Nous l’avions prévu, et cela a bien lieu, malheureusement, comme nous l’avions imaginé : les mesures récentes pour résorber la précarité sont déjà détournées par les administrations !
Le gouvernement, excellent communiquant, annonce un plan de résorption de la précarité : en fait, il s’agit surtout de remplacer les fonctionnaires par des CDI.
Mieux encore, l’Europe a imposé au gouvernement de ne plus proposer, comme il le fait encore, des CDD à répétition (parfois pendant plus de 10 ans !). Les administrations vont devoir passer en CDI les salariés au bout de 6 ans de CDD. Bonne nouvelle ? Non, car des administrations ont déjà anticipé : elles mettent à la porte leurs salariés précaires... au bout de 5 ans !
Cette pratique est mise en œuvre, par exemple, par l’INRA, comme en témoigne la CGT ici.
Extraits :
Sans attendre la publication de la loi et de ses décrets d’application, sans connaître ni le détail ni la date d’entrée en vigueur de ces dispositions, la Direction Générale les anticipe et réaffirme que « les recrutements de contractuels n’ont pas vocation à devenir pérennes ».
Donc, pour "prévenir les problèmes" (entendez : pour être sûre que le moins possible de non titulaires puissent entrer dans le dispositif), la DG limite depuis le mois de juillet :
- à 3 ans les contrats d’accompagnement de la recherche (ingénieurs, techniciens et administratifs),
- à 4 ans, les contrats des doctorants poursuivant leur thèse par un post-doctorat,
- avec d’éventuelles dérogations au cas par cas, mais toujours en limitant strictement l’ancienneté acquise à l’INRA à 5 ans, tous statuts de contractuels confondus.
Prenons garde, que se passe-t-il ici ? L’État contourne, par le biais de ses administrations, les lois qu’il promulgue lui-même. Ainsi, il semble agir et tenir ses promesses, mais dans les faits la situation se dégrade toujours pour les salariés, qui sont encore plus précarisés par une loi qui est censée les protéger : ils sont mis à la porte au bout de 5 ans, malgré leurs aptitudes reconnues !
Il est temps de ne plus faire confiance dans la bonne volonté de Mr Chatel, reconnaissons qu’il nous a bien eus !


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