Des doctorants étrangers travaillent encore au noir

Le Figaro | 20/10/08
mardi 21 octobre 2008
par antonin, Avrel
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Environ 5 000 thésards sont des étrangers sans feuille de paie. Ces étudiants bac + 8 passent leur doctorat dans des écoles prestigieuses alors même que Valérie Pécresse veut mettre un terme à ces pratiques illégales.

Le travail au noir chez les doctorants est encore pratiqué en France. Rien n’y a fait. Ni le redressement Urssaf de 500 000 euros infligé en 2006 aux écoles des mines (Albi-Carmaux, Alès, Douai, Paris, Nantes, Saint-Étienne), sous tutelle du ministère de l’Industrie. Ni la circulaire adressée par le gouvernement, il y a très exactement deux ans, aux organismes (CNRS, Inserm…), aux universités et aux grandes écoles. Cette dernière exigeait pourtant « la résorption des libé­ralités des doctorants ». Autrement dit un mode de rémunération qui ne permet pas à un jeune préparant un diplôme bac + 8 de bénéficier d’une couverture sociale ni de cotiser pour le chômage ou la retraite.

La circulaire considérait que « cette situation n’est acceptable ni sur le plan légal ni sur le plan éthique ». Elle demandait aux associations caritatives, alors très friandes de ce genre de financement, de se mettre d’accord sur une convention « afin de préciser les modalités de prise en charge des cotisations sociales ». En vain, là encore. Le ministère de la Recherche, qui exige que plus aucun doctorant en France ne soit payé par des libéralités d’ici à la fin de l’année, n’a guère été entendu lui non plus. Il y a toujours des jeunes chercheurs payés par ce système de « travail dissimulé », selon les termes officiels.

Il s’agit principalement de doctorants étrangers sélectionnés dans leur pays d’origine, au Maghreb (30 %) mais également en Afrique de l’Ouest (17 %), en Asie (16 %) ou en Europe de l’Est (12 %), via le ministère des Affaires étrangères. Ils sont rémunérés de 500 à 1 500 euros par mois (la moyenne est de 1 000 euros) par l’association Egide, qui fait le lien avec le ministère.

Ces thésards sont recrutés dans des écoles prestigieuses comme Télécom Paris (la moitié des 320 thésards) ou encore à Polytechnique.

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Travail au noir

Propriété intellectuelle ou CDI, il faut choisir !

C’est le cas de Zahir Larabi, un Algérien de 27 ans en 3e année de thèse à Télécom Paris. « On m’a dit que j’avais deux possibilités : un CDD ou une bourse via Egide. Or avec Egide, à la différence du CDD, on peut conserver la propriété intellectuelle de ses travaux. C’est pourquoi j’ai opté pour cette solution », explique-t-il au Figaro. Il signe alors pour un an renouvelable, ce qu’il fera une fois seulement avant de demander à son directeur de thèse un contrat en bonne et due forme.

Vers un véritable contrat de travail de trois ans

Le plus difficile pour lui est de ne pas avoir de feuille de paie. « Pour louer un appartement, l’agence ou le propriétaire demandent des attestations qu’Egide ne fournit évidemment pas puisque nous ne sommes pas salariés, ajoute Zahir. Du coup, c’est comme si j’étais sans ressources, et c’est mon frère qui a été garant pour ma location. » Ce doctorant algérien estime que l’argument selon lequel « comme ils sont étrangers, à quoi bon les faire cotiser pour la retraite puisque, de toute façon, ils vont retourner chez eux une fois leur thèse finie » ne tient pas la route. « D’abord, parce que beaucoup de thésards choisissent de rester en France pour faire de la recherche. Ensuite, parce que les points cumulés ici pour la retraite comptent dans mon pays », observe Zahir.

Cécile Frolet, en charge des étrangers à la Confédération des jeunes chercheurs, interroge : « Pourquoi tolère-t-on dans la recherche ce que l’on refuse dans le bâtiment ? Un étranger qui vient en France travailler sur un chantier ou un saisonnier qui vient ramasser des fruits ne peuvent pas être payés au noir. Alors au nom de quoi un jeune chercheur étranger pourrait-il l’être ? » De son côté, le directeur de Télécom Paris, Yves Poilane, explique en substance que puisque ce système de financement par des libéralités a toujours cours, « c’est qu’il est légal » et que donc il peut l’utiliser. Quant à Dominique Henault, le directeur général d’Egide, il estime que son association « est un prestataire de services qui répond aux missions qui lui sont confiées par le ministère des Affaires étrangères ». Il n’hésite pas à comparer son association à un « hôtel à qui l’on envoie 1 000 ou 100 ou 50 personnes à héberger. Dans tous les cas, il faut se débrouiller ».

Au ministère de la Recherche, on rappelle qu’il ne reste plus que quelques mois aux établissements pour régulariser la question des libéralités. « Et il n’y a pas d’exception pour les doctorants étrangers Egide. Tout le monde doit respecter le droit commun », martèle-t-on. Le CNRS a d’ailleurs cessé de prendre des doctorants Egide. La question des libéralités qui ont encore cours interpelle d’autant plus que le 7 octobre, la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, a annoncé la création d’un véritable contrat de travail de trois ans pour les thésards, qui « apportera toutes les garanties sociales ».


L’article sur le site lefigaro.fr

A cela, il faut ajouter les doctorants étrangers qui font leur doctorat en France en écrivant en continu des codes de programmation pendant trois années mais sont payés par la bourse de leur pays d’origine qui est généralement de quelques centaines d’euros seulement. Ils vivent en grande précarité puis rentrent au pays en ayant peu appris…
Le nouveaux contrat unique de doctorat ne changera rien à ce problème si le nombre de contrat n’augmente pas pour régulariser toutes les thèses au noir. Il faut tenir compte également de la masse importante de thésard qui font (50% en SHS) ou finissent leur thèse en étant au chômage.

Il faut bien considérer en lisant cet article que Pécresse a supprimé 4% des allocations de thèse (225) au seul prétexte que ces financements sont en surplus par manque de candidats !

Enfin ces docteurs corvéables à merci sont en concurrence directe avec les docteurs précaires français, une forme de délocalisation interne des intellectuels précaires étrangers.

Antonin et Avrel, membres du collectif PAPERA



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24 nouvelles universités vont passer à l’autonomie en 2011

jeudi 8 juillet

[AFP - 8 juillet 2010]

Vingt-quatre nouvelles universités vont passer à l’autonomie au 1er janvier 2011, portant la proportion d’universités devenues autonomes à 90 % en trois ans, a annoncé jeudi la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, lors d’un point presse.

(…) il y aura au total 75 universités autonomes en 2011, sur les 83 universités du pays.

(…) Les 24 nouvelles universités accédant à l’autonomie budgétaire et des ressources humaines (en particulier leur masse salariale) au 1er janvier 2011 sont celles d’Amiens, Arras, Bordeaux-3, Bordeaux-4, Caen, Chambéry, Évry, Grenoble-2, Le Havre, Le Mans, Lille-1, Nancy-2, Nîmes, Nouvelle-Calédonie, Orléans, Paris-1, Paris-3, Paris-4, Paris-9, Perpignan, Reims, La Réunion, Rouen, Toulouse-2, selon le ministère.

2,1% d’augmentation moyenne des droits d’inscription à la rentrée

mercredi 7 juillet

[Source : Observatoire Boivigny, 07/07/2010]

Le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé le montant des droits d’inscription pour la rentrée universitaire 2010-2011 :

  • Pour près de 796 000 étudiants en licence (soit 59% des étudiants), ils passeront de 171 à 174 Euros (soit + 3 euros par an ou +1.7 %).
  • Pour près de 450 000 étudiants en master (soit 33% des étudiants), ils passeront de 231 à 237 Euros (soit + 6 euros par an ou + 2.6%).
  • Pour près de 103 000 étudiants en doctorat (soit 8% des étudiants), ils passeront de 350 à 359 Euros (soit + 9 euros par an ou + 2.6%).

Les 572 000 étudiants boursiers sont exonérés du paiement des droits d’inscription.

L’augmentation moyenne pondérée des droits d’inscription est de 2.1%.

Notons que les universités peuvent désormais proposer aux étudiants un paiement fractionné (en trois versements) de ces droits d’inscription ainsi que de ceux de sécurité sociale. Depuis la rentrée 2010, il est obligatoire de proposer ce choix aux étudiants.

Sur le Web : Source

Un doctorant tunisien placé en centre de rétention en vue de son expulsion

lundi 8 mars

Un doctorant tunisien de l’université Paris 1, âgé de 37 ans, a été placé au centre de rétention administrative de Vincennes en vue de son expulsion, a-t-on appris vendredi auprès du député (apparenté PCF) de Seine-Saint-Denis, Jean-Pierre Brard.
En France depuis 2005, Anouar Shimi est en troisième année de thèse à l’institut de géographie de l’université Paris 1, spécialisé sur les enjeux liés à l’eau et au développement durable, selon M. Brard.
Il a été arrêté lundi à son domicile à Beaugency, dans le Loiret, a-t-il ajouté, dénonçant "une expulsion indigne".
M. Brard a indiqué qu’il était intervenu auprès du ministre de l’Immigration Eric Besson et que les services consulaires tunisiens allaient se pencher sur cette affaire.

Source : dépêche AFP 06/03/2010

Sur le Web : Lire la dépêche AFP

Lancement de la 6e enquête nationale sur les conditions de vie des étudiants

vendredi 5 mars

L’Observatoire national de la vie étudiante (OVE) lance sa 6e enquête sur les conditions de vie des étudiants. Ce dispositif s’inscrit dans le projet Eurostudent qui compare la situation des étudiants dans plus de 20 pays européens.

Le premier objectif de cette enquête est donc de répondre à la question « Étudiantes, Étudiants qui êtes-vous ? ». Les informations recueillies contribuent à l’élaboration d’un état des lieux permettant d’appréhender la diversité des situations concrètes des étudiants, d’identifier les difficultés matérielles ou sociales susceptibles de compromettre la poursuite des études, et de disposer d’indicateurs sur la qualité des conditions de vie des étudiants pour éventuellement suggérer les aménagements souhaitables.

Cette enquête, réalisée pour la première fois en 1994, concernait jusqu’à présent exclusivement les étudiants d’universités et les élèves de classes supérieures de lycées. En 2010, elle intègre aussi les formations suivantes :

  • Les écoles d’ingénieurs non universitaires,
  • Les écoles de commerce, gestion et vente,
  • Les Instituts de formation en soins infirmiers,
  • Les écoles sous tutelle du Ministère de la culture et de la communication.

130 000 étudiants sont invités par courrier à répondre à un questionnaire sur Internet de mars à juin 2010.

Le taux de réponse moyen, de l’ordre de 25%, a permis de collecter à chaque édition près de 25000 réponses exploitables. Avec l’élargissement de l’enquête, plus de 30 000 réponses sont attendues en 2010. L’OVE encourage les étudiants à participer en leur offrant par tirage au sort 50 chèques cadeaux d’une valeur de 300€.

Les premiers résultats de l’enquête seront diffusés début 2011.

Vacataires impayés de Lyon 3, la suite...

jeudi 4 février

Les vacataires de l’université de Lyon 3, soutenus par les professeurs agrégés, continuent à manifester leur mécontentement. Rappel des faits : (Lire la précédente brève)…

Avec l’aide du syndicat Snesup, les vacataires ont fait parvenir trois lettres au Doyen de l’université, lesquelles sont restées sans réponses. La présidence vient juste d’envoyer un mail aux principaux intéressés leur rappelant la situation et leur demandant d’être patients. Le retard touche particulièrement les vacataires de langues, que ce soit à la faculté de droit ou à l’IAE (Institut d’administration des entreprises). Pour palier les problèmes du logiciel, le Snesup les a aidés à calculer leurs heures, pour proposer une avance sur salaire. Mais la présidence a refusé. Pas facile, surtout pour ceux qui doivent toucher jusqu’à 8 000 euros d’arriérés. En désespoir de cause, certains vacataires s’abstiennent de transmettre les notes des étudiants aux secrétariats. L’un de leurs seuls moyens de pression.

Jean-Benoit Foucart

Méthode PAPERA qui fait ses preuves : occupation des bureaux de l’administration. Pacifique, très visible et souvent efficace quand c’est médiatisé ! Le Progrès semble sur le coup, foncez !