Jeudi soir, Alfonso Anton-Bayon, enseignant vacataire en espagnol à l’école d’ingénieur ISA BTP à Montaury sur la Côte basque, se gare devant le bâtiment de la présidence de l’université de Pau-pays de l’Adour à Pau. Dans le coffre de sa voiture, une valise avec quelques vêtements, de l’eau et des bouquins (dont un « Que sais-je » sur la mémoire), soit le parfait attirail du gréviste de la faim.
Le lendemain matin vers 9 heures, il va frapper à la porte du secrétaire général de l’université, Jean-Louis Fourcaud. « Je lui ai demandé de me payer ce que l’université me doit, c’est-à-dire environ 5 000 € bruts, sinon j’entamais une grève de la faim. Je lui ai dit que j’avais prévenu les médias. »
Deux heures après, Alfonso Anton-Bayon ressort avec une attestation signée du secrétaire général, stipulant que le vacataire a bien effectué 115,5 heures et qu’il « percevra un acompte fin avril de 3 900€ net ».
« C’est triste d’en arriver là »
Pour M. Anton, impeccable dans son costume noir, « c’est triste d’en arriver là, j’ai ma dignité. Cela fait quatre fois que je viens à Pau et que je réclame mon dû. Depuis la grève de la faim, c’était l’extrême limite mais j’étais prêt », avoue celui qui pèse 54 kg pour 1,63 m. « Pour moi, une grève de la faim n’est pas anodine. Si je perds 500 g, je peux devenir inconscient. »
Employé depuis septembre pour donner des cours aux élèves ingénieurs, le prof n’a jamais rien touché. Une situation exceptionnelle selon Jean-Louis Fourcaud. « Il y a eu un problème sur ce dossier, c’est vrai, mais il va être régularisé. De façon générale, les vacataires sont payés tous les mois mais le processus est long. Il faut que le dossier complet soit validé par la composante puis par le Conseil scientifique qui se réunit tous les mois. Sur les 1 300 vacataires, les cas de litige sont rares » précise M. Fourcaud qui s’est dit « désolé » auprès de son interlocuteur.
Il rappelle également que les vacataires doivent « avoir une activité principale, les vacations sont un plus ».
Si M. Anton n’est pas payé fin avril, il promet d’écrire au président de la République. On le croit.
Par Odile Faure


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