre. »

Lundi, Yves Jean organisait une « rencontre » avec la presse. A cette occasion, il a révélé quelques chiffres éclairants sur la situation financière de l’université. Avec un fonds de roulement de 9,9M€, l’établissement pourrait fonctionner pendant vingt jours, dans l’hypothèse totalement irréelle où l’État cessait de verser la dotation générale de fonctionnement (DGF). « C’est mieux que beaucoup d’autres établissements », s’est félicité le président. Avant de fustiger « l’insuffisance de cette dotation » alors que de nouvelles missions sont apparues : « Nos besoins concernent la nécessaire mise en œuvre d’un collectif budgétaire et d’une loi pluriannuelle de créations de postes d’enseignants-chercheurs et de Biatss », indique l’intéressé. La consultation des représentants des facultés qui composent l’université lui a permis de constater que « la dotation annuelle de l’État est insuffisante de 2,2M€ pour écarter tout risque de déficit ».

Manque de postes

L’équipe présidentielle estime qu’il manque « 110 enseignants-chercheurs à l’université ». Néanmoins, elle exhorte le gouvernement à lui attribuer, dans les cinq ans, 60 postes dans cette catégorie, et 30 Biatss. Yves Jean assure qu’il défendra ce dossier au sein de la Conférence des présidents d’université (CPU).

S’il espère beaucoup une augmentation de la dotation de l’Etat, Yves Jean reste plus discret sur les économies à effectuer dans le fonctionnement de l’université. « Nous sommes en train de réorganiser les services en charge des marchés publics pour mieux coordonner leurs actions. Nous devrions ainsi gagner 60 000€. » Concernant les formations, sources principales de dépenses, le président n’évoque aucune suppression pour le moment : « Les décisions pour la rentrée 2013 se prendront de manière collégiale, pas uniquement avec des lunettes financières. » En attendant, un plan de suppressions de 10 000 heures de formations, élaboré par l’ancienne équipe, s’appliquera en septembre 2012.

par Romain Mudrak le 15/06/12


Lire sur 7 à Poitiers

[1] Ces treize établissements sont les universités de Cergy-Pontoise, Corte, Paris-Descartes (Paris-V), l’UPMC (Paris-VI), Strasbourg, Aix-Marseille-I Provence, Metz, Nantes, Paris-XIII Nord, Lille-I et les INP de Grenoble, Lorraine et Toulouse.

[2] Biatss : agents de bibliothèque, ingénieurs, administratifs, techniciens, ouvriers et personnels de service.



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Brèves

Les coupes budgétaires pèsent sur la recherche académique américaine

jeudi 12 décembre 2013

Aux USA, les répercussions des coupes budgétaires fédérales pour la recherche académique sont bien visibles selon une études récentes :

  • moins de place pour les étudiants dans les labos (stages, doctorat, ...) : - 31% ;
  • moins de CDD à temps partiel : -30% ;
  • moins de postdoctorants : - 24% ;
  • moins de postes fixes dans 22% des cas.

Une recherche académique en récession aux USA...

Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février 2013

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
Sur le Web : Lire la suite sur SLR

Ouverture et répartition des 1000 emplois créés dans l’ESR

lundi 19 novembre 2012

Une cinquantaine d’universités se voit dotée de d’effectifs supplémentaires d’enseignants-encadrants pour 2013. Dans une lettre aux membres du CNESER, Simone Bonnafous, Directrice générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle (DGESIP), délivre leur répartition.

Les effectifs étudiants et des personnels universitaires en cette rentrée 2012

mercredi 19 septembre 2012

Année universitaire 2012-2013 :

Étudiants
63% des étudiants se forment à l’Université soit 1 511 100 étudiants :
Niveau licence 898 500 (59 %)
Niveau Master 547 000 (39%)
Doctorat 65 600 (4%)

Effectif des personnels de l’enseignement supérieur à la rentrée 2012-2013
3 180 nouveaux personnels titulaires ont été recrutés et prennent leurs fonctions à la rentrée 2012 :
1 650 enseignants-chercheurs et 1 530 personnels BIATOSS.

Enseignants-chercheurs : 56 416
Autres enseignants titulaires : 13 076
Personnels d’enseignement contractuels :14 887
Doctorats contractuels : 13 334
Total personnels d’enseignement et de recherche : 97 613

Personnels administratifs : 16 360
Personnels des bibliothèques : 4 620
Personnels ingénieurs techniques et ouvriers : 37 300
Personnels médico-sociaux : 550
Total personnels BIATOSS : 58 830

Effectifs totaux des personnels de l’enseignement supérieur à la rentrée 2012 : 156 443

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