Le Parlement allemand planche sur les plagiats de thèses

EducPros | 18.11.2011 | par Marie Luginsland
jeudi 15 décembre 2011
par  antonin
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Plusieurs personnalités politiques allemandes ont été accusés dernièrement d’avoir plagié des thèses pour obtenir leur titre de docteur. Une situation qui amène le Bundestag à réfléchir à la mise en place d’organes de contrôle dans les universités. Un débat vif outre-Rhin.

Au cours de cette année, la découverte de plagiats a coûté la carrière de plusieurs personnalités politiques allemandes, accusées d’avoir copié leur thèse de doctorat. Karl-Theodor zu Guttenberg, ex-ministre fédéral de l’Économie qui s’est vu retirer le fameux « Dr » figurant sur ses papiers d’identité, en est l’exemple le plus illustre. Dans un pays où les grandes écoles n’existent pas, le doctorat fait office de sésame pour la carrière professionnelle et même de reconnaissance personnelle.

25 000 étudiants accèdent en moyenne chaque année au titre de docteur. Or, de récentes études révèlent que 90 % des étudiants se déclarent prêts à plagier. Des intentions qui font dire à la députée Ulla Burchardt, présidente de la commission Éducation au parlement allemand que « les cas récents qui touchent les hommes politiques ne sont que la partie visible de l’iceberg ».

À qui confier le contrôle des plagieurs ?

La commission éducation du Bundestag s’est réunie le 9 novembre 2011 pour analyser les conséquences de la banalisation du plagiat pour les universités. Elle en appelle au ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche (BMBF) et à la société allemande de la Recherche (DFG) pour mettre sur pied de façon urgente un projet de recherches qui contrôlera les travaux universitaires soupçonnés de plagiat, en procédant par échantillonnage. Et ce, sur l’ensemble de la République fédérale.

Il est cependant improbable qu’un tel système uniforme voit le jour dans une organisation politique fédérale où l’enseignement reste de la compétence des Länder. Ainsi, le Pr. Wolfgang Löwer, professeur de droit à l’université de Bonn et médiateur de la DFG pour les questions d’infraction, s’en remet à l’autonomie des établissements supérieurs. « Nous avons opté pour la décentralisation de l’organisation de l’enseignement supérieur, nous nous devons d’appliquer ces mêmes règles à la lutte contre le plagiat », déclare-t-il. Selon lui, les universités disposent des instruments législatifs nécessaires pour offrir une « assurance qualité » satisfaisante, garantissant de « bonnes pratiques ».

Le Pr. Debora Weber-Wulff, professeur d’informatique à l’université de sciences appliquées de Berlin (HTW) à l’origine de logiciels anti-plagiats, n’est pas d’accord : « ces instruments et les centres anti-plagiats mis en place par certaines universités ne peuvent être que des solutions intermédiaires. » Selon elle, les universités allemandes sont dans une grande incertitude. Sur le choix des logiciels. Sur les démarches judiciaires à suivre en cas de plagiat. Sur la définition de plagiat, elle même. Elle pointe du doigt l’absence d’institution similaire à l’ « Office of Research Integrity » américain qui vient en aide aux universités dans les cas de plagiat scientifique. Un débat qui ne fait que commencer…

De la correspondante EducPros en Allemagne, Marie Luginsland


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Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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