Tensions et chevauchements en Science politique

Academia | 14/05/2012 | par Emmanuelle Picard
lundi 14 mai 2012
par  antonin
1 vote

L’ANCMSP (Association nationale des candidats aux métiers de la science politique) et l’AECSP (Association des enseignants chercheurs en science politique) ont publié un communiqué commun pour dénoncer le chevauchement des auditions pour les recrutements de MCF 2012 dans leur discipline.

Les deux associations ont dénoncé, dès le mois de mars, le fait que plusieurs universités avaient arrêté les mêmes dates et ont tenté de les amener à modifier leur calendrier initial. Sans succès semble-t-il, puisqu’un nouveau communiqué (14 mai) vient d’être envoyé aux membres de la liste de diffusion de l’ANCMSP :

“Alors que la session synchronisée des recrutements bat son plein, l’ANCMSP est au regret de constater que ses craintes formulées dans ses précédents communiqués quant à un manque d’égalité et de transparence lors des recrutements à venir, étaient manifestement avérées.

En effet, pas moins de six candidat(e)s sont victimes des chevauchements d’auditions lors de cette session synchronisée. Nos collègues mathématiciens prendront peut-être le soin de calculer pour la discipline la probabilité de cet événement en fonction du nombre de dates disponibles chaque semestre.

En outre, dans le droit fil du communiqué publié en commun avec l’AECSP, l’ANCMSP constate le refus de certaines universités d’utiliser tous les moyens utiles pour minimiser les difficultés liées à des auditions la même journée, en utilisant par exemple la visioconférence.

Plusieurs sites universitaires ont échoué à garantir que le recrutement se fasse dans des conditions équitables au niveau national. Cet échec est un désaveu flagrant du travail que le Conseil National des Universités effectue en amont et en aval du recrutement universitaire pour en assurer la qualité.

De la même manière, l’ANCMSP déplore que les conditions de recrutement n’apparaissent pas comme une question prioritaire au sein de la discipline, alors que l’éthique professionnelle de cette dernière est pourtant en jeu dans le contexte post-LRU actuel. Assurer la qualité du recrutement universitaire est une obligation de service pour les enseignants-chercheurs titulaires. Chaque chevauchement d’auditions est à ce titre une victoire de la LRU sur l’autonomie réelle de notre discipline, qu’elle met en incapacité de recruter dans des conditions équitables pour tous.

L’ANCMSP estime que la science politique, déjà mise en péril par la désagrégation des moyens alloués à l’enseignement supérieur et la recherche, exprime de plus en plus sévèrement les symptômes de l’anomie disciplinaire, conduisant au désaveu des engagements éthiques contractés par le passé.

Dans ce contexte, elle appelle plus que jamais à la mobilisation de la discipline pour condamner unanimement les conditions de recrutement déplorables que doivent encore affronter certain(e)s candidat(e)s aux métiers de la science politique, amenés à faire les frais individuellement de ce défaut collectif.

Bien cordialement,”

Le bureau de l’ANCMSP


Lire sur Academia

Illustration : "Electus" par Adam Martinakis (11/10/2011)



Commentaires

Agenda

<<

2017

 

<<

Juillet

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
262728293012
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456
Aucun évènement à venir les 2 prochains mois

Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

Soutenir par un don