Conférence de l’EUA : l’attraction des talents au coeur des débats

EducPros | 18/4/2011 | par Matthieu Oui
jeudi 21 avril 2011
par  antonin
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Comment continuer à attirer et former les talents de demain dans un monde marqué par la globalisation ? Réunie à l’université d’Aarhus au Danemark du 13 au 15 avril à l’occasion de sa conférence annuelle, l’Association des universités européennes (EUA) a tenté de répondre à cette question hautement stratégique. Extraits des échanges.

En élisant pour la première fois une femme comme présidente, les membres de l’Association européenne des universités (en anglais EUA) ont-ils voulu envoyé un message à leurs pairs ? Réunis pour leur conférence annuelle à l’université d’Aarhus, au Danemark, du 13 au 15 avril, les participants ont débattu deux jours durant autour du thème : "Investir aujourd’hui dans le talent de demain". Une thématique qui a permis, entre autres sujets, d’aborder la question de la parité et de l’égale opportunité de carrières universitaires entre les sexes.

 Déséquilibre des postes

"Nous avons beaucoup de doctorantes et de professeurs associées dans notre université, mais les femmes sont beaucoup plus rares dans les postes à hautes responsabilités", a ainsi témoigné Babette Simon, vice-rectrice de l’université d’Oldenbourg en Allemagne. "Il suffit de regarder notre assemblée aujourd’hui pour comprendre de quoi je parle", a ironisé l’universitaire devant une assistance très majoritairement masculine. A propos de la recherche de talents, l’universitaire allemande a souligné combien son pays était confronté à une crise de recrutement, relevant le manque de jeunes dans des carrières scientifiques et la difficulté à remplacer les départs d’ingénieurs en retraite. "Sans actions concertées pour la rectifier et au regard de la globalisation croissante de l’économie, cette tendance pourrait conduire à une perte de croissance et de compétitivité." Des actions concertées qui passent par une ouverture des universités à de plus larges publics, qu’ils soient étrangers ou salariés en reconversion mais qui passe aussi par la sensibilisation des futurs étudiants dès leur scolarisation dans l’enseignement primaire.

 À l’université d’Ankara, pas de plafond de verre

"Nous n’avons pas de plafond de verre à l’université d’Ankara", s’est de son côté félicité Cemal Talug, son recteur. Et ce dernier de donner quelques statistiques quant à la place des femmes dans son établissement : elles occupent deux-tiers des postes de vice-recteurs, 46% des ceux de directeurs administratifs et 38% des postes de professeurs. "C’est le résultat d‘une politique concrète en faveur de l’émergence des femmes que nous poussons dès le début à prendre des responsabilités, par exemple en leur proposant des postes d’assistant." Le recteur a également reconnu une tradition des familles turques, surtout dans les grandes villes, à encourager les filles vers les carrières universitaires.

 Sensibiliser à la recherche dès le premier cycle

Parmi les groupes de travail de la conférence, l’un d’entre eux était consacré au thème "développer les capacités de recherche dès le premier cycle". Un sujet qui a suscité plus d’interrogations qu’il n’a apporté de réponses concrètes. Au cœur des débats : la difficulté à développer les capacités de recherche dans le contexte d’une université de masse. Et compte-tenu de la compétition internationale, du poids croissant des rankings et des politiques nationales qui s’y référent (initiatives d’excellence en Allemagne, opérations campus en France…), les fonctions d’enseignement et de recherche rentrent elles mêmes en concurrence en termes de temps, d’espace ou de ressources dégagées par les universités. Ont étaient aussi abordées la nécessité de former les enseignants-chercheurs à leur activité de pédagogue. Comme l’a fait remarquer Tamas Meszaros de l’université Corvinus de Budapest, "les nouvelles technologies utilisées aujourd’hui pour faire face à la massification des étudiants, ne pourront en aucun cas remplacer la relation entre l’étudiant et son professeur. En matière de recherche, c’est cette relation qui va permettre de se confronter à la méthodologie et surtout aux questionnements qu’implique la recherche."

 De la difficulté à faire émerger des leaders

Un autre groupe de travail portait sur le thème : "Comment identifier et former les futurs leaders ?". Si la première question a été un peu éludée, la formation semble encore une zone à défricher pour les universités. Des formations au leadership ont bien été présentées, notamment un exemple suédois, mais leurs retombées sont difficiles à mesurer, le leadership s’évaluant sur le moyen ou long terme d’une carrière. Paule Biaudet, de l’institut de formation doctorale de l’UPMC, a souligné la difficulté à éloigner les doctorants de leur labo pour des sessions de formation non directement en lien avec leurs travaux. "Il n’est pas évident de convaincre les superviseurs de thèse que s’investir dans d’autres activités n’est pas une perte de temps mais un investissement pour développer d’autres compétences et notamment des capacités de leader." Et Paule Biaudet de souligner l’avance des universités britanniques en la matière, à travers les programmes d’accompagnement des chercheurs de l’organisme Vitae.

 Post-doc : le maillon faible

Sur cette question de l’accompagnement des carrières des jeunes chercheurs, la période post-doctorale apparaît clairement comme le "maillon faible" de ces parcours universitaires. "Nous devons améliorer le suivi des jeunes docteurs et les accompagner après l’obtention de leur thèse", a déclaré Babette Simon. La vice-rectrice de l’université d’Oldenbourg a relevé la difficulté de trouver des stages et la nécessité d’envisager des programmes de financement spécifiques. Cette attention au post-doctorat est d’autant plus nécessaire que 50% des détenteurs d’une thèse ne poursuivent pas une carrière académique. Là encore et au plan européen, il n’est pas certain que la préparation vers l’insertion en entreprise soit également bien assurée sur l’ensemble du continent.

Mathieu Oui, envoyé spécial à Aarhus (Danemark)


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Geneviève Fioraso lance à Grenoble ses premières initiatives

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C’est aux terres grenobloises que Geneviève Fioraso, nouvelle ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a réservé hier [22 mai 2012] sa première sortie officielle en région. Là même où elle a tissé, durant des années, les mailles de l’écosystème innovant grenoblois. (...)

[Extrait] Résoudre la précarité des techniciens de laboratoire

« Malgré le contexte budgétaire difficile, il faut trouver une solution à la situation précaire de certains personnels de techniciens dont l’expertise est indispensable à leur laboratoire. »

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EU: Presidency seeks to expand Erasmus

Tuesday 6 September 2011

UWN | 04 September 2011 | Issue: 187 | Brendan O’Malley

The Polish presidency of the European Union is planning to expand the Erasmus student and staff exchange programme to non-EU countries on its eastern and southern borders.

Barbara Kudrycka, the Polish Minister for Higher Education, said on Tuesday: "We would very much like to see a widening of the Erasmus-scheme to non-EU countries, not only our Eastern neighbors but also for example the ones in the southern neighbourhood. In my view, the best diplomats for countries are students and scientists."

She was speaking at the 22nd European Students’ Convention in the Polish city of Lazy on Tuesday, a four-day event organised by the European Students Union, the umbrella organisation of 45 national unions of students from 38 European countries.

Kudrycka has previously called for all students from Eastern Partnership countries - Armenia, Azerbaijan, Belarus, Georgia, Moldova and Ukraine - to be given the opportunity of studying in EU countries. (...)

La belle perle de Wauquiez

lundi 4 juillet 2011

Wauquiez démarre fort au MESR : la hausse du ticket du CROUS (écrasant le vote du CNESER) et seuls 3 lauréats aux IdEX. Une belle perle au passage lors d’une interview par Philippe Jacquet du Monde :

"Les investissements d’avenir doivent permettre d’aider QUELQUES-UN de nos pôles universitaires à affronter le XXIe siècle et les grandes universités mondiales"

Les autres se débrouilleront seuls ! Plusieurs universités sont déjà dans le rouge malgré la pluie de milliards !

Sur le Web : Lire sur Le Monde

Baroin rabote les opérateurs publics

lundi 13 décembre 2010

Interview de François Baroin, ministre du Budget, par le JDD, 12 décembre 2010

JDD : Le Parlement adoptera cette semaine le budget de l’État pour 2011. Vous devez maintenant mettre en œuvre la rigueur. Quelles seront vos premières décisions ?
Baroin : « Il est très important que l’État commence par montrer l’exemple lui-même. Nous avons engagé la réduction de son train de vie. Je réunis demain les directeurs des 497 opérateurs publics [Pôle emploi, Office national des forêts, Commissariat à l’énergie atomique, musée du Louvre, Météo France…] hors universités, qui doivent pour la première fois en 2011 appliquer les mêmes règles de gestion que l’État. Dès l’an prochain, un départ à la retraite sur deux ne sera pas remplacé. Je propose que leur parc de 17.000 automobiles soit réduit de près de 3.000 véhicules, que leurs achats de fournitures soient progressivement diminués de 10% et que leurs superficies immobilières soient ramenées à 12 m² par agent. Nous leur interdirons par ailleurs de recourir à tout endettement. La rémunération au mérite de leurs dirigeants devra aussi être étendue à toute l’équipe de direction. »

Les laboratoires de recherche "hors universités" devront donc être touchés par la rigueur (CNRS, INSERM, CEA, ...). Ce n’est plus toute l’ESR qui est épargnée par les baisse de budgets mais seulement l’Université.

L’Élysée veut "réduire" les organismes de recherche

jeudi 9 décembre 2010

[Science² |09/12/2010]

Arnold Munnich, le conseiller en sciences de la santé de Nicolas Sarkozy relance l’offensive de l’Élysée contre la recherche publique. Il vient de déclarer,que les organismes de recherche allaient subir « une réduction de leur voilure » et laisser la place aux universités pour conduire la recherche.

Pour ce qui est de réduire la voilure, on sait déjà qu’en 2011 le CNRS va diminuer les dotations aux laboratoires de 11% et sabrer 25 millions d’euros dans les budgets des gros équipements.

(...)

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