Le défi italien de la fuite des cerveaux

BE Italie 101 >> 1/03/2012
mercredi 9 mai 2012
par  antonin
4 votes

 Introduction

Les idées, l’information, la technologie et les brevets se propagent de nos jours à grande vitesse, et font qu’au niveau mondial les collaborations s’intensifient et se multiplient. La science a tout à gagner de la mondialisation de la recherche, mais celle-ci s’applique aussi aux chercheurs, qui sont désormais très mobiles et souvent capables de s’expatrier pour aller chercher ailleurs les meilleures conditions possibles pour leur vie et leur travail. Si certains pays, offrant de grands moyens, voient positivement l’arrivée de milliers de chercheurs sur leur territoire, d’autres se battent pour ne pas les voir partir. C’est le cas de l’Italie où la tendance générale est au départ des meilleurs talents.

Certains considèrent qu’il s’agit d’une fuite des cerveaux, au sens traditionnel, et pensent qu’il faut mettre en place des politiques visant à en réduire l’importance, alors que d’autres parlent plutôt de circulation des compétences et voient ces transferts de savoir comme un atout pour les pays d’accueil comme pour les pays de départ.

Le consensus général est que le capital humain est primordial pour la croissance économique. Et sans méconnaître que la recherche scientifique est aujourd’hui mondiale et que les carrières s’internationalisent, il est vrai que le système italien a aujourd’hui besoin d’un processus qui lui permette de faire entrer au moins autant de chercheurs qu’il en voit partir, et d’un niveau au moins aussi élevé que celui des chercheurs émigrants.

Bien qu’il ait été identifié comme l’un des plus importants problèmes du secteur de la recherche en Italie, les connaissances quantitatives et qualitatives relatives au brain drain de ce pays restent parcellaires. Le but de cette étude est d’abord de définir et de quantifier la fuite des cerveaux. Nous consacrerons la première partie du rapport à un état des lieux. Dans les deux parties suivantes, plus analytiques, nous nous attacherons à comprendre la cause des départs des chercheurs, puis nous essaierons d’en déterminer les conséquences, et expliquerons les moyens que les politiques publiques tentent de mettre en œuvre pour y remédier.

Auteur : HEIDSIECK Hubert
Ambassade de France en Italie - 23 pages - 1/12/2011

 Sommaire

1. Définition et quantification de la fuite des cerveaux
1.1. Qu’entend-on par "fuite des cerveaux" ?
1.2. L ’ampleur du phénomène

  • L ’exode des cerveaux italiens
  • Quantification de l’immigration de cerveaux en Italie : un solde négatif
  • L’exemple du CNRS français
  • Estimation par domaine : situations contrastées

2. Causes du phénomène
2.1. Une recherche italienne en crise

  • La recherche n’est plus vue comme une priorité nationale
  • Manque de technologie et niveau scientifique plus faible
  • Aggravations récentes dues à la crise économique et disparités régionales
  • Des spécialités non présentes sur le territoire italien

2.2. Des conditions de vie moins aisées qu’ailleurs pour les chercheurs

2.3. Des carrières lentes et longues

2.4 Une crise des mentalités

  • Les limites de la méritocratie italienne
  • La lettre du directeur de la LUISS à son fils
  • Un cas médiatisé de départ pour cause de népotisme

2.5. Des chercheurs bien formés et un niveau reconnu

3. Conséquences de la fuite des cerveaux de l’Italie et solutions proposées
3.1. Conséquences

  • Une perte des meilleurs éléments
  • Un manque à gagner pour l’Italie

3.2. Solutions politiques

  • Les mesures directes
    * Les initiatives développées par l’ex-ministère des Italiens de l’étranger
    * Le programme pour jeunes chercheurs "Rita Levi Montalcini"
    * Les réductions de taxes
    * Les grands investissements du nouveau Plan National pour la Recherche
    * Le registre et le réseau des chercheurs italiens expatriés
    * La réforme des universités
    * Initiative de La Repubblica

Conclusion

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Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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