AERES & Poor’s

IDDE - Informer, Débattre, Discuter Ensemble pour l’université de Lyon 1 | 14 décembre 2011 | par Olivier Dezellus
lundi 19 décembre 2011
par  antonin
4 votes

Ce matin l’AERES a menacé d’enlever son A+ à notre laboratoire, c’est la panique ! On ne sait que faire pour rassurer nos financeurs et leur garantir que nous restons un placement intéressant et concurrentiel sur le marché national de la recherche : on a un gros volume de publication, on a une forte croissance de notre facteur H et on s’engage à offrir encore plus nos compétences et notre temps de travail au monde économique et social. Sans oublier bien sûr que l’on a déjà entrepris de se débarrasser des branches mortes ou éloignant les équipes B et en maquillant les chercheurs dont le facteur H est inférieur à l’âge du capitaine... Ouf, dernière nouvelle, rassurés par ces mesures préventives, les marchés ne nous déclasserons pas : l’université continuera de nous concéder des postes, l’ANR financera nos projets et l’IDEX accepte de nous garder dans son giron...

Fable ? Non. Triste évolution de notre système de Recherche et d’Enseignement Supérieur dont l’AERES est devenu rapidement un maillon central. L’État a changé de logique, il est passé d’un rôle de financeur, parce que c’était sa mission, sur la base des besoins ; à un rôle d’investisseur dans les niches qui semblent être rentables pour l’avenir. Comme les marchés financiers cet investisseur avait besoin d’objective ses placements, d’où la création de l’AERES qui devait inéluctablement devenir une agence de notation plutôt qu’une agence d’évaluation...ou alors était-ce dés le début une agence d’évaluation du risque ?

C’est ainsi que le périmètre des EX qui vont voir rediriger à leur profit les crédits budgétaires gagés dans le processus du grand emprunt doivent tous être A+ (solvables) ! Et le pire c’est de constater que dans nos établissements, à tous les niveaux, la tentation est grande de jouer finalement le même jeu en "soutenant" (c’est le mot le plus soft) les A+ et on peut même se demander pourquoi l’ANR n’a pas encore officialisé la chose en demandant la note AERES de chaque équipe universitaire...ou peut-être qu’il y a quelque part une moulinette informatique pour le faire.

A notre époque, les grandes évolutions ne se montrent pas au grand jour, ce sont les glissements dans les missions et le fonctionnement des structures qui les rendent palpables. Malheureusement, cela se fait alors avec retard et renforce le caractère irréversible de ces évolutions.

Pour arrêter la logique de l’investissement dans la recherche, il ne suffira pas de supprimer l’agence de notation qui soutient cette logique mais il semble que ce soit en revanche une étape indispensable.

par Olivier Dezellus


Lire sur IDDE

Illustration par Antony Gragg



Commentaires

Logo de Michael01
mardi 25 mars 2014 à 20h55 - par  Michael01

Bonne idée de partager votre avis sur la question, nos analyses convergent... Michael webmaster de cette page de robots de trading.

Agenda

<<

2014

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
31123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
2829301234

Brèves

US : Dwindling tenure posts

vendredi 18 avril

Tenure is dying out at US universities.

The proportion of non-tenure-track and non-tenured faculty posts continues to rise across all US institutions, finds a report by the American Association of University Professors (AAUP) in Washington DC. Losing Focus : The Annual Report on the Economic Status of the Profession, 201314 surveyed 1,159 public and private US institutions and found that the overall proportion of assistant professors in non-tenure-track posts was 23.4 for 201314, compared with 20.8 in 201011. Dwindling tenured and tenure-track posts threaten the ability of scientists to conduct research without interference from funders or administrators, says John Curtis, the report’s lead author and director of research and public policy for the AAUP. - Nature, 508, 277, 09 April 2014

Sur le Web : Read on nature.com

Les coupes budgétaires pèsent sur la recherche académique américaine

jeudi 12 décembre 2013

Aux USA, les répercussions des coupes budgétaires fédérales pour la recherche académique sont bien visibles selon une études récentes :

  • moins de place pour les étudiants dans les labos (stages, doctorat, ...) : - 31% ;
  • moins de CDD à temps partiel : -30% ;
  • moins de postdoctorants : - 24% ;
  • moins de postes fixes dans 22% des cas.

Une recherche académique en récession aux USA...

Étudiants étrangers : la sénatrice Dominique Gillot dépose une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’accueil et de séjour

vendredi 15 février 2013

« Il n’est (?) ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études. Au contraire, c’est après au moins une première expérience professionnelle que ces diplômés pourront, à leur retour chez eux ou à l’international, mettre à profit les compétences acquises en France et en faire la promotion. » Voilà ce qu’écrit Dominique Gillot, sénatrice (PS) du Val d’Oise, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France qu’elle dépose mardi 12 février 2013.

« Droit illimité au séjour » pour les diplômés d’un doctorat français. Dans son article 4, la proposition de loi « crée un droit illimité au séjour en France pour tout diplômé d’un doctorat obtenu en France, à qui la carte ’compétences et talents’ est délivrée sur sa demande ». Il est précisé que « cette disposition a vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

Titularisations loi Sauvadet : du nouveau ?

vendredi 23 novembre 2012
  • Reçu ce jour sur la liste SLR-débats -
    Selon l’AEF (dépêche n° 174978 du 22/11, extraits) :
  • « Le MESR « a obtenu les moyens de créer une voie supplémentaire et réservée d’accès à la fonction publique. En 2013, plus de 2 000 personnes pourront en bénéficier », se réjouit Geneviève Fioraso, ministre de l’ESR, dans un communiqué mercredi 21 novembre 2012, après avoir reçu « les organisations syndicales représentatives dans l’enseignement supérieur et la recherche pour leur annoncer le plan d’action ministériel pour la résorption de l’emploi précaire ». Cette réunion faisait suite au comité technique ministériel du 6 novembre dernier, qui n’avait pas pu se tenir faute de quorum : la CGT, la FSU et FO avaient en effet refusé de siéger pour protester contre les modalités de titularisation des contractuels retenues par le MESR
  • La ministre rappelle que le recensement effectué fait état de 8 400 précaires à ce jour dans les universités et de 1 400 dans les organismes de recherche. Elle se donne « pour objectif de conduire le plan de titularisation en quatre ans ». « En complément, les nouvelles orientations de l’ANR (Agence nationale pour la recherche) vont contribuer à diminuer le flux de nouveaux CDD. En particulier, aucun projet scientifique ne pourra être financé s’il repose à plus de 30 % sur le travail d’agents non titulaires ». »
Sur le Web : Lire la suite sur SLR

Ouverture et répartition des 1000 emplois créés dans l’ESR

lundi 19 novembre 2012

Une cinquantaine d’universités se voit dotée de d’effectifs supplémentaires d’enseignants-encadrants pour 2013. Dans une lettre aux membres du CNESER, Simone Bonnafous, Directrice générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle (DGESIP), délivre leur répartition.

Soutenir par un don