Le gouvernement doit émettre des signaux forts.

Communiqué de l’intersyndicale ESR. 22 mai 2012
vendredi 25 mai 2012
par  antonin
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Après cinq ans de politique sarkozyste désastreuse pour l’enseignement supérieur et la recherche, l’élection de François Hollande, nouveau Président de la République, ouvre des perspectives nouvelles. Des réformes d’importance sont nécessaires, qui nécessitent réflexion approfondie associant tous les acteurs et négociations avec les organisations syndicales. Elles passent par l’abrogation de la loi LRU et du Pacte Recherche et leur remplacement par de nouvelles dispositions législatives, définissant notamment un cadre national d’affectation des moyens, respectant la collégialité et la vie démocratique des établissements, et permettant la rédaction de tout autres textes statutaires. L’impulsion d’une nouvelle dynamique pour l’enseignement supérieur et la recherche passe aussi par l’abandon de la mise en concurrence systématique (LabeX, IdeX, gestion des personnels à la performance, ...), par la résorption de la précarité et un plan pluriannuel de création d’emplois à la hauteur des besoins.

Dès maintenant, le nouveau gouvernement doit émettre en direction des personnels et des étudiants des signaux forts d’une politique rompant avec la précédente. C’est pourquoi, les organisations soussignées demandent au nouveau gouvernement de :

  • Dénoncer la signature des conventions IDEX-État : ces conventions, outre les financements, fixent l’avenir tant pour l’orientation de la recherche que pour l’enseignement. De plus, elles imposent des modalités de restructuration des établissements faisant craindre pour leur intégrité, à l’opposé de la collégialité et de la vie démocratique ;
  • Enclencher immédiatement le processus de dessaisissement de l’AERES dans l’évaluation des structures d’enseignement et de recherche, en redonnant tout leur rôle aux instances scientifiques des organismes majoritairement élues telles que le Comité National de la recherche scientifique et les CSS de l’INSERM dans l’évaluation des unités ;
  • Prolonger le moratoire sur l’évaluation individuelle des enseignants-chercheurs ;
  • Mettre en place une réelle formation universitaire et professionnelle des enseignants, avec des pré-recrutements ;
  • Faire voter un collectif budgétaire - en utilisant notamment des transferts de crédits de l’ANR ou du Crédit Impôt-Recherche - pour redonner un souffle aux établissements avant la prochaine année universitaire. Il devra permettre la levée immédiate des emplois gelés et la création d’emplois, ainsi que l’augmentation des crédits des laboratoires et des équipes pédagogiques. Il devra aussi concerner le maintien dans l’emploi des précaires avant accès à un emploi de titulaire. Enfin, il s’agira d’augmenter en nombre et en montant toutes les aides sociales aux étudiants.

L’abrogation de la circulaire Guéant, dont le processus engagé a été confirmé par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en CNESER et devant le Conseil Scientifique du CNRS, rend l’espoir à de nombreux étudiants étrangers, et, dans l’immédiat, aucune reconduite à la frontière d’étudiant ne doit avoir lieu.

Les organisations soussignées vont poursuivre leur travail en commun pour préciser les axes d’intervention partagés et les revendications. Elles appellent les personnels et les étudiants à participer dès maintenant aux divers débats démocratiques et contradictoires organisés dans les établissements tant sur les exigences des personnels que sur les moyens de les faire aboutir.

Signataires : FSU (SNESUP, SNCS, SNEP, SNASUB, SNETAP), CGT (SNTRS, CGT INRA, FERC Sup), SOLIDAIRES (Sud Recherche EPST, Sud Étudiant ), CFTC INRA, SLR, SLU


Lire sur le site de SLU


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Brèves

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

[Sweden] New legislation to help foreign postgraduates stay on

Sunday 27 April 2014

On 1 July this year, new legislation will come into force in Sweden that includes measures which will make it considerably easier for foreign doctoral candidates and students to stay and work in the country after graduating.

An agreement between the outgoing Alliance government and the Swedish Green party will secure a majority vote for the proposal in the parliament. (...) – University World News, by Jan Petter Myklebust, 21 March 2014 Issue No:312

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