En “post-doc”, je suis bloqué aux Etats-Unis

Frenchmorning | 22/05/2012 | par Célia Heron
samedi 26 mai 2012
par  antonin
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Ils sont partis aux États-Unis pour mener à bien leurs recherches. Aujourd’hui, à cause de la crise notamment, ils ne peuvent pas rentrer en France.

Connaissez-vous Boston, ses rues chargées d’histoire, de mythes et de… post-doctorants francais ? Chaque jour, ils sont des milliers, venus du monde entier, à franchir les portes de leur laboratoire en espérant mener à bien leur projet. Mais parmi eux, de plus en plus de chercheurs portent désormais d’autres espoirs : celui de pouvoir (enfin) rentrer au pays – sans renoncer à leur profession. Dans la conjoncture actuelle, les Français se sentant « pris au piège » sur le territoire américain ne font pas exception : « L’Hexagone fait partie des pays européens où les opportunités professionnelles se font extrêmement rares dans le domaine de la recherche », raconte Alice, 35 ans, chercheuse en immunologie au Children Hospital de Boston, qui a demandé que son nom soit changé à l’instar des autres interviewés.

 Partir pour mieux revenir

Quand celle-ci quitte l’université de Nice pour faire son post-doctorat à Boston en 2004, elle fait ses valises pour trois ans – quatre, maximum. « Je rejoignais mon compagnon qui avait quitté le Sud un an avant moi pour faire son post-doc au Joslin Diabetes Center. L’idée était de partir quelques années aux États-Unis, acquérir une nouvelle expérience, publier les résultats de nos projets dans une revue spécialisée, puis rentrer pour passer les concours CNRS, INSERM en espérant obtenir une place de chercheur ».

Même son de cloche pour Alexis, 33 ans, thésard en oncologie qui se laisse convaincre en 2006 qu’un post-doctorat aux États-Unis est un sésame indispensable : « Sans une expérience à l’étranger, les chercheurs n’ont aucune crédibilité ». Il prend ses marques au sein de l’Institut Dana Farber de Boston. A l’époque, aucun d’entre eux n’a de soucis pour trouver un financement privé.

 Trois, quatre, cinq… neuf ans plus tard

Rapidement, tous sont obligés de revoir leurs plans de carrière : la durée du post-doc s’allonge. « Les Français estiment qu’en tant que chercheur dans un labo prestigieux ici, tu es privilégié : tu es donc censé multiplier les publications scientifiques dans Cell, Nature ou Science. Après avoir publié un premier papier, nos professeurs nous ont dit : ‘Ce n’est pas suffisant, vous devriez publier encore dans une ou deux revues avant de rentrer.’ Mais ce n’est pas aussi facile que cela peut en avoir l’air vu de France ! » explique Alice.

Puis, la crise frappe les budgets : les chances d’obtenir un poste en France se font encore plus rares, et leur retour est reporté d’année en année. Neuf ans plus tard, Alice et son compagnon Emmanuel sont toujours à Boston. Un petit garçon né sur le sol américain les a rejoint.

 « Nous, les ‘vieux post-doc’ »

« Nous souhaitons revenir en France, ou au moins en Europe, pour exercer notre métier et mettre à profit notre expérience américaine », explique Alice, qui souligne que « la France en particulier offre une meilleure qualité de vie d’un point de vue social, notamment de vraies vacances, une retraite… » Alexis et sa conjointe, qui ont eux aussi fondé une famille à Boston, se plaignent « d’une certaine précarité des contrats de travail aux États-Unis et du gap culturel que l’on ressent au bout d’un certain temps ».

« Nous sommes de ‘vieux post-doc’, estime Alice. Concrètement, notre visa expire en 2014, chaque mois qui passe nous éloigne un peu plus du réseau que nous avions en France. La possibilité de trouver deux places de chercheurs dans la même ville et dans nos spécialités est nulle. La France accorde un budget ridicule à la recherche pour un pays qui se veut 5eme puissance mondiale… et il y a tellement de critères et de restrictions pour les post-doctorants de retour en France, c’est fou ! » s’indigne-t-elle.

 « Ce n’est pas une fuite des cerveaux : nous n’avons pas le choix ! »

Six ans après son arrivée, Alexis estime lui aussi que rien n’est fait en France pour aider les chercheurs. « Cette situation me semble absurde, la France forme – gratuitement – d’excellents scientifiques, les oblige à partir à l’étranger où ils travaillent comme des fous, parfois avec des bourses françaises, pour des laboratoires américains afin d’obtenir les meilleures publications, et ne fait rien pour les faire revenir ! Elle fait le jeu des États-Unis, qui absorbent toutes ces compétences. Ce n’est pas une fuite des cerveaux, c’est juste que les cerveaux n’ont pas d’autres choix ! »

Il souligne au passage que « les recrutements pour le CNRS et l’INSERM sont étalés sur un mois, et personne ne finance les allers-retours des chercheurs pour passer leurs concours et leurs entretiens. Compte tenu de ce qu’ils gagnent, il leur est difficilement envisageable de les multiplier. On pourrait au moins essayer de regrouper les sessions sur une semaine ».

Pour la suite, ils ne se font pas d’illusions : « Le nouveau gouvernement aura bien du mal à faire changer les choses dans le contexte actuel. La recherche privée, quant à elle, est morte : il n’y a aucune opportunité en France et même ailleurs en Europe, les labos ferment et déménagent aux États-Unis. Alors… on reste, on postule depuis Boston, et on verra ce que l’avenir nous réserve”, résume Alice.

Tous s’accordent à dire qu’ils sont “loin d’êtres les seuls”. “Partout où je suis allée aux États-Unis, j’ai rencontré des Français qui vivaient la même frustration, conclut-elle. Certains vont à Singapour, d’autres en Australie… L’Australie, pourquoi pas ? Aujourd’hui, ce n’est plus le moment d’être ‘picky’ ».

par Célia Heron


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Brèves

Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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