Introduction
Les idées, l’information, la technologie et les brevets se propagent de nos jours à grande vitesse, et font qu’au niveau mondial les collaborations s’intensifient et se multiplient. La science a tout à gagner de la mondialisation de la recherche, mais celle-ci s’applique aussi aux chercheurs, qui sont désormais très mobiles et souvent capables de s’expatrier pour aller chercher ailleurs les meilleures conditions possibles pour leur vie et leur travail. Si certains pays, offrant de grands moyens, voient positivement l’arrivée de milliers de chercheurs sur leur territoire, d’autres se battent pour ne pas les voir partir. C’est le cas de l’Italie où la tendance générale est au départ des meilleurs talents.
Certains considèrent qu’il s’agit d’une fuite des cerveaux, au sens traditionnel, et pensent qu’il faut mettre en place des politiques visant à en réduire l’importance, alors que d’autres parlent plutôt de circulation des compétences et voient ces transferts de savoir comme un atout pour les pays d’accueil comme pour les pays de départ.
Le consensus général est que le capital humain est primordial pour la croissance économique. Et sans méconnaître que la recherche scientifique est aujourd’hui mondiale et que les carrières s’internationalisent, il est vrai que le système italien a aujourd’hui besoin d’un processus qui lui permette de faire entrer au moins autant de chercheurs qu’il en voit partir, et d’un niveau au moins aussi élevé que celui des chercheurs émigrants.
Bien qu’il ait été identifié comme l’un des plus importants problèmes du secteur de la recherche en Italie, les connaissances quantitatives et qualitatives relatives au brain drain de ce pays restent parcellaires. Le but de cette étude est d’abord de définir et de quantifier la fuite des cerveaux. Nous consacrerons la première partie du rapport à un état des lieux. Dans les deux parties suivantes, plus analytiques, nous nous attacherons à comprendre la cause des départs des chercheurs, puis nous essaierons d’en déterminer les conséquences, et expliquerons les moyens que les politiques publiques tentent de mettre en œuvre pour y remédier.
Auteur : HEIDSIECK Hubert
Ambassade de France en Italie - 23 pages - 1/12/2011
Sommaire
1. Définition et quantification de la fuite des cerveaux
1.1. Qu’entend-on par "fuite des cerveaux" ?
1.2. L ’ampleur du phénomène
- L ’exode des cerveaux italiens
- Quantification de l’immigration de cerveaux en Italie : un solde négatif
- L’exemple du CNRS français
- Estimation par domaine : situations contrastées
2. Causes du phénomène
2.1. Une recherche italienne en crise
- La recherche n’est plus vue comme une priorité nationale
- Manque de technologie et niveau scientifique plus faible
- Aggravations récentes dues à la crise économique et disparités régionales
- Des spécialités non présentes sur le territoire italien
2.2. Des conditions de vie moins aisées qu’ailleurs pour les chercheurs
2.3. Des carrières lentes et longues
2.4 Une crise des mentalités
- Les limites de la méritocratie italienne
- La lettre du directeur de la LUISS à son fils
- Un cas médiatisé de départ pour cause de népotisme
2.5. Des chercheurs bien formés et un niveau reconnu
3. Conséquences de la fuite des cerveaux de l’Italie et solutions proposées
3.1. Conséquences
- Une perte des meilleurs éléments
- Un manque à gagner pour l’Italie
3.2. Solutions politiques
- Les mesures directes
* Les initiatives développées par l’ex-ministère des Italiens de l’étranger
* Le programme pour jeunes chercheurs "Rita Levi Montalcini"
* Les réductions de taxes
* Les grands investissements du nouveau Plan National pour la Recherche
* Le registre et le réseau des chercheurs italiens expatriés
* La réforme des universités
* Initiative de La Repubblica
Conclusion




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